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[CJ]Transmission radio

 
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Aleksiz
Ex-chef de gang / MJ


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MessagePosté le: Sam Sep 22, 2007 8:40 am 
Sujet du message: Transmission radio
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Vingt minutes après "Retrouvailles au Pandemonium"

Et vlan! Déjà trempé par l'orage, et fort handicapé par son ivresse comme par l'angoisse que lui procurait son incapacité à faire quoi que ce soit pour se tirer de ce putain de mauvais pas, Aleksiz se retrouva soudain en plus mauvaise posture encore qu'il ne l'était déjà... On l'avait trainé depuis Lynra jusqu'aux ports, et il avait bien du se rendre à l'évidence: ses kidnappeurs comptaient l'emmener au dehors d'Enezis, carrément... Ils étaient montés sur un bâteau lambda, tout ce qu'il y a de plus commun, et comme si ça ne suffisait pas de le tenir captif, on l'avait emmené dans la cale, pour le jeter au sol sans prendre grand soin de son atterissage. Du coup, il repensait à Eve, et à ce qu'il lui avait fait subir... Pas qu'il culpabilisait, non, parce que bon... Aleksiz n'avait pas assez de conscience morale pour ça; cela dit, il repensait à toute cette période de captivité, qui tout d'abord cauchemardesque avait fini par devenir... Des plus agréables, peut-être bien pour tout le monde. Il repensait à ces derniers instants d' "insouciance", si l'on pouvait dire, et il regrettait le temps où il n'était qu'Eden Keizh, chef de gang sans histoires autre que celle de son fameux groupe, dont il avait été fier... Tout ça, c'était bien terminé. Il était redevenu Aleksiz Në'Minre, son gang avait été détruit, la dite fierté, violée dans tous les sens du terme, et maintenant... Ficelé, baillonné, il se retrouvait dans le fond d'un navire sordide, complètement impuissant, capable seulement de se demander ce qui allait bien pouvoir advenir de lui, quitte à retourner la question dans tous les sens possibles, et à en tirer nombre d'hypothèses...

Ce sentiment d'impuissance l'irritait considérablement, d'autant que ses ravisseurs avaient prévu leur coup, et déclenché l'orage... C'était un peu la même chose que le soir où lui et Rivëndal s'étaient fait enlever par Liadon. C'était même COMPLETEMENT la même chose, à la différence que son frère n'était pas là, et qu'au moins, même si on le livrait à un commercial, personne ne pourrait le convaincre de participer à un viol consentant. Il avait testé une fois, et le souvenir en était encore bien assez cuisant... Plus jamais telle chose ne se reproduirait, il en faisait le serment. Bref. Il avait mal partout et particulièrement à la tête, le paysage semblait tanguer, signe qu'il était encore pas mal bourré, et sans aucun doute allait-il bientôt avoir une soif pas possible, qu'il serait dans l'impossibilité de combler. Quant à dormir, même pas en rêve... Le stress l'en empêcherait, et de toutes façons, il ne voulait rien rater de ce qui allait advenir maintenant. Quelques rires gras, et bien heureusement on le laissa tranquille. La porte de la cale se referma, le laissant seul avec ses pensées noires... Aleksiz siffla entre ses dents, et d'énervement frappa son front contre le fond de la cale. C'était une erreur de la part des kidnappeurs que de le laisser seul et sans surveillance, et décidément ces derniers manquaient de compétence, mais enfin... Il était vrai qu'Aleksiz ne comptait plus se suicider depuis plusieurs semaines déjà, ce n'était donc pas cette négligence qui nuirait à leurs plans, malheureusement... Puis la masse métallique du navire se décida à se mettre en mouvement. Aleksiz tenta par réflexe de redresser la tête, mais en vain. Il était enfermé dans le noir complet. Difficile de deviner de quel côté on l'emmenerait. Plus qu'exasperé, il soupira, et se laissa retomber au sol, appréciant tout du moins le fait de ne pas être harcelé physiquement par ses ennemis. Il n'aurait vraiment plus manqué que ça... Tss. Dire qu'il venait à peine de se remettre de sa dépression, après avoir causé du soucis à tous ceux qui avaient encore besoin de lui... Fallait-il qu'on ne leur laisse aucun répit? Et Belial, qui de sa faute avait été blessée, et avait vu son bar détruit... Au possible, il devait survivre une nouvelle fois. Il avait vraiment pas mal de trucs à faire pour s'excuser de la merde qu'il provoquait à chaque fois... Puis il l'avait promis à Rivëndal, qu'il ne mourrait pas. Et ça, qu'il veuille bien l'avouer ou pas, pour lui ça avait énormément d'importance...

Il aurait pu tenter de se redresser pour de bon, mais en plus d'être ficelé, il était dans le genre... saoul, là. Ses efforts seraient sans doute vains, autant ne pas se fatiguer, et attendre sur le sol fort peu confortable que des litres d'eau et des litres d'eau finissent par le séparer d'Enezis - gloups... - et que le navire veuille bien amarrer quelque part, il ne savait où... En tous cas à un endroit où on s'amuserait soit à le vendre, soit à le "stocker". Aleksiz avait testé pas mal de chose, dans sa vie... Etre changé en marchandise de choix, cela, dit, c'était la première fois qu'il essayait. Et ça n'était pas spécialement pour lui plaire... Pourtant, que faire? Le temps passa, et le bâteau tanguant au gré des vagues parvint même à lui donner la nausée, déjà qu'il était en train de cuver... Qui plus est, pour le peu qu'il parvenait à penser, une chose l'inquiètait... L'orage, depuis leur départ d'Enezis, n'avait pas cessé. Au contraire même, plus ça allait, et plus les coups de tonnerre lui semblaient nombreux, puissants... Il n'étaient tout de même pas... En chemin pour Ayndra?? Ils n'allaient tout de même pas lui faire ça???! Et pourtant quelques heures passèrent encore; le soleil se leva, et enfin le bâteau parvint à la côte. On vint le chercher, pour l'emporter à l'extérieur... Un extérieur désertique, immense, dont le ciel empli du nuages plus noirs les uns que les autres voulait tout dire... Si Aleksiz l'avait pu, il aurait sans doute juré de mécontentement. Tout semblait jouer contre lui... Et combien de temps comptaient-ils le garder sur ce fichu continent, hm?? Enfin... Si là avait été sa seule inquiètude... Dans sa tête, angoisses et questions s'entrechoquaient violemment. Les choses ne s'arrangèrent lorsqu'on s'amusa à lui bander les yeux, pour le transporter à travers l'étendue foudroyée... Bientôt, le bruit d'une trappe s'ouvrant grinça à ses oreilles, puis on commença à le descendre au gré de marches métalliques fort peu rassurantes... Ca lui rappellait un peu l'avant dernière planque des sûls, où ils avaient tenu Eve prisonnière. Sauf qu'il préfèrait nettement sa planque au machin type bunker dans lequel on était en train de l'emporter. Quelques secondes... Puis on le jeta sur une chaise, chaise où il pu se ruiner le dos et les chevilles gaiement. Son cri de protestation n'y fit guère... On lui enleva le bandeau des yeux, et il put constater qu'il se trouvait alors dans une pièce simple, vide de tout, si ce n'est de la chaise sur laquelle il trônait, et d'un matériel de prise de vue faramineux, et surtout... Quelque peu pointé sur lui. La peinture des murs, aussi kaki qu'écaillée, montrait bien qu'il ne se trouvait pas dans un palace... Et pour le reste, il n'y avait rien à constater. Si ce n'est que ses ennemis semblaient bien décidés à lui tirer le portrait, et que les trois quarts des homme en présence s'affairaient sur caméras et diverses régies, d'une façon qui lui semblait un peu... Ridicule, en vue de la situation. Et comme il ne semblait pas encore assez bien ficelé, on l'accrocha à sa chaise en deux points... Sous la poitrine, contre le dossier, et sur les cuisses contre le siège. Ah bah! Il ne risquait pas de se sauver là au moins, hein?... Même lui qui était le spécialiste de ce genre de précautions n'aurait pas été jusqu'à là. Et on se décida enfin à lui enlever son baillon, Ô joie, il allait enfin pouvoir cracher son venin, quoiqu'il ait d'autre priorités à l'instant... Il jeta un regard meurtrier à ses kidnappeurs, avant de leur demander instamment:

