Navigation :: Chimea
FAQ :: Rechercher :: Liste des Membres :: Groupes d'utilisateurs :: S'enregistrer :: Profil :: Se connecter pour vérifier ses messages privés :: Connexion

[CJ]Après la pluie, le beau temps ?

 
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    Chimea Index du Forum -> Rp: Enezis -> Centre culturel
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Ira
Ex-ômologue


Inscrit le: 01 Fév 2007
Messages: 272

Phénotype: Dyin
Points: 65

MessagePosté le: Dim Mai 20, 2007 9:21 pm 
Sujet du message: Après la pluie, le beau temps ?
Répondre en citant

[Je n’ai pas de préférence pour la date, mettez la où ça vous arrange]


Les orages étaient assez rares durant cette période. Et pourtant, il avait plu des hallebardes pendant des heures et des heures. On aurait cru que le centre culturel allait être inondé par la pluie. Alors évidemment, pendant tout ce temps-là, il n’y avait pas eu un chat assez courageux pour mettre le nez dehors. Tous étaient restés à l’abri ou chez eux, bien au chaud. Mais à ce moment-là, il avait fini de pleuvoir depuis une vingtaine de minutes. Il faisait toujours aussi frais, les rues étaient humides, et le ciel était encore couvert de nuages sombres, alors que l’on n’était en plein milieu de l’après-midi. Mais cela suffisait aux gens. Alors ils sont sortis pour faire leurs courses, rendre visite à leurs amis, ou je-ne-sais quelle autre occupation.

Parmi les gens qui se promenaient dans les rues du centre culturel, on pouvait remarquer Ira. Elle passait plutôt inaperçue, portant comme à son habitude son sombre manteau, la capuche rabattue. La dame était restée sous un abri, appuyée contre le mur, son sac posé juste à côté d’elle. Contrairement aux autres, elle n’avait pas repris sa route. Elle était restée là, tenant un petit carnet de la main gauche, un crayon de la droite. Pas la moindre attention n’était portée sur les passants autour d’elle, et le fait que la pluie avait cessé ne lui faisait pas plus chaud que froid. Elle se contentait de griffonner sur son carnet, perdue dans ses pensées.

"Hum..."

Un marmonnement. Signe qu’elle était réellement en train de réfléchir. A la voir ainsi, on pourrait croire que rien ne pouvait la déconcentrer, pas même une météorite s’écrasant à vingt mètres d’elle. Complètement coupée du monde, la tête penchée sur sa feuille, elle faisait divers schémas et prenait diverses notes. La quantité de choses qu’elle écrivait ou dessinait était proportionnel à la masse d’idées dont son esprit fourmillait.

*Le plus important est de savoir doser la charge d’ôme...*

A ces pensées, la jeune femme commença une série de quelques calculs. Elle essayait de se rappeler des diverses formules physiques au sujet de l’ôme, les notant au fur et à mesure. Si le commun des mortels n’aurait strictement rien compris à tout ce qu’elle pouvait écrire, pour Ira, c’était d’une simplicité infantile. Elle avait gardé de nombreux souvenirs de ses études, et elle ne se gênait pas pour s’en servir.

*Et puis... il y a la propulsion.*

A cet instant, elle dessina un huit sur le côté, comme le symbole infini. En réalité, il s’agissait grossièrement d’une hélice à deux pales. Elle compléta d’ailleurs ce schéma à l’aide d’une sorte de perche, traversant le centre de l’hélice. Quelques petites retouches pour l’inclinaison opposée des deux pales de l’hélice, quelques flèches représentant le mouvement rotatif du dispositif, et le tour était joué. Ira observa attentivement cette grossière schématisation, alors que ses pensées se développaient davantage.

*Voilà. Il faudrait utiliser une charge de l’ôme pour faire tourner l’hélice. Un sorte de réacteur, en quelques sortes...*

Ira illustra l’idée en rajoutant, au niveau de l’axe de l’hélice, une sorte de générateur représenté par un simple carré. Elle rajouta une petite légende pour indiquer que ça générait la charge d’ôme nécessaire pour faire tourner l’hélice. Sur chacun des deux côtés du schéma, elle rajouta une flèche partant vers le haut, inscrivant un "propulsion aérienne" à côté.

*La propulsion aérienne... c’est ce qui devrait permettre à l’engin de s’élever. Les hélices tournent, accélérant une forte quantité d’air, créant alors une poussée verticale de bas en haut.*

Elle inscrivit ce récapitulatif en bas du schéma avant de le relire quelques fois. Elle compléta ensuite ce même schéma en rajoutant une sorte de nacelle en bas de la perche. Quelques courts instants de réflexion. Puis, elle tourna la page de son carnet, recommençant alors à écrire quelques calculs.

*La poussée qui serait exercée sur tout ce mécanisme, c’est une force. Une force qui dépend principalement de deux éléments : la masse, et la vitesse.*

Une nouvelle formule. De nouvelles notes. Une nouvelle série de calculs pour déterminer l’intensité de cette force en fonction de la vitesse de rotation des hélices ainsi que de la masse du dit mécanisme. Elle dessina un tableau pour répertorier tous les résultats obtenus, avant de tourner la page, et de continuer.

*Par contre, si cet engin doit s’élever dans les airs, il reste encore deux problèmes à traiter. C’est vrai, il faut que l’engin puisse se déplacer, mais aussi qu’il puisse se poser en douceur. D’où l’intérêt du dosage de la charge de l’ôme !*

Elle écrivit à nouveau une formule. Elle rajouta "constant" à côté de la masse, et "variable" à côté de la vitesse. La masse et la vitesse étant les deux éléments dont elle avait fait référence précédemment. De nouvelles notes pour préciser que la vitesse dépend principalement de la charge de l’ôme. Elle posa ensuite son crayon sur ses lèvres, marmonnant une nouvelle fois.

*Par contre, je me demande s’il ne faudrait pas aussi envisager le fait que l’hélice tourne dans les deux sens... ou même, rajouter une seconde hélice qui tournerait dans le sens opposée à la première. On pourrait aussi jouer sur la charge de l’ôme, afin de permettre à l’hélice de tourner à une vitesse modérée, ou non.*

Ira se détacha enfin du mur, attrapant machinalement le sac qui n’avait pas quitté sa place. S’éloignant de la place qu’elle s’était réservée, elle commença à faire quelques pas devant elle. Elle se dirigea ensuite vers la rue à sa droite, avançant toujours devant elle, insouciante. Le problème, c’est qu’elle avait toujours le nez dans ses notes, continuant de noter toutes les idées qui pouvaient lui venir à l’esprit. Elle semblait hypnotisée, changeant de pages toutes les deux minutes, ne faisant pas attention à son environnement.

*Si une nacelle peut vraiment être élevée et dirigée dans les airs à l’aide de l’ôme et d’hélices, avec une ou deux personnes dedans, cela pourrait nous donner un aérostat bien pratique. Pas besoin de grande piste pour se poser, il suffit juste d’avoir un emplacement suffisamment grand pour la nacelle. De plus, on peut tout aussi bien équiper le bas de quelques bouées pour pouvoir se poser sur l’eau, et cela n’empêchera pas l’appareil de repartir ! Si seulement j’avais le matériel nécessaire pour ça, je pourrais...*

Et paf ! La dame sortit brusquement de ses pensées, tandis qu’elle venait de rentrer dans un individu de plein fouet. Et comme elle n’était vraiment pas très grande, ce qui devait arriver arriva : elle perdit son équilibre, et prenant conscience trop tardivement de la situation, se retrouva accroupie par terre. Heureusement, sa capuche était toujours rabattue sur sa tête, lui évitant ainsi une transformation fâcheuse. Mais dans sa chute, elle avait lâché son crayon et son carnet de notes qui tombèrent, comme de par hasard, dans une épaisse flaque d’eau. Il fallut quelques instants pour qu’Ira prenne conscience de ce qu’il venait de se passer, telle la Belle au bois dormant sortant d’un rêve de cent ans. A la différence près que le baiser avait été un peu trop douloureux pour elle.

Elle tourna la tête pour s’apercevoir que le papier n’avait pas attendu longtemps pour absorber l’eau. Le carnet était complètement trempé, et la mine du crayon s’était effacée avec l’humidité. C’était bien simple : les notes étaient tout bêtement devenues illisibles ! Les formules, les calculs, les schémas, les indications, tout était perdu. Ira avait envie d’hurler de toutes ses forces. Mais elle ne le fit pas. Elle poussa simplement un bruyant soupir, ne cherchant même pas à se lever, ne faisant même pas attention à la personne qu’elle avait heurtée.

*Je déteste Enezis...*

Et tandis que ces courtes pensées trottaient dans sa tête, Ira regarda simplement ses notes s’envoler par un coup de vent. L’idée d’essayer de les rattraper de lui traversa pas l’esprit le moins du monde. Tous les termes grossiers de son vocabulaire se bousculaient, mais elle fit tout de même l’effort de n’en prononcer aucun. Elle se contenta de maudire, une fois encore, son éternelle malchance.
_________________



"La colère donne de l'esprit aux hommes ternes, mais les laisse à leur pauvreté."

Elisabeth Ière
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Aleksiz
Ex-chef de gang / MJ


Inscrit le: 27 Sep 2006
Messages: 870

Phénotype: Irazyn
Points: 1915

MessagePosté le: Jeu Juin 14, 2007 10:49 pm 
Sujet du message:
Répondre en citant

[j'espère que c'est pas trop confus XD mais j'étais HS en écrivant]

Bien... C'était là une journée plutôt monotone, pour les libhe sûls, du moins du côté d'Eden et du conséquent groupe qu'il trainait avec lui... Il fallait dire que généralement, ils étaient plus actifs la nuit, mais malgré cela... C'était à croire que les mauvais coups les fuyaient, car jusqu'à présent, ils n'avaient eu aucune bonne opportunité. Raison pour laquelle ils en avaient fini par traîner dans le coin, dans l'idée d'aller dévaliser une ou deux galeries... Les oeuvres d'art se revendaient à bon prix, et au moins, elles ne faisaient jamais défaut, même si elles étaient bien protegées. Eden avait les moyens d'annihiler cette sécurité, alors hein, il n'allait pas se gêner. Seconde chose qui l'avait poussé à venir dans le coin, et pas ailleurs, comme en Emin'ra pour vider ses poches de tout l'argent sale qui y trainait, une info qui lui était parvenue, au sujet d'un artiste d'Aryaz particulièrement connu, et qui venait de s'installer dans le coin... Fallait bien le mettre dans l'ambiance d'Enezis, hein? Puis bon. Ca agiterait un peu la presse, les médias, la populace... et les libhe sûls n'avaient jamais été contre un peu de bonne publicité. Il ne fallait tout de même pas laisser l'occasion aux autres gangs, et aux habitants de l'île, d'oublier qui ici gouvernait les rues, malgré ces pourritures de commerciaux qui résidaient toujours au dessus.

Bref c'était bien beau, et le groupe continuait de marcher, sans vraiment prendre garde aux quelques rares passants qu'ils croisaient... rapidement, vu que la - raisonnable - plupart les fuyait. Mains dans les poches, patibulaire à souhait, il n'en était pas moins qu'Eden était d'humeur maussade: il n'avait pas assez dormi. La nuit avait été longue, pour cause de mauvais coup de la part d'un gang allié qui les avaient trahis, et envoyés droit dans un piège duquel ils avaient mis la nuit et une bonne partie de la matinée pour sortir victorieux... Peut-être est-ce la fatigue qui fit qu'il ne vit pas ce qui arriva, tandis qu'un croisement approchait... Soucieux de vérifier la véracité d'une de ses infos, soudain, il tourna une tête peu grâcieuse en direction de Deir, qui le suivait de près, avant de l'interroger:

"Hey dis voir... Ce mec, on a bien dit que..."

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase... Déjà, son souffle était coupé, pour la très bonne raison qu'il venait de rentrer dans quelque chose, ou quelqu'un violemment. Il entendit le quelque chose tomber, mais là n'était pas la question... Déjà dans de mauvaises dispositions, ce foutu choc, cet ABRUTI de putain d'imprévu de choc avait fini de le foutre en rogne, et déjà, il se sentait s'énerver contre le truc qu'il avait heurté, quoi que cela puisse être, du sac à patates de base au canon sorti tout droit d'un fantasme quatre étoiles, en passant par le tigre du Bengale. Il ne l'avait pas vu arriver... et dégaina de suite, par réflexe, avant de pointer le canon de son arme sur le truc... On était jamais trop prudent, et même si c'était pas trop le coin pour ça, un membre d'un gang ennemi était très vite rencontré. Il se rendit cependant très vite compte que le "truc" en question... n'était autre qu'une silhouette emcapuchonnée. Bon. Dans ce cas ça allait... Moue de mécontentement bien ancrée sur ses traits, il commença dès lors à se récrier, tandis que ses hommes s'avançaient menaçants, histoire d'entourer ce qui pourrait potentiellement devenir une future victime:

"On t'as jamais appris à regarder où tu mettais les pieds pendant que tu marchais??"

Et finalement, les sûls n'avaient pas eu tort de prendre position... Ils avaient autre chose à faire certes, mais là Eden commençait fort à avoir envie de se défouler un tantinet, avant de se mettre au boulot... A force d'accumuler, il finissait par craquer. Donc cette silhouette emcapuchonnée... . Silhouette empcapuchonnée?? Encore une fois la fatigue devait jouer, car ce n'était que maintenant qu'ils se rendait compte du côté insolite de la situation... Il était tombé sur un illuminé ou quoi? Enfin... Une illuminée a priori, plutôt. Il leva un sourcil, et passa du mécontentement et de la mauvaise humeur pure et simple à quelque chose de plus mitigé, prenant des allures circonspectes. Bon. On allait pas jouer à cache cache bien longtemps, hein... Il se baissa, jusqu'à s'accroupir au niveau de la jeune femme, puis pointa le canon de son arme sous son menton pour le lui relever, et tenter de voir à quoi pouvait bien ressembler son joli petit minois. Sourire moqueur, sardonique, puis sur un ton tout aussi caustique que son expression, il acheva:

"Quoi qu'avec ce machin sur ta tête ça n'a rien d'étonnant... Je savais pas qu'il y avait des sectes dans le coin, m'enfin si ton grand gourou a besoin de poudre pour mieux vous tenir en laisse, y a qu'à demander..."