"Et je pourrais savoir ce que vous comptez bien me faire, MAINTENANT?? C'est quoi tout ce bordel? Vous avez dévalisé un studio? Je vous préviens tout de suite... Si vous comptez réaliser un film pour la prise d'otage, je ne marche PAS, ça vous pouvez toujours aller vous faire foutre!!"

Et vlan... Genre il était pas dans un assez pitoyable état, déjà... Il n'avait pas dormi de la nuit, il était affamé, sali par son stage "nuit en cale", et EN PLUS DE CA il fallait qu'on lui flanque une gifle magistrale, qui lui assurerait d'avoir la joue rouge pendant une demi-journée au moins... Sa tête tournait violemment, puis il avait toujours la nausée, gueule de bois faisant...

"On t'a rien demandé, alors ferme là un peu, sinon on peut toujours s'amuser à contacter quelqu'un d'autre, que tu apprécies un peu moins...
- C'est prêt pour le direct?
- Ouais. Et les leurres?
- A point! La transmission devrait être si rapide que même eux ne pourront pas authentifier assez vite l'origine du signal...
- Nickel! Je lance l'appel radio?
- Vas-y, tout est prêt! Faites quand même gaffe à ce que l'otage va raconter..."


Ah ça oui, ils avaient intérêt de faire gaffe... Parce que si comme ils le disaient, les destinataires de la transmission directe étaient des alliés d'Aleksiz, voire LES alliés d'Aleksiz, celui-ci ne se gênerait pas pour cracher tout ce qu'il savait sur eux, et sur la localisation de la planque d'où le film allait être tourné...

"Et QUI exactement comptez-vous contacter?"

"Tes anges gardiens, abruti... Si tu doutes, regarde bien l'écran juste au dessus de la caméra, si ils acceptent l'échange d'images tu devrais les y voir apparaître..."

Et Aleksiz de se taire soudain, et de lever les yeux au dit écran, prêt à se récrier, à insulter ses ennemis... Mais plus tard. Il voulait déjà s'assurer de la vérité de leurs réponses... Si en effet comme ils semblaient le dire, les destinataires de la transmission se trouvaient être ni plus ni moins que la Cinquième Colonne, alors Aleksiz était-il peut-être dors et déjà sauvé. Mais mieux ne valait pas trop vite crier victoire... Souffle court, il attendit. La transmission semblait avoir été interceptée.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Mer Juil 16, 2008 12:40 pm 
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Un temps pour tout. Un temps pour la panique, la peur, la nervosité. Un temps pour la maturité, le contrôle, et le sens des responsabilités. Quand vous êtes le chef, qui plus est, un chef important, il n’y a personne au dessus de vous pour vous coller sa main en travers de votre figure, vous hurler dessus pour que vous vous repreniez, vous recadrer, parce que vous êtes effrayés, et que vous agissez n’importe comment soudainement. Non…quand on est Nathanaël, le dirigeant de la Cinquième Colonne, on doit s’assumer seul, reprendre le contrôle de soi, réussir à étouffer ses émotions sous une couche de sérieux, et de maîtrise. Même quand cela concernait Aleksiz. Surtout, quand cela concernait Aleksiz. Le jeune homme ne pouvait pas se permettre de laisser déborder son angoisse, son stress, devant ses hommes, ceux à qui il devait imposer du respect. Que penseraient-ils, à le voir se ronger les ongles, à faire les cent pas ? Cela avait déjà suffisamment jasé. Cette fois, il fallait prendre les choses en main, résolument. Même s’il masquait sa frayeur, Nathanaël ne masquait pas son mécontentement. Pour des raisons aussi bien personnelles que disons, professionnelle, cela était une intolérable contrariété que de savoir le jeune héritier être enlevé. Qui avait été assez débile pour cela, d’ailleurs ? Un commercial ? Hypothèse envisageable, peu probable, toutefois. La Cinquième Colonne avait des espions à la pelle, et des oreilles soudain très fines lorsqu’il s’agissait des deux Në’Minre. Nathanaël était presque sûr que si une de ces raclures avait monté un plan d’enlèvement de cette envergure, il en aurait eu vent. L’idée de son propre échec était elle aussi intolérable, inacceptable. Il avait juré qu’il protégerait Aleksiz, qu’il lui éviterait, autant que possible, de souffrir encore. Il n’avait pas tenu parole. Cette impuissante éveillait une frustration bordée de haine. Et bientôt, la haine prendrait le pas, car Nathanaël savait haïr comme personne.