Quelques ricanement rapides, et plutôt idiots selon lui... Il ne savait pas vraiment encore jusqu'où il s'amuserait à aller, mais il voyait en tout cas mal son vis-à-vis actuel en tant que potentiel client... Potentiel souffre-douleur, ça c'était plus plausible, quoi que la violence et la cruauté gratuite ne l'amusèrent que modérément, au fond.
_________________


Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail
Ira
Ex-ômologue


Inscrit le: 01 Fév 2007
Messages: 272

Phénotype: Dyin
Points: 65

MessagePosté le: Dim Juin 17, 2007 8:54 pm 
Sujet du message:
Répondre en citant

[ce n'est pas du tout confus, loin de là ^^ je comprends très bien]


La malchance était décidément un phénomène récursif. Quand un malheur frappe à votre porte, si vous n'avez pas fermé à clé, vous serez très vite envahi. Et ici, notre Ira venait de faire un ricochet. Récapitulons : elle marchait tranquillement quand quelqu'un lui est rentré dedans. Habituellement, il suffit juste d'un "Pardon, excusez-moi !" et on continue sa route comme si rien n'était arrivé. Seulement voilà, elle était tombée sur les fesses à la suite de ce choc. Elle en a perdu un travail de plusieurs heures, qui a eu l'idée sangrenue de se jeter à l'eau, littéralement. Et n'étant pas en grand forme en temps normal, ça n'allait pas lui arranger les choses. Mais ce n'était pas ça le pire.

Bien sûr, Ira était préoccupée par ses soucis de plus en plus nombreux à chaque instant. Mais, heurtez quelqu'un plus grand que vous de quelques dizaines de centimètres, et retrouvez-vous par terre l'instant d'après. Si cette personne est aimable, elle s'excusera et vous aidera même à vous relever. Mais à Enezis, personne n'est aimable. Et sûrement pas un truand provenant d'un gang des bas quartiers, accompagné de ses pairs, armé ET de mauvaise humeur. Là c'était le bouquet. C'était justement ce genre d'individu qui lui était rentré dedans.

Non, franchement, tout le monde ne se promène pas avec une arme pour la plaquer sous le menton de la première personne qui l'aurait bousculé. Ce n'était même pas délibéré de la part de notre dame. Elle marchait tranquillement quand ce rustre l'a percuté. Et vu les pertes qu'elle a pu avoir, ce serait plutôt à Ira de s'énerver que cet individu. Mais elle savait pertinemment que l'insulter de tous les noms ne lui permettrait pas de revenir en arrière et d'éviter ce qu'il venait de se passer. De toutes évidences, elle n'était pas en situation de faire quoi que ce soit. Elle avait déjà une cicatrice sur la joue, elle ne tenait pas à en avoir une autre au niveau du cou. Elle ne bougea pas. Elle ne prononça pas un mot.

"..."

Elle avait peur, oui. Elle n'était pas plus forte ni plus courageuse qu'une autre. Mais elle ne trembla pas. Elle n'avait pas l'esprit à prier ou à le supplier de ne pas lui faire de mal. De toutes évidences, c'était sûrement ça qu'il attendait, qu'elle se jette à ses pieds. Mais elle ne le fit pas. Elle fixa simplement le bas de son visage, son regard se fixant sur son sourire bête et méchant. Elle l'écoutait l'insulter gratuitement, sans qu'elle ne puisse y comprendre grand chose. Ce... machin ? Quel machin ? Est-ce un crime de porter une capuche ? Ira n'y voyait rien de choquant. D'autant plus qu'il avait plu il n'y a quelques heures de cela. Ira pensait bien qu’il n’était pas nécessaire d’appartenir à une secte pour avoir un accoutrement décalé. Et encore. De toutes manières, elle était bien la dernière personne à rejoindre une secte. Elle avait un esprit purement scientifique. Et en dehors du plan financier, elle était indépendante, elle.

Aussi, elle trouva plutôt ironique de la part de cet individu les expressions de "laisse" ou de "grand gourou". Elle se retint bien de lui rappeler que les seules "sectes" du coin étaient les gangs de doux imbéciles qui se multipliaient chaque jour plus rapidement que des lapins au printemps. Elle n'était pas sûr qu'il en fasse vraiment parti d'un, mais c'est ce qu'on pouvait facilement supposer en le voyant accompagné d'individus de son espèce. Elle aurait bien voulu lui réciter ses quatre vérités, mais ça n'allait pas l'empêcher de dormir pour autant. Elle le savait très bien. Pourtant, sans le connaître, elle le détestait déjà.

"..."

Elle demeura silencieuse face à ses menaces. Son corps était paralysé, son souffle coupé, mais elle ne tremblait toujours pas. Elle pensait très bien que la solution la plus raisonnable serait de lui demander pardon pour avoir interrompu sa marche seigneuriale. Mais ses fines lèvres n'avaient pas plus envie de remuer que le reste de son corps. Elle n'eut pas le moindre réflexe. Toutefois, elle pensait très bien qu'elle risquait un mauvais coup de la part de son éventuel agresseur, qui aurait vu une certaine forme de provocation dans son silence. Bien pire qu'une simple claque. Mais elle s'en moquait, son esprit était déjà déconnecté.

Elle s'imaginait bien la prochaine scène. Battue à mort en public ? Violée moralement et physiquement peut-être . Ou alors, l'heureux imbécile la décoifferait, et ça tournerait au carnage jusqu'à ce qu'on lui plombe le crâne. Ou on l'enlevait pour en faire un jouet, un membre du gang, jusqu'à ce qu'on la jette à la mer, pieds et poings attachés. De différents épilogues, tout aussi modestes les uns que les autres. Mais comment ne pas être modeste quand on vit dans de telles conditions ? Elle pensait très bien qu'elle n'allait pas tenir jusqu'à quatre-vingt ans à vivre dans la rue, jour après jour. De toutes évidences, même si le grand dadet la laissait en vie, ce ne serait sûrement pas sans dommages. La violence gratuite et irréfléchie faisant parti des us et coutumes d'Enezis. Même un acte aussi bénin qu’une simple bousculade pouvait facilement tourner au bain de sang, si aucun des deux partis n’était raisonnable.

Mais elle n'y songea guère énormément. Elle pensait encore à la perte de ses dessins, de ses modèles et de ses autres notes. C'était peut-être une chose superficielle et sans valeur pour beaucoup, mais pour Ira, c'était quand même beaucoup de choses. Ce n'était pas sa seule idée. Ce n'était pas son seul projet. Mais si elle avait pu en avoir un, au moins un seul de réalisé, cela lui aurait peut-être permis d'avoir un peu d'argent. Ou du moins, de quoi la sortir de cette misérable vie. Oui, car Ira était toujours aussi misérable. Et elle l’était encore plus, dans une pareille posture, assise par terre, en pleine rue, le canon d’une arme sous le menton, un truand face à elle. Elle ne pouvait pas le payer, même si elle le voulait. Elle n’avait pas d’argent pour elle. Ou du moins, tout juste de quoi s’acheter un croûton. Peut-être qu’ils attendaient un dédommagement ? C’était tout à fait possible. Ira réussit enfin à séparer les lèvres, et quelques mots sortirent finalement de sa bouche.

"Si... si c’est de l’argent que vous voulez... vous vous adressez à la mauvaise personne."

Aucun bégaiement, ni bafouillage. Elle s’exprima calmement. Un peu de la même manière qu’une caissière qui n’a pas déjeuné vous dirait "Qu’est-ce que ce sera ?". Elle ne voulait pas les provoquer, et encore moins les intimider. Elle voulait simplement accélérer le processus. Parce qu’elle pensait très bien qu’elle ne s’en tirerait pas aussi facilement : si elle ne pouvait pas payer en espèces, elle devrait payer en nature. Et ce ne serait sûrement pas pour déplaire au grand dadet et à sa brochette de doux ahuris. Pour Ira, c’était une autre histoire. Mais que pouvait-elle bien faire, sinon attendre ?
_________________



"La colère donne de l'esprit aux hommes ternes, mais les laisse à leur pauvreté."

Elisabeth Ière
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Aleksiz
Ex-chef de gang / MJ


Inscrit le: 27 Sep 2006
Messages: 870

Phénotype: Irazyn
Points: 1915

MessagePosté le: Lun Juin 18, 2007 8:33 am 
Sujet du message:
Répondre en citant

Bon... c'était pas très drôle là. La jeune femme qui l'avait bousculé semblait ne pas être très loquace, ni très réactive, même avec un flingue pointé sous le menton, et une bande de sympathiques gangsters l'entourant, histoire de lui tenir compagnie... Elle restait silencieuse, ne répondait rien, restait immobile sans même le regarder en face... quoiqu'encore, qu'elle ne le regarde pas en face, ça se comprenait, ça... mais bon. Le silence s'étendait, s'étiolait et... bah il avait d'autres choses à règler quoi. Si cette imbécile s'évertuait à se foutre de sa gueule en restant muette, comme elle le faisait actuellement... cinglée ou juste suicidaire, se serait vite vu. Il se prit cependant à progressivement perdre son sourire, pour en revenir à nouveau à une moue signifiant sa perplexité. Attaquer joyeusement quelqu'un qui ne lui avait rien demandé au cours d'une de ses nombreuses balades dans les rues d'Enezis, ça, il avait l'habitude... Ce dont il avait nettement moins l'habitude, c'était d'obtenir un zéro réaction tel que ce dernier... Bref. Au moment où il allait lever sa main pour l'agiter devant la capuche de la jeune femme, tout en arborant une expression semi-étonnée semi-blasée, elle répondit enfin. Ah! C'était pas trop tôt!

Et du même coup son sourire revint à l'attaque, renforcé... De l'argent hein? Elle croyait qu'ils voulaient son argent? Bah... Ca aurait pu être possible, c'était vrai. Mais là non. Ils avaient déjà un coup - et un nettement plus gros coup - sur le feu, puis Eden n'était pas disposé à vider les poches des passants ce jour, même si ça avait toujours aidé à préserver la sale réputation qu'ils avaient réussi à se faire du temps de Leios... puis du sien. Même si il était nettement moins impitoyable que Leios... ce qu'on allait éviter de rappeller, hein. Hem. A quoi pensait-il donc. Il avait une jolie fleur à capuche à terroriser, là... Elle lui était rentrée dedans, il s'intéressait donc à elle, c'était la moindre des choses, n'est-ce pas? En tous les cas, il devait bien admettre qu'elle n'était pas sans avoir de sang froid... Qu'importait. C'était plus sympa comme ça, finalement. Les machins tremblotants, couinant pour leur vie, ça allait deux minutes, mais au bout d'un moment ça lassait. Il raffermit la prise sur son arme, et l'appuya plus fermement contre la gorge de la demoiselle, la forçant de ce fait à relever la tête, un peu plus. Il se baissa lui-même un tantinet, dans l'espoir de trouver ses yeux, malgré cette embarrassante capuche qui les masquait. C'est presque un peu moqueur qu'il reprit donc:

"J'ai pas besoin de ton fric, princesse, faire les poches du premier venu ça passe le temps mais c'est pas très lucratif..."

Et ce faisant, il s'approchait dangereusement d'elle, il fallait bien avouer. Avait-il véritablement envie de lui voler un baiser? Juste pour rire peut-être... Enfin, on verrait très vite. Tout dépendrait de sa réaction. En tous les cas, il ne devrait pas la faire suer trop longtemps. Sa rencontre avec elle avait été un imprévu total, et même si il aimait bien harceler les gens à l'occasion, là c'était pas dans ses plans. Ceux avec qui ça tournait mal dans ce genre de cas, c'était les abrutis qui avaient la mauvaise idée de le provoquer. Elle semblait, pour l'instant, ne pas en faire partie.
_________________


Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail
Ira
Ex-ômologue


Inscrit le: 01 Fév 2007
Messages: 272

Phénotype: Dyin
Points: 65

MessagePosté le: Mar Juin 19, 2007 10:29 am 
Sujet du message:
Répondre en citant

Pas très lucratif, hein ? On aurait pu s'y attendre. C'est bien connu, les manteaux noirs ne sont pas plein aux as, sinon ils resteraient chez eux plutôt que d'errer bêtement dans les rues. Mais ça aurait quand même été sadique de laisser son prochain sans argent, jusqu'à ce qu'il meure de faim, de soif ou de froid, plutôt que de l'abattre sur place comme un chien enragé. Quoique pour Ira, cela n'aurait pas changer grand chose. Quoiqu'il en soit, elle avait désormais la certitude qu'ils n'avaient pas l'intention de gaver davantage leur porte-monnaie. Alors pourquoi ne pas la laisser s'enfuir ?

Pour se divertir, évidemment. C'est comme dans un bon vieux western spaghetti : dès qu'un civil a le malheur de croiser un outlaw, ce dernier ne manque pas de le faire danser avec sa paire de colts, histoire de se distraire un peu. Enezis devait aussi avoir ce genre de coutumes. Mais notre dame savait bien que ce truand pensait à autre chose que de la faire sautiller sur place. Sinon, il aurait plaqué son arme ailleurs que sous son menton. Et il semblait s'y tenir, puisqu'il l'appuya davantage, jusqu'à lui faire relever davantage la tête. Ira serrait des dents. Elle s'efforçait de ne pas le montrer, mais cela devenait de plus en plus douloureux pour elle. Si elle avait été plus fragile, elle en aurait sûrement pleuré.

Elle ne comprenait pas où cet homme voulait en venir. Sans doute agissait-il ainsi uniquement par fierté. Les gangs semblent adorer quand les gens les craignent au point de ruiner leurs sous-vêtements. La jeune femme s'efforça tout de même de garder son sang froid. Mais le truand ne tarda pas à se baisser davantage pour s'approcher de plus en plus d'elle. Une goutte de sueur s'écoulait timidement le long de sa tempe. En temps normal, elle aurait brusquement reculé pour le fuir. Mais dans cette situation, elle n'en avait pas la possibilité, malheureusement. Elle l'observait du coin de l'oeil, n'osant pas le regarder en face. Qu'allait-il faire ? Que comptait-il faire ? Ira voulait vraiment cerner la personnalité de cet individu. Etait-ce un curieux ? Un plaisantin ? Un pervers ? Ou pire, les trois à la fois ? Dans tous les cas, ce n'était pas pour plaire à la jeune fille. Pas du tout.

Elle voulait attraper sa capuche et la rabattre davantage sur sa tête, de telle sorte à ce que l'individu n'eut pas le privilège de voir son visage découvert. Hélas, aucune de ses deux mains n'eut l'audace de remuer le petit doigt. Toutes deux étaient encore plaquées au sol, n'osant même pas trembler. Elle s'efforçait tout de même à ne pas croiser son regard. Mais elle savait pertinemment que si elle ne réagissait pas, la rencontre de leurs yeux serait inévitable. Et là, ce serait vraiment la panique. Ira craquerait à coup sûr. Mais comment pouvait-elle bien réagir ? Elle n'allait quand même pas se défendre physiquement ! C'était tout juste si elle pouvait encore cligner de l'oeil. Ni ses bras ni ses jambes n'avaient la force de remuer. Et même si elle pouvait encore bouger, elle pourrait très bien le regretter. L'arme du truand était toujours plaqué sous son menton. Pourtant, Ira voulait éviter tout contact avec cet homme. Il fallait détourner son attention. Ou, pour commencer, prolonger le dialogue, en espérant que ça l'occuperait.