A l’heure actuelle, il se trouvait dans des locaux séparés de son organisation. Une planque que peu connaissait, mais grâce à laquelle il pouvait avoir une vision globale de l’île, du monde. Le matériel entreposé ici représentait une véritable fortune. Et la compétence des hommes qui s’en servait n’avait tout simplement pas de prix. Ils venaient de tous les milieux, mais avaient en commun ce talent inné pour toute forme de technologies. L’espionnage est lucratif, ainsi que la surveillance, et aussi, le cas présent, la recherche. Trouver Aleksiz. Trouver la bande d’enfoirés responsable de toute cette mascarade. Comme s’ils avaient besoin de ça, sérieusement ! C’était détestable. Une envie irrépressible de tourner comme un loup aux abois, impatient, énervé, le saisissait. Mais il se retenait. Si les kidnappeurs n’étaient pas des commerciaux, Aleksiz ne devait avoir pour eux qu’une valeur financière. Un très gros pactole, qui plus est. Dédain. De l’argent, la Cinquième Colonne en avait à foison. Mais pas mal de types en ce monde ne devait pas encore avoir bien pigé que le pognon n’apportait pas la salvation. Beaucoup étaient prêts à mourir pour en avoir. Et ceux là, il n’allait sûrement pas les rater. Du coup, il y avait toutes les chances du monde qu’ils prennent contact. Sans demande de rançon, Aleksiz ne servait à rien, à moins qu’ils aient d’autres visées à son égard. Il ne fallait pas l’espérer. Pas du tout. De cet endroit, il y avait de très grosses possibilités de capter quelque chose d’intéressant. Et d’en obtenir des informations. Tous les hommes disponibles balayaient par équipes les secteurs d’Enezis. Ils faisaient tous tout ce qu’ils pouvaient. Nathanaël avait la crainte que cela ne suffise pas.

Pour « l’occasion », le jeune homme avait revêtu un costume de lin d’un blanc immaculé, la veste assortie au pantalon droit, une chemise de soie pourpre au dessous, les premiers boutons ouverts. Ses cheveux, ailes de corbeau, étaient plaqués en arrière, et des mèches rebelles allaient lui chatouiller la nuque. Aujourd’hui, il n’était pas la sulfureuse Eve, ni même l’insouciant Nathan. Il était le patron de cette grande et puissante organisation, dans toute sa splendeur, son importance. Et pour Aleksiz, il allait devoir se surpasser de crédibilité et de charisme. En imposer, pour le sauver. Si ces abrutis avaient cru pouvoir le faire ramper, ou même, lui marcher sur les pieds, ils s’étaient lourdement trompés. Il n’était pas là question d’une fierté mal placée. Payer pour récupérer Aleksiz n’était pas un problème. Il allait juste leur faire comprendre que plus cela ne devait arriver. Que cela n’arriverait plus jamais, car sinon, il les ferait tous tuer, même si cela devait prendre cent années. Enfin, on lui annonça qu’ils avaient quelque chose. Il grogna son assentiment, et alla s’asseoir sur le fauteuil situé en face de l’écran où devrait normalement apparaître toute image envoyé. Un autre écran plus petit dans un coin, lui renvoyait sa propre image, saisie par une camera, pour un retour. Il allait se montrer, oh oui. Il n’avait pas peur, n’avait pas l’intention de se cacher. Ces types devaient comprendre la gravité de leurs actes, et pour sûr, ils allaient comprendre. Nathanaël inspira, et puis, contact. Aleksiz lui apparut, amoché passablement, ficelé sur une chaise, plus que de mesure. Il ne tressaillit pas, ne se permit pas cette faiblesse, ce point faible. Il conservait ce masque d’indifférence et de nonchalance, où se mêlaient le dédain, le calme, et le sérieux. Un seul coup d’œil lui permit de voir qu’il n’obtiendrait aucune information du décor. Alors, il devrait les obtenir d’Aleksiz directement. Il ne semblait ne pas avoir été trop malmené. Ou bien Nathanaël avait-il eu trop souvent l’occasion de le voir dans un état cent fois pire, au choix. Il espérait que les ingénieurs qui travaillaient derrière lui allaient mériter tout l’argent qu’ils touchaient en retrouvant ces fils de putes. Mais les injures n’avaient pas leur place de son côté pour l’heure, pas plus que de se montrer agressif et agité. Alors, il garda son calme imperturbable, dardant sur son protégé, si l’on pouvait dire, un regard inquisiteur, interrogatif, où brillait peut-être, quelque part, une lueur inquiète, suppliante. Dis moi où tu es. Ne fais rien de stupide. Il se contenta d’opiner toutefois, croisant les jambes, se penchant légèrement vers la caméra. Une seule inflexion, pas besoin de palabres, il n’était pas ici celui qui posait les questions. Pour le moment.


« Aleksiz. »

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Aleksiz
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 4:01 pm 
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Un instant, il sembla à Aleksiz avoir un bug visuel. Suite à un grésillement léger à l'écran installé pile en face de lui s'était dessinée une image... L'image d'un homme, dont le visage lui était familier, et pas qu'un peu. La lueur assassine dans ses yeux, qu'il réservait à ses kidnappeurs, connut une mort prématurée, et sa poitrine se vida en moins d'une seconde d'approximativement tout son air. La surprise se mêlait au soulagement, ses pensées s'entrechoquaient si violemment qu'il ne savait plus bien par quel bout les prendre et les analyser. Pas de problème... Si ce n'est la méga gueule de bois il était en bon état, mais pour le coup il pâlit tout de même jusqu'à imiter la couleur... Oh allez, vu l'état de son foie, on pouvait dire d'une pomme de terre. Blanc jaune. Magnifique, avec ses cheveux ça jurait à merveille.. Déjà le soulagement. Nathan. Il s'agissait de Nathan. Ses ravisseurs n'avaient pas menti, ils avaient contacté la Cinquième Colonne, vraisemblablement ils allaient demander une rançon, et vraisemblablement ils allaient se faire later, car Aleksiz ne les laisserait pas s'en tirer à si bon compte... Si tout se passait bien, si la discussion ne tournait pas au vinaigre et si les kidnappeurs ne changeaient pas de clients potentiels trop rapidement, il était sauvé, et ils allaient regretter de l'avoir laissé en vie... Il commençait à en avoir UN PEU marre d'être toujours celui qui se faisait pigeonner, il avait pas le gêne "princesse en détresse", et ça le saoulait de causer problème à tout le monde. Il commençait à se rendre compte d'un truc, et c'était que de se faire protéger ne lui convenait absolument pas. Puis suite au soulagement, la confusion, l'incompréhension... Pourquoi était-ce Nathan qui lui apparaissait..? Pourquoi l'avait-on choisi lui pour une transmission de cette importance...? Etait-ce parce qu'il le connaissait mieux que les autres...? Nan. Pas crédible. Au contraire cet élément pouvait être facteur de problèmes, au cours de ce type de négociations. Pourquoi était-il dans ce costume, coiffé de la sorte et tout...? Okay c'était un moment important, okay fallait se la jouer sérieux mais... . Il manqua bien d'exploser, ou bien d'imploser, au choix. Et cela se vit car il ne parvint à contenir sa... Stupéfaction? Ouais nan pire, comme dit ses poumons avaient manqué de se retourner sous le choc, il était complètement, totalement, définitivement estomaqué. Attend... C'était quand même pas possible que Nathan soit le...? Non il devait se planter... Ou alors C'est que Nathan était haut placé dans l'orga, plus haut placé qu'il ne l'aurait songé, tout simplement...

"Nathan...?"

Oups là. C'était pas forcément bien malin de donner son nom face à tous les autres... Enfin. Il ne savait pas. Il ne comprenait pas, ou plutôt n'était pas sûr de comprendre, et dans ce cas mieux valait faire comme si ses hypothèses n'existaient pas. Vu qu'il gardait le silence, forcément, le groupe d'abrutis autour de lui avait commencé à s'exprimer avant même qu'il ne songe à ouvrir la bouche pour faire autre chose que gober les mouches.

"Bien. Nous sommes... ravis que vous ayez accepté la connexion. J'ose espérer que vous ne vous foutez pas de notre gueule, nous voulons parler à votre chef, comme vous pouvez le voir nous avons en notre possession quelque chose qui vous intéresse de près. Nous ne souhaitons rien d'autre que de vous le rendre, mais il va falloir y mettre un peu... Du votre, pour ce faire, vous voyez ce que je veux dire?"

Ils avaient de l'espoir, comme si un tel plan pouvait être réellement mis à exécution... Comme si ils pouvaient ne serait-ce qu'espérer prendre possession de la rançon PUIS s'en tirer à bon compte, avec les compétences dont ils avaient fait preuve la veille... Le matos de communication c'était une chose. Savoir se protéger au moment d'échanger les monnaies, c'était autre chose. Face à la Cinquième Colonne, ils n'étaient rien. Même les Sûls les auraient annihilé, avec les moyens qu'ils avaient, nettement moins conséquents, forcément, les Sûls avaient été un gang riche, mais on ne pouvait pas comparer le budget d'un gang avec celui de la Cinquième Colonne quoi. Il ricana et secoua la tête de gauche à droite, consterné, blasé. Il n'avait même plus envie de les insulter tellement ils lui faisaient pitié...

"Vous êtes vraiment qu'une bande de boulets... J'aurais bien aimé pas être bourré hier, je vous aurais fait sauter l'arrière-train, qu'importe que vous soyez cinq, ou bien trente..."

Coup d'oeil côté Nathan. Trente... C'est à ce nombre qu'il estimait le groupe des survivants au massacre que Belial et lui-même avaient fait la veille. Il ne savait pas si il y en avait d'autres, c'était possible. Cette organisation était merdique, mais relativement peuplée, quoique trente ça ne fasse pas énormément. Il espérait que le jeune homme ait compris le message. Surpris ou pas, attaché ou pas, malade ou pas, il avait lui aussi des responsabilités à assurer... Certes il s'était mis dans la merde et ne pouvait à l'heure actuelle pas s'en sortir tout seul, mais au maximum il devait aider ses alliés, sinon, il ne méritait simplement plus de porter ce fichu nom... ce maudit nom qui lui pourrissait l'existence. Bon, bien sûr, les autres étaient pas contents de se faire foutre de leur gueule de la sorte. Tous les regards se tournèrent sur lui pour le fusiller, mais qu'importe, à ce jeu c'était lui le meilleur, et il ne se privait pas.

"Ferme là, c'est pas pour ça qu'on t'a enlevé le bâillon...
- Remet lui, c'est une putain de grande gueule on a pas besoin de ses interventions.
- Okay."


Oups là... Aleksiz jura dans un sifflement. Il n'avait pas eu le temps d'en dire assez... Même pas le temps de révéler à Nathan l'emplacement de la planque! Un des mecs approchaient avec son bâillon... Une lueur d'urgence passa son regard, il happa celui de Nathan avec insistance, et se pressa, se foutant bien des retombées:

"Ca tonne, ça arrête pas ici, c'est la merde! Grouille toi de me sortir de là, je préfère de loin Enezis!"

"FERME LA ON T'A DIT!!"

Vlan... Il venait de se prendre un coup de il savait pas trop quoi dans le crâne, mais ça l'avait assommé méchamment, il avait manqué de se mordre la langue, sa tête tangua, ses yeux manquèrent de se révulser... Avant qu'il ne retombe, sonné, on lui plaqua un tissu contre la bouche, fermement, ça l'empêchait presque de respirer... A peine assez conscient pour ça il tenta de se débattre, détourna la tête, emmerda bien son monde mais en vain... Il était trop bien attaché, on parvint sans (trop) de mal à finir le bâillon. Hurlement rageur étouffé par le tissu, et coup de tête en arrière, là où restait le mec qui venait de l'agresser... Un cri de douleur lui parvint... Tant mieux. Il voulait leur faire mal, leur faire comprendre leur douleur... Il ne supportait tout simplement pas d'à nouveau se trouver dans cette configuration, attaché, impuissant, réduit à une pseudo-obéissance forcée qu'il n'accepterait pas... Pas cette fois. Pas encore une fois... Il ne pouvait PAS se trouver dans cette situation... Une rage indicible bouillonnait en lui, il en tremblait presque, et ses yeux laissaient transparaître cette fureur hagarde qui n'avait absolument rien d'innocent... Entre autre, voilà en quoi s'était changé, à force de temps, le récent traumatisme qui lui avait été infligé. Plus jamais il ne retomberait si bas, plus jamais il ne décevrait ses principes, c'était hors de question... Il en allait de son honneur, qu'il comptait bien retrouver.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 4:12 pm 
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Ce plan n’était pas mauvais à la base. Il n’était même pas mauvais du tout à y réfléchir, car il n’y avait guère d’autres solutions pour l’heure, si on voulait éviter au maximum les dommages collatéraux…Sauf que le jeune homme avait peut-être omis quelques détails qui, même s’il les avait passés en revue, ne lui avait pas semblé sur le coup très significatifs, en vue de la gravité de la situation. Comme par exemple, se dévoiler devant Aleksiz sous un profil très différent de celui de Nathan, l’insouciant. En même temps, comment aurait-il pu deviner que ces types lui foutraient le prisonnier directement sous le nez, sans aucune sécurité, aucun préavis ? Bah, bah, bah…Allez, ca n’avait rien de très grave. Au moins il pouvait s’assurer en live qu’Aleksiz était en vie, et en un seul morceau. Après…l’air de ce dernier ne lui facilitait pas la tâche, quant à son masque d’impassibilité. Tu m’étonnes ! Nathan, la crème de la Cinquième Colonne ? Bonjour le choc. Ne restait qu’à espérer que l’héritier des Në’Minre ne fasse pas de suppositions trop osées, mais c’était beau de rêver…Il était loin d’être stupide. Pour voir, surtout comprendre, que Nathan n’était pas ce qu’il prétendait être, là, il n’y avait qu’un petit pas à faire. Il faudrait trouver par la suite de sacrées bonnes excuses pour justifier tout ça. Et savoir aussi s’il lui dirait la vérité, ou s’il lui mentirait encore, s’il en avait l’occasion. C’était vraiment un sale moment pour s’inquiéter de ce genre de chose, et surtout, c’était égoïste. Mais dans le fond, cela lui ressemblait bien de penser d’abord à lui-même lorsqu’il était maître de lui-même et de ses émotions. Pour contrecarrer les plans des commerciaux, il faut bien leur ressembler sur certains points…