"Et de quoi... avez-vous besoin ?"

Elle lui répondit difficilement. Il faut dire que le canon sous son menton et la peur qui avait envahi son corps ne l'ont pas beaucoup aidée à s'exprimer sans problème. De plus, on pouvait difficilement prévoir la réaction du truand face à cette réplique. La question pouvait paraître curieuse, surtout en vue de la position de la dame. Le truand pouvait s'imaginer qu'elle s'intéressait à son "métier" ou, au contraire, insinuer qu'il lui manquait quelque chose d'important. Ce qui risquerait de l'énerver fortement, dans ce dernier cas. Pourtant, elle s'était efforcé de garder un ton calme. Elle se retenait de le provoquer, même si l'envie ne lui manquait pas. Ira souhaitait surtout gagner du temps, mais elle ne savait pas quoi dire d'autre. Si ce n'est un "Derrière vous, un singe à trois têtes !" qui n'aurait sûrement pas arrangé la situation. Il lui fallait trouver une solution, et vite. Même si cet individu n'avait pas l'intention de trop lui faire de mal, elle ne voulait pas prendre de risques.
_________________



"La colère donne de l'esprit aux hommes ternes, mais les laisse à leur pauvreté."

Elisabeth Ière
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Aleksiz
Ex-chef de gang / MJ


Inscrit le: 27 Sep 2006
Messages: 870

Phénotype: Irazyn
Points: 1915

MessagePosté le: Mar Juin 19, 2007 5:42 pm 
Sujet du message:
Répondre en citant

Bien. Le moins que l'on puisse dire, c'était que sa victime ne bougeait pas... pas d'un poil même, sans doute terrorisée par l'arme pointée sous sa gorge, et par ce qui pourrait se passer si la situation dérapait... Et elle avait bien raison de s'inquièter, car après tout, on ne savait jamais, hm? Enfin... Vu comme c'était parti, cela n'irait plus bien loin. Eden allait se contenter de lui faire peur un bon petit coup, puis il s'en irait et la laisserait tranquille, pour en revenir à ses moutons. Donc voyons ce qu'elle lui répondait maintenant... Ah. De quoi avait-il besoin, c'était bien ça? Un ricanement léger lui échappa, cette simple question l'amusant pas mal, en fin de compte. Ne s'en doutait-elle pas? Ou plutôt, en arrivait-elle à être si démunie que déjà elle ne trouvait plus rien d'autre à dire que ça? Parfait... Au moins, elle n'était pas folle au point d'envenimer la situation par quelque parole irrévérencieuse, ça lui éviterait quelques souffrances inutiles, hein? Mais du coup, il fallait aussi qu'Eden fasse en sorte par lui-même d'en avoir pour son argent... Après tout il aurait tout aussi bien pu ne pas faire l'effort de lui tomber dessus, et continuer sa route après l'avoir insultée rapidement, en grognant, voire après l'avoir frappée brièvement du pied pour lui exprimer son mécontentement... mais non. Il l'avait choisie pour se défouler un peu, et si il appréciait de la sentir démunie face à lui... ça ne suffisait pas. Il en voulait un peu plus que ça, ce pourquoi il allait finalement faire ce à quoi il avait pensé vite fait, tout à l'heure... Vu qu'elle était plutôt mignonne, c'était loin de le déranger. Moqueur et toujours un peu méchant, il commença par lui répondre, d'une manière qui n'engageait rien de bon pour elle, il fallait bien le dire...:

"T'en as vraiment aucune idée?"

Il continuait de se rapprocher, dangeureusement... et fut bientôt un tantinet trop près pour que cela soit innocent. Il posa sa bouche sur ses lèvres et lui vola donc ce qui était pour le moment un chaste baiser... et ne deviendrait un peu plus "profond" que si la jeune femme persistait à rester sans réaction vraiment frappante. Les sûls pour leur part se contentaient de regarder, sourire amusé aux lèvres. Ce n'était pas la première fois qu'Eden faisait peur aux gens de cette manière là, mais généralement, il n'allait pas jusqu'à embrasser... Il se demandait d'ailleurs bien comment il avait pu prendre cette décision ainsi, sur un coup de tête, et juste parce que son vis-à-vis ne semblait pas être très loquace, en plus d'être plutôt étrange... Bah, parfois, il nous passait de drôles d'idées par la tête, puis il ne fallait pas oublier qu'il n'avait pas bien dormi... groumpf d'ailleurs. La fatigue, il la sentait, et elle continuait de l'irriter. Il n'y avait plus à espérer pour la jeune femme qu'elle n'ait pas la mauvaise idée de le frapper, sans quoi il risquait fort de rapidement ne plus répondre de ses actes.
_________________


Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail
Ira
Ex-ômologue


Inscrit le: 01 Fév 2007
Messages: 272

Phénotype: Dyin
Points: 65

MessagePosté le: Jeu Juin 21, 2007 3:08 pm 
Sujet du message:
Répondre en citant

Mauvais signe. TRES mauvais signe. Il s'était contenté de contourner la question, comme si la réponse était évidente. Mais Ira ne voyait toujours pas où cet individu voulait en venir. Il lui avait lancé un bête ricanement avant de lui poser, simplement, une autre question : n'avait-elle aucune idée de ce dont il avait besoin ? Hé bien, non. Elle n'en avait vraiment aucune idée. Elle n'avait pas pour habitude de plaquer une arme sous le menton de son prochain, un rictus sur les lèvres, pour l'insulter gratuitement. Elle n’y connaissait rien de leurs us et coutumes. Mais une chose était sûre, ce que cet individu avait prévu de lui faire n'allait pas lui plaire. Il lui avait répliqué sur un ton mauvais, moqueur. Comme si ça l'amusait de lui rendre la vie dure. Et Ira, toujours aussi paralysée, avait compris que ce dont il avait vraiment "besoin", sur le moment, c'était de se défouler sur elle. Voilà ce qui arrive quand on bouscule le membre d'un gang notoire parce qu'on n'a pas regardé devant soi. Ira aura au moins retenu cette leçon.

En attendant, quelles que soient les intentions de cet homme, il s'approchait davantage de la jeune femme. Cette dernière se sentait de plus en plus mal au fur et à mesure qu’il rapprochait son visage du sien. Pensez-vous. Imaginez que vous avez été crucifié, qu'on vous a placé en plein milieu d'un désert glacé, tandis qu'un vent fort souffle constamment autour de vous. Votre position actuelle est si peu confortable que vous n’avez même pas la force de bouger le petit doigt. Et chaque seconde est plus insupportable que la précédente. Mais ce n'est pas tout ! Ajoutez à tout cela un météore sur le point de vous tomber dessus, comme par hasard. Vous ne pouvez rien faire face à cette menace : vous êtes tout simplement piégé. Ce n'est qu'une question de temps avant que ce gros caillou ne vous tombe dessus.

Si vous parvenez à vous imaginer dans cette drôle de situation, alors vous saurez ce qu'a pu ressentir Ira à ce moment-là. Ou presque : Ira ne savait pas exactement ce qu'il allait se passer. Et c'est bien ce qui l'inquiétait. Le météore pouvait très bien l’écraser sur place. Mais il pouvait aussi exploser en cours de route, avant que des petits morceaux ne lui tombent dessus pour la brûler. Il pouvait tout aussi bien être dévié de sa trajectoire pour s’écraser quelques dizaines de mètres plus loin. Ira ne savait même pas ce qu’elle devait craindre. Tandis que le truand était réellement prêt d’elle, sans pour autant le regarder en face, elle essaya de s'exprimer à nouveau, dans l'espoir de gagner du temps.

"Je..."

Mais il était trop tard. A peine avait-elle eu le temps d'ouvrir la bouche que celle du truand vint s'y coller. Et il l'embrassa. Elle qui avait voulu éviter tout contact avec cet individu, c'était réussi. Par réflexe, à ce moment-là, elle ferma ses yeux d'un coup sec. Elle ne voulait toujours pas croiser son regard, même en vue de la situation. Si cela devait arriver, ça n'aurait rien de positif. Sérieusement. Ils n'allaient sûrement pas tomber amoureux dès le premier échange, se marier et vivre heureux avec beaucoup d'enfants ! A Enezis, les seuls coups de foudre, ce sont ceux des tempêtes. De toutes évidences, même si Ira avait un cœur d’artichaut, elle ne voulait sûrement pas sympathiser avec cet homme. Peut-être qu’il était plutôt gâté physiquement, mais il n'en restait pas moins un truand. Un truand qui lui a volé son premier baiser, qui plus est.

Elle ne supportait vraiment pas la situation. Elle aurait voulu reculer, mais c'était peine perdue. Elle serra fortement ses deux mains, comme si elle désirait arracher ce qui se trouvait à ses pieds. Mais elle ne les leva pas pour autant pour se défendre. Elle les garda contre le sol, résistant tant bien que mal à l’envie de frapper cet homme. Qui sait ? Ce dernier lui réservait sûrement un bien pire châtiment, au cas où elle ne se tiendrait pas tranquille. Elle se laissa donc faire, à contre-coeur. Un geste anodin pour cet homme, mais une véritable torture pour la jeune femme. Cette dernière alla même jusqu'à appuyer davantage son menton sur l’arme de son agresseur. C'était douloureux pour elle, mais ça lui faisait oublier la sensation apportée par les lèvres de cet homme. Ira ne voulait surtout pas y ressentir du plaisir. Elle se sentait suffisamment humiliée ainsi, embrassée par un hors-la-loi qui ne s'était pas retenu pour l'insulter quelques minutes plus tôt.

Aussi, elle se doutait bien que cet homme n'allait pas l'embrasser pour ensuite la laisser tranquille, comme si sa "dette" envers lui avait été payée. Ce serait trop facile. Ca irait sûrement jusqu'à l'attouchement dans le meilleur des cas, ou au viol pur et dur dans le pire des cas. Il lui fallait réagir, mais comment ? Elle mourrait d'envie de lui mordre la lèvre ou la langue. Mais elle savait très bien que si elle faisait ça, elle risquait de le payer cher. Ca sautait aux yeux : cet homme, quel qu'il soit, n'était pas sain d'esprit. Ira n'était pas curieuse de savoir ce dont il pouvait être capable une fois énervé. En attendant, elle devait supporter le baiser dont cet individu prolongeait la durée. La jeune femme s'efforça, et prit son mal en patience. Mais elle ne resta pas tout à fait sans réaction. A chaque nouvelle seconde, son corps se crispait davantage. Ses bras, relâchés quelques minutes auparavant, se contractaient de plus en plus, jusqu'à se coller le long de son corps. Ira savait qu'elle ne tiendrait pas longtemps ainsi. Si cet homme ne la lâchait pas au bout de quelques minutes, elle exploserait sûrement de colère. Et là, ce serait le drame.
_________________



"La colère donne de l'esprit aux hommes ternes, mais les laisse à leur pauvreté."

Elisabeth Ière
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Aleksiz
Ex-chef de gang / MJ


Inscrit le: 27 Sep 2006
Messages: 870

Phénotype: Irazyn
Points: 1915

MessagePosté le: Ven Juin 22, 2007 8:55 am 
Sujet du message:
Répondre en citant

Pas de réaction violente de rejet, pas de refus, rien... Non. La jeune femme semblait vouloir se contenter d'encaisser en silence, à croire qu'elle était véritablement douée pour sembler apathe... Sembler seulement oui, car enfin, et alors que le baiser en devenait un vrai, il put constater... Qu'elle se crispait. Bon, ce n'était pas grand chose, mais c'était déjà ça. Il avait fait son petit effet, qu'elle le veuille ou non, et au moins elle se rappellerait de lui... Ferait sans doute quelque peu plus attention la prochaine fois. Pour ce qui était de se défouler c'était pas top, fallait avouer, mais Eden n'avait pas non plus envie de la ruer de coups, pour la raison qu'à moins d'être énervé conséquemment, il n'était pas encore de ceux qui appréciaient la violence gratuite, chef de gang ou non...

Il rompit l'échange puis éloigna un peu son visage de celui de sa "victime", avant d'approcher un index tendu de ce dernier... et de venir appuyer sur son nez, assez fort pour la repousser en arrière. Et il se releva. Tout ça n'avait pas été très fructueux en fait... Il était toujours de mauvais poil, et avec l'envie de dégommer quelques ennemis, ou quelques chiens des commerciaux, au choix... Bref. Cela viendrait, et ce lorsqu'ils auraient trouvé le lieu de leur prochain forfait. Ils n'allaient pas prolonger cette "discussion" plus que nécessaire, n'est-ce pas? Pointant très vaguement le canon de son arme sur la jeune femme, il reprit l'air mécontent qui convenait à merveille aux dispositions dans lesquelles il se sentait être, prêt à prendre congé d'elle, même si elle ne le devinerait pas forcément. Un nouveau ricanement bref lui échappa, tandis que moqueur il achevait:

"C'est naturel chez toi de garder ton calme dans ce genre de situations gênantes? J'en connais qui doivent être contents..."

Et voilà qu'il repensait à Joz, maintenant... Ce salopard devait déprimer depuis le temps qu'il n'y avait pas eu d'orage, notons... Eden quant à lui pouvait enfin respirer, et espérait bien que le temps reste clément le plus longtemps possible.
_________________


Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail
Ira
Ex-ômologue


Inscrit le: 01 Fév 2007
Messages: 272

Phénotype: Dyin
Points: 65

MessagePosté le: Sam Juin 23, 2007 11:21 am 
Sujet du message:
Répondre en citant

L'individu s'éloigna d'elle. Enfin. Ira pouvait à nouveau respirer. Mais pour l'heure, elle n'avait pas vraiment le coeur à emplir ses poumons d'oxygène. Elle avait plutôt envie de cracher par terre, mais elle pensait bien que l'individu en face d'elle pourrait très mal le prendre. Et qui sait ce qu'il pourrait lui faire de plus ? Alors elle ravala sa salive, et elle toussa, simplement. Elle n'était pas fâchée d'en avoir fini avec ce baiser. Mais elle espérait surtout que ce truand la laisse tranquille pour retourner à ses occupations. Aussi, elle hésitait à rouvrir les yeux, de peur que son calvaire ne doive continuer. Elle désirait simplement entendre quelques bruits de pas, pouvoir ouvrir les yeux, et se retrouver seule dans cette rue, comme si rien ne s'était passée. Mais la conclusion était toute autre.