Bon, Aleksiz déconnait un peu là par contre en fait, le choc avait été peut-être pour lui plus grand que prévu. Il balançait son pseudo nom comme ça à la vue de tout le monde. Si ces types voyaient un peu plus loin que cette magouille, qu’ils étaient un peu intelligents, cette couverture là était sabotée. Nathanaël cilla, à cause d’une brève seconde, ou il manqua de tressaillir. Allez, c’était stupide de se faire des cheveux blancs avant l’âge. Il fallait écouter ce qu’on avait à lui proposer. Et…cela valait le détour. Oh oui, y mettre un peu du sien, pas vrai ? Un bref ricanement lui échappa, mais il n’eut pas l’occasion d’ouvrir la bouche : Aleksiz s’exprimait à sa place, en un parfait reflet de sa pensée, apparemment. Ces raclures allaient morfler. Même si elles obtenaient leur pognon…Bah, aux dernières nouvelles, on emmenait pas ses économies en enfer, dommage. Nathanaël ne surestimait pas les capacités de son groupe, oh non. Il allait vraiment tout faire pour les pourrir. D’eux, il ferait un exemple, pour que tous les freelances comprennent bien qu’ils n’avaient aucun intérêt à s’en prendre aux Në’Minre. Sauf s’ils étaient à la recherche d’une mort particulièrement lente. Et douloureuse. Enfin, enfin. Cette comédie avait au moins un point positif : les informations qu’il obtenait d’Aleksiz. Une trentaine d’accord. Il ne broncha pas, son visage ne s’éclaira pas à cette semi-révélation. Il fit mine de rien. Les kidnappeurs par contre…Eux avaient bien pigé ce que leur prisonnier était en train de faire : se payer leur tête. Un sifflement de mépris lui échappa, puis il lâcha ses pensées dans un soupir inaudible.


« Amateurs… »


Le regard d’Aleksiz ne lui échappa pas, mais il ne pouvait lui rendre, quand bien même il lui fournissait soudain ce qu’il désirait : sa localisation. Sur le continent. Il était sur le continent. Et ils étaient fait comme des rats. Nonchalamment, Nathanaël porta sa main à sa poche, en sortit paquet de clopes, et briquet. C’était une bonne distraction, qui l’empêchait de regarder en face son ami se faire taper dessus, bâillonner. De perdre son calme. Il happa une cigarette avec ses lèvres. Ils l’avaient fait taire mais c’était trop tard. Ayndra avait beau être grand, le monde n’était lui-même pas assez vaste pour qu’ils échappent à la Cinquième Colonne maintenant. Ils devaient le savoir, le sentir au fond d’eux même. Sinon, ils étaient vraiment insensés. Songer à ce qu’il allait leur infliger le réconfortait, le faisait se sentir soudain plus apaisé et confiant. La partie était dors et déjà gagnée. Se penchant, il actionna le briquet, et porta la flamme jusqu’à l’extrémité de sa cigarette, l’allumant tranquillement, prenant son temps. Puis, il tira une bouffée, avant de se relever les yeux vers la caméra et l’écran. Ne pas paraître trop impliqué, trop soucieux, était sûrement pour le mieux. Il ne regarda pas Aleksiz dans les yeux, bien qu’il pouvait y lire sa fureur mal contenue. Ses propres yeux le traversèrent sans presque le voir, feignant l’indifférence, traitant le jeune homme comme soudain n’importe quelle marchandise d’importance. Pour lui sauver la vie.


« Oh, c’est bon, vous avez repris la situation en main ? Bien. »


Il tapota sa clope, fit tomber un petit tas de cendres sur le sol, puis rangea son briquet dans la poche de sa veste.


« Vous parlez à la personne à qui vous avez besoin de parler. J’attends votre offre avec…impatience. Votre temps est sûrement aussi précieux que le mien. »