La jeune femme sentit le doigt de son "agresseur" s'appuyer contre son nez. Et il la fit reculer de ce simple mouvement. Toujours assise, la tête penchée, elle décida enfin à ouvrir les yeux, petit à petit. Son regard se fixa sur une bête flaque d'eau où elle avait glissé sa jambe en reculant. Et alors, l'individu lui demanda... hein ? Si c'était naturel chez elle de garder son calme dans les situations gênantes ? Non mais quel culot ! Après tout le mal qu'elle s'était donné pour ne pas céder à la violence, cet individu trouvait encore le moyen de le lui reprocher ! La docilité d'Ira ne lui plaisait-elle pas ? Etait-il "déçu" par son comportement ? Ou n'était-ce là qu'un sarcasme de l'homme fier d'avoir accompli son méfait ? Bien sûr, Ira aurait bien aimé que cela n'arrive pas. Bien sûr, elle se sentait souillée, et humiliée, alors qu'il s'était "contenté" de l'embrasser.

Pourtant, oui, elle était capable de conserver son calme dans ce genre de situation. C'était plus par instinct que par nature qu'elle encaissait autant à la fois. Mais s'il était allé plus loin, elle aurait sûrement réagi violemment. Elle aussi, avait ses limites. Et elle les avait presque atteintes : le bord de ses yeux devint légèrement humide. Elle était à deux doigts de craquer. Quant à affirmer qu'il en connaissait qui devaient être contents... de qui parlait-il ? Insinuait-il qu'elle était le jouet de chair et de sang de tous les pervers du quartier ? Aucune idée. Ira n'en savait rien, alors elle préféra ignorer cette remarque. Elle était suffisamment démoralisée ainsi. Ses sourcils écrasèrent son regard, toujours fixé au sol. Et elle répondit à la question du truand, lentement, par une autre question.

"Vous auriez préféré que j'y prenne du plaisir ?"

Elle ne s'était montré ni agressive, ni provocatrice. Du moins, elle avait essayé. Malgré ce qu'il avait pu lui faire, elle essayait de garder son calme. Mais le ton employé était peut-être plus sévère qu'elle ne l'aurait souhaité. Au moins, elle lui avait renvoyé la balle. Qu'allait-il se passer ensuite ? Allait-il continuer de l'harceler moralement et sexuellement ? Allait-il la rouer de coups pour lui apprendre les bonnes manières, et se défouler un peu par la même occasion ? Ou allait-il la laisser là pour retourner à ses affaires ? Ira n'en savait rien. Et elle s'en moquait. En moins d'une heure, son moral avait presque touché le fond. Quitte à la pousser davantage en bas, autant que ça se passe rapidement.
_________________



"La colère donne de l'esprit aux hommes ternes, mais les laisse à leur pauvreté."

Elisabeth Ière
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Aleksiz
Ex-chef de gang / MJ


Inscrit le: 27 Sep 2006
Messages: 870

Phénotype: Irazyn
Points: 1915

MessagePosté le: Dim Juin 24, 2007 5:10 pm 
Sujet du message:
Répondre en citant

(bon ^^" on reprendra donc ailleurs, parce que là je vois mal comment faire autrement)

Eden avait donc continué à regarder cette étrange fille de haut et... Ah tiens. Une réponse, un peu sèche cette fois. Elle se réveillait enfin, hm? Mais il fallait espérer qu'elle ne s'énerve pas, car si Eden avait envie de la faire réagir, il n'apprécierait pas non plus qu'elle s'y croie, et qu'elle tente de vraiment lui tenir tête. Disons qu'il serait alors obligé de lui rappeller face à qui elle se trouvait... Il fut cependant plus désarçonné qu'irrité... Car bon. Qu'est-ce qu'elle lui racontait là, encore? Si il aurait préferé qu'elle y prenne du plaisir? Là n'avait pas été le but. Elle aurait tout simplement pu éviter de se laisser faire, non? Enfin bon à sa place il se serait mal vu encaisser sans broncher, notons. Mais ce n'était pas son problème, et elle commençait à lui taper sur les nerfs, cette foutue encapuchonnée. Il en avait ras le bol, alors il allait se tirer et continuer ses petites affaires. Il n'était pas d'humeur à lui faire les poches, même si parfois ce genre d'occupations le défoulaient, et il n'avait soudainement plus envie de continuer de la charrier... Le résultat n'était pas très probant. Il aurait pu insister, oui... Mais bon voilà quoi, quand on a plus envie, on a plus envie, et Eden avait maintenant la furieuse idée de se tirer, d'autant que les nuages étaient encore un peu trop noirs à son goût pour qu'il se sente en "sécurité", et qu'il n'avait pas envie de se trouver victime d'un éventuel orage - depuis le temps - face à la personne qu'il venait d'harceler.

Bref. Sa réponse l'avait surpris, alors il avait soulevé un sourcil. Et comme la situation commençait à l'exaspérer... Il lâcha un bon gros soupir, avant de s'approcher de la jeune femme une dernière fois, et de lui lancer sur un ton acide:

"Si ça avait été le cas, je m'y serais pris un peu mieux que ça, pour information..."

Il était temps d'en finir... Il se baissa donc, pour l'attrapper par le col, et ainsi la relever, tout en lui adressant un dernier regard, agrémenté d'un de ses habituels sourires-rictus peu rassurants:

"Tu commences déjà à m'emmerder en fait... "

Une fois sur ses pieds, il la repoussa, puis passa devant elle, prêt à partir et en revenir à ses premières préoccupations. Rangeant son flingue, il appella le reste du groupe, qui sur son ordre le suivit:

"On y va les gars, on est attendus ailleurs après tout..."

Pas de dernier regard sur elle. Il s'apprêta à passer son chemin, tout simplement... Il en avait déjà assez vu.
_________________


Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un e-mail
Ira
Ex-ômologue


Inscrit le: 01 Fév 2007
Messages: 272

Phénotype: Dyin
Points: 65

MessagePosté le: Mar Juin 26, 2007 2:06 pm 
Sujet du message:
Répondre en citant

[yep, posons la conclusion \o/]


Visiblement, la question d'Ira avait bien remonté le truand. Pour ce qui était de s'en sortir sans plus de dommages, c'était peut-être raté. Mais elle ne regretta pas ses mots pour autant. Même si elle devait prendre davantage de coups de la part de cet individu, elle n'était pas mécontente de l'avoir mis de mauvaise humeur, lui aussi. Enfin, il avait plutôt l'air agacé que vexé. Mais voilà, Ira n'allait pas lui faire l'honneur d'un "Oui monsieur" alors qu'il s'était permis de l'insulter et de la rabaisser gratuitement. Dans tous les cas, elle avait l'air de l'ennuyer. Peut-être s'était-il attendu à ce que sa victime soit une petite vierge effarouchée. Mais cela n'avait plus d'importance maintenant. L'homme lui répondit simplement, mais sèchement, que s'il avait souhaité qu'elle y prenne plus de plaisir, il aurait agi en conséquence. Ben voyons ! A question bête, réponse bête ! Ira se doutait bien qu'il avait choisi de l'harceler, plutôt que de lui jeter des fleurs. Et de toutes évidences, s'il avait voulu se montrer clément, il n'aurait pas plaqué son arme contre le menton de la jeune fille. A moins d'être sado-masochiste.

Aussi, Ira ne répondit pas à sa "précision". Elle n'avait rien à lui répondre, et elle pensait bien qu'envenimer davantage la situation ne lui apporterait rien. De toutes évidences, même si elle avait eu son mot à dire, le truand ne lui en aurait pas laissé la possibilité pour autant : il se baissa à nouveau pour l'attraper par le col. Peut-être allait-il se montrer plus brutal cette fois-ci ? Là non plus, elle ne se défendit pas. Mais de toutes façons, ça n'aurait pas été nécessaire : il n'avait visiblement pas l'intention de la frapper ou de lui réserver un autre traitement du même genre. Il tira simplement pour qu'elle puisse se relever. Sûrement pour qu'elle évite d'encombrer davantage le chemin qu'il avait réservé pour son auguste personne. En tout cas, il ne fit pas ça par bonté, oh non. Ira eut le temps d'apercevoir un rictus sur son visage. Et puis, l'espace d'un instant, son regard. Un regard sombre, vert turquoise. Elle n'a fait que l'entrevoir, mais elle savait parfaitement que maintenant, elle risquait de ne pas l'oublier de sitôt, ce regard. Elle, qui ne voulait garder aucun souvenir de cette rencontre, était plutôt bien servie. Enfin, il lui annonça qu'elle commençait à "l'emmerder", comme il le dit si bien. Ce à quoi Ira aurait très bien pu répondre :

*Pour moi, ça ne fait que continuer !*

Mais son instinct de survie étant encore plus intense que sa colère, elle se retint. Cet homme en avait visiblement assez d'elle. Il n'avait pas eu ce qu'il voulait, mais au moins, Ira serait enfin tranquille. A peine a-t-elle eu le temps de reposer les pieds sur le sol que le truand la lâcha. Et la repoussa. Heureusement pour elle, elle fit preuve de davantage de vigilance que la première fois. Et elle se rattrapa, évitant ainsi une seconde chute. Il rengaina son arme, s'adressa à son troupeau de moutons, et repartit comme il était venu. Visiblement, non seulement cet homme venait d'un gang, mais en plus il en était le dirigeant. La dame l'avait échappé belle. Elle releva légèrement la tête, le temps de regarder vaguement le groupe s'éloigner d'elle. Bon débarras.

Elle soupira bruyamment, puis porta la main à ses lèvres pour les essuyer. Elle ne s'était toujours pas remise de ce bref contact avec ce triste sire. Après quoi, elle s'approcha de son sac pour le ramasser, s'apprêtant à repartir à son tour. Mais avant, elle remarqua à ses pieds une feuille trempée et un crayon que le vent n'avait pas encore emportés. Elle reposa son sac, se baissa et ramassa la feuille de la main gauche, le crayon de la main droite. Il n'y avait pas de doute : le crayon était le sien. Celui qu'elle tenait encore, avant que les choses ne se gâtent pour elle. Elle relâcha son bras droit pour porter le bout de papier au niveau de son menton, pour le regarder plus en détail. Elle y retrouva un petit bout de ses notes. Mais rien de bien exploitable, malheureusement. C'était tout ce qu'il restait de son travail. Elle n'avait même plus les idées en tête pour recommencer tout de suite. Elle est encore déboussolée à cause de sa précédente rencontre. Et bien plus que ça.

Elle serra les dents, à l'idée d'avoir eu à subir tout ça, pour avoir à nouveau perdu le fruit de son labeur. Méritait-elle une telle punition ? Pour elle, sûrement pas. Dame Chance ne s'est jamais montrée clémente avec elle. Elle a toujours perdu, elle n'a jamais gagné. Inconsciemment, elle serra le poing. Elle tremblait légèrement, mais ce n'était pas de peur, de faim ou de froid. Elle tremblait comme un volcan prêt à entrer en éruption. Son visage se rida progressivement. La sueur coula sur son front. Et elle murmura...

"Je..."

... avant de briser le crayon d'un coup sec. Elle se moquait qu'il y ait ou non des gens non loin d'elle, qu'ils aient assisté au spectacle ou non. Elle relâchait tout, peu importe les conséquences. Elle froissa le papier, progressivement, tandis qu'un rictus s'affichait sur son visage, resté trop longtemps inexpressif. Son corps tremblait et suait de plus en plus à chaque seconde. Elle avait beau être habituée à ce genre de mésaventure, ç'en était trop pour elle. Elle relâcha ses mains, laissant tomber ce qu'il restait de ses notes et de son crayon. Et elle porta ces mêmes mains au niveau de son regard, pour les observer un instant. Un rire sourd s'échappa de ses lèvres. Et un nouveau murmure fit de même.

"Je lui ferai payer !... si je le croise à nouveau... un jour..."

Et d'un coup sec, elle serra à nouveau les poings. Et elle les tourna, lentement, comme si elle allait briser un cou. Elle souriait de toutes ses dents, ses yeux grands ouverts fixés devant elle. Un petit rire, mauvais. Puis, un soupir. Et peu à peu, elle reprit son calme. Sa capuche était encore rabattue sur son visage, heureusement. Le ciel était nuageux, mais il n'était pas suffisamment sombre pour qu'Ira puisse conserver son apparence une fois découverte. Elle avait déjà suffisamment de souvenirs qui lui sont revenus. Des souvenirs liés à l'assassinat d'un autre chef de gang, Leios. Si elle était devenu "lui", elle aurait sûrement poursuivi le groupe. Et ça aurait été la catastrophe. Mais n'y pensons plus. Ira avait encore le visage de cet homme ancré dans sa mémoire. Du moins, son regard. Elle s'en était rendu compte finalement, il était plutôt attirant physiquement. Mais elle ne pouvait pas en dire autant de son esprit. Et le baiser n'en était pas moins amer.

"Un jour..."

Enfin. Elle préféra l'oublier pour l'instant. Peut-être qu'elle ne le reverrait pas de sitôt. Peut-être que leurs chemins se croiseront à nouveau. Et là, qui sait ? En attendant, Ira reprit enfin ses esprits. Un léger soupir, à nouveau, avant qu'elle ne porte sa main à son visage, s'adoucissant également. Elle caressa sa joue droite, à l'emplacement de sa cicatrice. Et elle sentit deux larmes s'échapper de ses yeux. Ira voulait croire que c'était la gêne ou la fatigue qui était la cause de ces pleurs. Pourtant, elle était bien plus fragile qu'elle ne voulait le croire. Elle se sentait suffisamment humiliée sans se mettre à pleurer de honte en plein milieu d'une rue. Ca ne servirait à rien de toutes manières. Aucun prince charmant ne se présenterait à elle pour lui faire oublier tous ses soucis. Alors, elle attrapa à nouveau son sac de la main droite, s'essuya les larmes de la main gauche, et elle repartit droit devant elle, dans la direction opposée à celle du truand.


[la suite, au prochain épisode]
_________________



"La colère donne de l'esprit aux hommes ternes, mais les laisse à leur pauvreté."

Elisabeth Ière
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    Chimea Index du Forum -> Rp: Enezis -> Centre culturel Toutes les heures sont au format GMT
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


MSTrenches war Theme © Matt Sims 2004

Title Images © Medal of Honour - EA Games
Powered by phpBB © 2001, 2004 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com