Il se permit un sourire carnassier. Les mots n’avaient pas franchis ses lèvres, mais les pensées étaient là. Ce n’était pas leur offre qu’il attendait non, c’était leurs têtes. Et il les aurait, pour sûr…En attendant, il fallait continuer à la jouer finement. En tournant les choses de cette manière, il ne s’était pas révélé. Son nom n’était pas éventé, et ni ces types, ni Aleksiz, ne pouvaient savoir s’il dirigeait vraiment la Cinquième Colonne. Il fallait espérer que ces débiles ne fassent pas preuve d’une curiosité mal placée. Il était en mesure de leur donner ce qu’ils voulaient, avec un peu de chance ils en profiteraient sans insister. Ou bien, ils foutraient Nathanaël vraiment en rogne. C’était trop tôt pour se dévoiler, beaucoup trop tôt, et surtout pas de cette manière. Ils allaient payer le prix fort.
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Aleksiz
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 4:14 pm 
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Aleksiz se forçait à garder conscience... Enfin. Ce n'était pas non plus qu'il était sur le point de s'évanouir, mais le coup qu'il avait reçu sur la tête l'avait tout de même sonné jusqu'à lui faire tourner sévèrement la tête... Ses yeux avaient du mal à lui fournir une image nette, ses oreilles ne lui transmettaient pas grand chose de plus qu'un amas de sons informes. Pourtant, il voulait être au fait de tout ce qui serait dit... Il voulait comprendre pourquoi Nathan se trouvait face à lui sur son 31, savoir ce que ses agresseurs comptaient faire, outre de demander une rançon... Car même si ils étaient plutôt nuls, comme gars, simplement les mépriser sans s'imaginer une seconde avoir pu faire une erreur de jugement, avoir pu les sous-estimer, aurait été une erreur stupide. Une erreur qu'il ne ferait pas, et que la Cinquième Colonne ne ferait pas non plus, il pensait bien. Mieux valait en faire trop que pas assez pour s'assurer une victoire écrasante. Bref. Il voulait être aussi actif qu'il pouvait se le permettre, tenir un autre rôle que celui du boulet de service qu'il faut à chaque fois sauver, qui fout la merde à chaque fois de par sa simple présence... Il ne savait pas si se torturer l'esprit à la recherche d'idées pourrait aider qui que ce soit en ces circonstances mais de rester inactif, ça, il n'aurait simplement pas supporté. Il se força à reprendre son calme, arrêta de se débattre inutilement, Nathan parlait... Et il ne parlait pas comme Aleksiz l'aurait attendu de lui. Plutôt, c'était comme si il était quelqu'un d'autre, chose... intrigante si il y en était. Ses yeux se plissèrent, questionneurs, ou plutôt...pas méfiants, mais presque. Il faisait confiance à la Cinquième Colonne, il faisait confiance à Nathan, mais... Il était évident que ce dernier lui avait caché des trucs quoi. La manière dont il parvenait à être quelqu'un d'autre, face à lui, la manière dont il se détachait de la situation, cette indifférence, feinte ou non, voulait tout dire. D'une manière ou d'une autre, qu'importe où était la vérité, Nathan était fichtrement bon acteur. Aleksiz s'était fait duper en un sens, il ne savait pas trop comment, mais ça ne lui faisait pas franchement plaisir. Nathan aurait pu être n'importe qui. Le chef, un second... Les doutes étaient là et dorénavant il allait falloir faire avec. Mais ce n'était pas le moment de foutre la merde entre alliés, ni le moment de pourrir la couverture de Nathan, comme il l'avait peut-être déjà à moitié fait il y avait pas une minute en prononçant son nom, par pur réflexe. Un dernier regard perçant, qui voulait bien dire ce qu'il voulait dire, dans le genre "T'inquiète on s'expliquera quand je reviendrai tu n'y couperas pas", puis il baissa les yeux, coupant ce contact dangereux. Il allait devoir faire preuve de patience. Ca ne l'empêcherait pas de réfléchir dans son coin... Mais au plus urgent, ce coup-ci. et le plus urgent, c'était d'arranger cette putain de situation, et de casser la gueule à cette bande d'abrutis.

Les kidnappeurs étaient déstabilisés, ça se sentait... Ils auraient sans doute voulu faire face au chef de la Cinquième Colonne, de manière sûre et certaine. Là des doutes résidaient... Ils avaient vu trop gros, s'étaient surestimé, c'était certain. Mais ça, on le savait déjà. Eux, c'était autre chose... Une certaine tension résidait ceci dit dans l'assemblée depuis qu'Aleksiz avait fait comprendre à demi-mots qu'ils se trouvaient à l'heure actuelle sur Ayndra. Ils avaient plusieurs posts d'émission radio sur Ayndra, certes, du genre 4 ou 5, mais comparé aux quelques 20 spots répartis ici et là à tous les coins de la planète, s'envoyant les uns les autres le signal en continu, formant une espèce de toile d'araignée ultra rapide dont il était bien compliqué de trouver la source, 4 ou 5 sources potentielles, c'était une bien pauvre sécurité quoi. Heureusement, ils avaient prévu leur coup. Ils ne se feraient as avoir si facilement, l'héritier, et la Cinquième Colonne allaient comprendre qu'on ne méprisait pas les gens si rapidement... Ils avaient un bon plan, du bon matos qu'ils avaient mis le temps à réunir. Avec ça ils n'allaient certainement pas échouer! Renvoyant son sourire carnassier à leur adversaire virtuel, l'un des hommes se décida à expliquer plus en détail comment ça allait se passer... Car il fallait bien qu'ils comprennent un truc, chez la Cinquième Colonne! C'était eux qui avaient l'otage, donc c'était eux qui décidaient du déroulement de l'affaire:

"Très bien. si il en est ainsi venons en directement aux faits. Nous voulons trois milliards en ôme, vos héritiers valent bien ça n'est-ce pas? L'échange se déroulera sur Enezis, là où vous le souhaiterez. On n'enverra qu'un seul homme. Si ça se passe mal on le saura tout de suite, et sachez que dès la fin de cette transmission, on envoie l'otage en mer. Le bateau sera bourré d'explosifs, actionnables à distance. Au moindre pet de travers on fait tout sauter, votre protégé avec, j'ose donc espérer que vous serez aussi raisonnables... Que nous comptons l'être. Lorsqu'on aura le pognon, il y aura une période de latence de douze heures, puis on vous renverra le bâteau au port. N'essayez pas de l'aborder avant que les bombes soient désamorcées vous feriez tout péter."

Sourire victorieux sur le visage de plusieurs des hommes en présence. Quant à Aleksiz, sa paupière tressauta. Raaah les cons ils arrangeaient pas les choses. Il aurait préféré qu'ils sachent pas réfléchir et qu'ils fassent ça de manière complètement bourrine, ça aurait été plus simple de leur faire payer. Là, ils avaient joué plus finement que prévu, et il allait falloir rentrer dans leur jeu. Les douze heures de latence entre l'échange et le départ du bateau leur permettrait de se disperser, de quitter Ayndra, bref... D'échapper à la sentence de la Cinquième Colonne. Restait plus qu'à foutre des mouchards d'excellence sur la rançon, et sur le mec qui l'emporterait. Ca leur permettrait potentiellement de trouver la véritable planque du groupe d'une part, et d'autre part de capturer l'un des leurs pour tenter de lui arracher les vers du nez. Si ils étaient intelligent le mec envoyé pour l'échange aurait été embauché à la va vite dans les bas quartiers d'Enezis pour une bouchée de pain et saurait pas grand chose, mais ça, c'était sa façon de faire à lui. Il espérait bien que ces abrutis n'aient pas été jusqu'à penser à ça. Maintenant qu'il y pensait lorsqu'il avait été question de rendre Eve aux commerciaux, il avait fait ça sans réfléchir lui aussi, ce qui à l'heure actuelle lui paraissait... hu étrange. A ce moment, il avait vraiment été out of the réalités... Si il avait l'occasion de revoir Eve un jour - et il avait bien l'occasion de le faire, quitte à l'enlever une seconde fois! - il faudrait cette fois qu'il pense à garder son cerveau en état de fonctionnement, plutôt que de bavouiller/rêvasser/faire n'importe quoi faute à des sentiments qu'il n'avait certes jamais expérimenté avant de tomber sur elle. Bref. Il s'égarait, sans doute faute à son cerveau qui avait du mal à ne pas partir en vrille. Un très bref regard fut accordé à Nathan. Il devait sans doute avoir lui aussi pensé aux mouchards, peut-être même à autre chose, vu qu'il était plus à même de réfléchir que lui. Aleksiz espérait juste que la Cinquième Colonne était cliente fidèle à Kheiro Narbe, trafiquant sans doute le plus doué d'Enezis, qui permettait vraiment aux gangs d'atteindre un seuil minimum de crédibilité face aux commerciaux. Sauf que pour le coup il regrettait d'avoir acheté l'exclusivité des mouchards next-gen dont il avait encore une cargaison complète cachée dans l'avant dernière planque des Sûls... Des mouchards à la portée de taré, qu'on ne pouvait brouiller à l'aide d'engins ordinaires. Et qui transmettaient l'image et le son à la perfection qui plus est. La Cinquième Colonne devait avoir d'autres moyens certes, mais là ses petites merveilles étaient tellement adaptées à la situation qu'Aleksiz regrettait tout de même de ne pas pouvoir l'ouvrir deux secondes le temps de filer l'adresse à Nathan en version énigme, et de lui faire un super cadeau, vu qu'à l'heure actuelle l'espionnage n'était plus franchement dans ses priorités... Bon allez, on avait de l'espoir. A défaut d'autre chose il commença à mordiller et tirailler aussi discrètement que possible ce fichu bâillon. Il était bien serré... Il espérait toutefois réussir à le vaincre à force d'efforts. Être forcé au silence ruinait ses nerfs déjà passablement mis à l'épreuve.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Ven Juil 18, 2008 12:14 pm 
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Est-ce que le chrono était bon ? Nathanaël s’inquiétait un peu de choses un peu moins importantes dans la situation actuelle, mais c’était un bon moyen de se détendre l’esprit et de ne pas craquer. Pas qu’il soit au bord de la panique, ou même, au bord de laisser déborder n’importe laquelle de ses émotions, juste que…Il savait qu’il y aurait des conséquences morales pour lui, avec tout ça. Et prendre du recul, voir ça avec détachement, sans feindre l’indifférence cette fois, n’était pas plus mal, peut-être. Aleksiz avait dévoilé qu’ils étaient sur Ayndra. La conversation étant entendue, et vue, par ses ingénieurs, de l’autre côté de la camera, le jeune homme espérait bien que ces derniers s’étaient mis au travail. Il avait cru comprendre que la transmission était bien sécurisée, redirigée, bref, il ne s’y connaissait pas autant qu’eux, mais qu’elle était difficile à choper. Or, savoir le continent où son ami était retenu devait ma foi diminuer considérablement le terrain de recherche. Et le temps également. Il ne savait pas combien il leur en fallait pour savoir précisément où ils étaient, en fait, il n’était même pas sûr que cela soit vraiment possible, mais rien ne coûtait de l’espérer. Si tel était le cas, la partie était gagnée, pas vrai ? Restait à faire une descente là-bas, et le tour était jouer. C’est beau de rêver. Si c’était aussi simple que cela, Nathanaël ne savait même pas comment ils auraient pu faire pour choper quelqu’un d’aussi coriace qu’Aleksiz. A moins qu’ils aient eu vraiment du bol. En même temps, il avait cru comprendre que ce dernier était rond comme une queue de pelle et en bonne compagnie quand l’attaque avait eu lieu. Ca expliquait peut-être des choses. Mieux valait des incompétents un peu chanceux que des pros très méticuleux. Sinon, ils riraient tous beaucoup moins dans l’histoire. Tiens ? Nathanaël intercepta un regard d’Aleksiz. Gloups. Il le connaissait suffisamment bien pour connaître ces yeux là. En fait, c’était facilement reconnaissable pour toute personne ayant des bonnes raisons de le faire, ce regard de type : « toi, tu perds rien pour attendre mon pote ». Nathanaël ne venait-il d’ailleurs pas de filer sa propre version de cet avertissement à ces malfrats ? L’héritier des Në’Minre sentait qu’un truc ne tournait pas rond et que visiblement il n’était pas au courant de tout. Bah, pour l’heure, ca n’était pas trop grave, qu’il soit déjà content qu’on lui sauve les fesses, hein ? Nathanaël trouverait bien plus tard de belles salades à lui raconter. Ou pas. Il valait mieux réfléchir comme ça, que de sentir son cœur se serrer de honte, à songer à quel point il lui mentait, à quel point il se jouait de lui. Aleksiz ne serait pas content en apprenant qu’il était le chef de la Cinquième Colonne. Et il le serait encore moins en sachant qu’il était aussi Eve. Cela lui donnait des sueurs froides. S’il avait su combien il pouvait l’aimer, et combien il avait peur…Ces révélations, il en était certain, allaient tout gâcher, car leurs relations avaient débutées dans le mensonge. Et maintenant, elles continuaient sur cette voie, sans espoir de retour. Il n’y aurait qu’une brisure au bout du chemin, et la vérité éclaterait. Aleksiz ne pourrait sûrement pas comprendre, et Nathanaël, sûrement pas se pardonner.

Oula, il était temps de se recentrer. Même si, en surface, rien ne laissait présager qu’il avait ce genre de questionnement, cela ne l’aidait pas à se concentrer et à être maître de la situation. Ses sentiments reprenaient le dessus, même s’ils ne se dévoilaient pas. Tss, ça n’était pas raisonnable du tout, cela.
Bon. On dirait que Nathanaël s’était un peu fourré le doigt dans l’œil, même, jusqu’au coude. Et merde, il avait commencé à les sous-estimer, c’était un mauvais plan. A vue de nez, ça avait semblé simple de les berner, de payer vite fait, de récupérer Aleksiz, et de les défoncer. Maintenant, il en était moins sûr. Le bateau bourré d’explosifs, c’était une bonne idée pour les empêcher de partir à la rescousse d’Aleksiz. Mais ça, ça n’avait jamais été le plan. Il n’avait pas été question de tenter un sauvetage casse-cou, qui aurait pu risquer la vie du jeune homme, sûrement pas. Le plan c’était de le récupérer, et de leur faire la peau. Trois milliards, c’était beaucoup, beaucoup, beaucoup, mais il était sûrement qu’en retournant les poches d’Eve et en piochant dans les caisses de la Cinquième Colonne, il trouverait sans trop de mal. La chanteuse était une couverture digne d’une poule aux œufs d’or, l’organisation n’avait jamais vraiment connu de problèmes financiers. Ca n’allait pas commencer aujourd’hui. Le truc plus chiant, c’était ce délai. Douze heures. Ca suffit largement à se faire la malle, pour de bon. Merde, ils ne pouvaient pas lui filer entre les doigts, c’était hors de question. A vue de nez, il allait d’abord falloir se procurer les meilleurs mouchards sur le marché : totalement invisibles, et détectables partout par le propriétaire. Cela lui coûterait sûrement diablement cher, mais une fois Aleksiz récupéré, ben Nathanaël comptait bien aussi récupérer la monnaie. Qui plus est, les rigolos qu’il avait en face de lui allait forcément voir la couleur du pognon, donc, il y aurait moyen de remonter jusqu’à eux, s’il trouvait l’équipement adéquat. Pareil pour le mec qu’ils envoyaient. Il suffisait de le filer un peu, le bousculer, hopla, poser le mouchard, et rouler jeunesse. Suivre l’argent c’était pas le plus dur. C’était trouver ces mecs. En fait, il savait ce qu’il fallait faire, mais pas encore comment le faire. Très simple : il fallait que ses hommes sachent déjà dans quelle planque ils étaient, au moment de la transaction. Qu’ils les filent pendant douze heures, et qu’ensuite, ils leur tombent dessus. En théorie, ca n’était pas compliqué. En pratique, cela signifiait qu’il n’avait qu’une grosse poignée d’heures pour envoyer ses meilleurs gars là-bas, trouver les planques –mais ça, il espérait que les ingénieurs étaient sur la localisation des lieux potentiels- et donc, les espionner. Ayndra, c’était pas la porte à côté. En bateau, aucune chance, ils n’avaient pas le temps. En avion par contre…Un sourire faillit apparaître sur son visage, mais il le retint avec un très léger frémissement de lèvres. Ils croyaient maitriser le truc, hein ? Qui sous-estimait l’autre, franchement…Nathanaël n’allait plus omettre ce détail dans ses calculs maintenant. Mais il pouvait les doubler et récupérer Aleksiz, pour sûr, s’il disposait d’un avion. Oh, quel hasard, il connaissait quelqu’un qui en avait un, et pourrait sûrement lui « emprunter ». Eve. A creuser, à creuser…

En apparence alors, Nathanaël était loin de se laisser démonter, d’afficher un air victorieux, ou bien, frustré, furieux. Il continuait avec cette indifférence marchande, comme s’il réglait une banale affaire, en laissant à ses acheteurs une marge plus grande que ce qu’ils méritaient. Un adulte regardant des enfants jouer dans la cour de récré. Il voulait les inquiéter, vraiment, en fait. Qu’ils ne se sentent pas en sécurité. Il ne les satisferait pas de son comportement. De nouveau, il tira une taf sur sa cigarette, en prenant son temps, laissant le silence s’étirer, quelques brefs instants, puis, reprendre la parole.

« Voyons cela…Disons, sur l’île des Plaisirs, c’est un endroit où l’on est pas trop dérangé lorsqu’on a de petites affaires à mener…Si cela vous convient, bien évidemment… »

Nouvelle bouffée, puis, il recracha la fumée lentement.

« Deux personnes, un jeune couple, disons, dans le bar lounge, celui où l’on fume ces petites choses si peu recommandables au risque de souvent se faire dévaliser…C’est à la fois plutôt tranquille, plutôt fréquenté, ca n’attire pas trop l’attention…Ah, et j’oubliais… »

Le masque ne tomba pas, il prenait juste une nouvelle forme. Nathanaël se pencha légèrement, dangereusement, vers la caméra. Cette fois, il ne regardait pas Aleksiz, il les regardait eux. Et ses yeux, son expression, avait valeur d’avertissement, quelque chose de noir et de sombre, presque effrayant. Quelque chose qu’il ressentait vraiment, et qu’il laissait entrevoir. La menace, l’épée de Damoclès, qu’ils avaient eux-mêmes placés au-dessus de leurs têtes. Sa voix avait soudain des accents plus veloutées…

« Je serais raisonnable, c’est dans mon intérêt et celui de notre protégé ici présent, les temps sont durs pour tout le monde après tout, mais…S’il vous venait à l’idée de jouer aux plus fins alors que nous sommes réglos de notre côté…souvenez vous bien que l’argent ne se dépense pas en enfer…»

Voilà, c’était dit. Il donnerait l’argent, il fallait vraiment rendre Aleksiz en échange. Mais, même s’il les menaçait de ne pas se foutre de sa gueule, il n’aurait de toutes manières aucune confiance en eux : il allait de lui-même s’assurer qu’ils n’essaient pas de le doubler. Si la moindre chose arrivait à Aleksiz, et si son plan fonctionnait, ils mourraient tous. Mais peut-être mourraient-ils de toutes manières dans tous les cas.
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Aleksiz
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MessagePosté le: Ven Juil 18, 2008 12:18 pm 
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Aleksiz continuait de mâchonner rageusement le bâillon qui entravait sa bouche... Une chance que le nœud avec lequel ils l'avaient accroché ne fut pas double! Il allait finir par arriver à se libérer, juste le temps qu'il fallait pour donner à Nathan "l'adresse" de sa cargaison de mouchards supérieurs. De ceux là, on en trouvait pas sur le marché "normal", et ça irait plus vite de leur filer la caisse pleine plutôt que de les laisser parlementer avec Kheiro Narbe, quand bien même il avait dorénavant peut-être créé une version encore plus évoluée du bidule. D'ailleurs, pourquoi n'avaient-ils pas fait un double-nœud à ce fichu bâillon..? Ca l'arrangeait, mais c'était encore une imprudence de leur part qui signalait leur incompétence latente. Tss...Un coup ils montaient un plan tordu qui si il n'était pas infaillible, restait particulièrement chiant à contourner. Un autre ils arrivaient encore à faire ce genre d'erreurs débiles... Ils auraient pourtant du comprendre qu'Aleksiz avait de l'énergie à revendre, et qu'il n'appréciait pas spécialement de se la fermer, surtout quand il avait plein de trucs à dire... Il continuait d'écouter ce qui se racontait, même si c'était un peu chaud de gérer et sa tentative de libération partielle, et la dite écoute, au possible accompagnée d'une réflexion intelligente.

Si ça continuait comme ça, ces gars allaient finir par faire dans leur froc... Forts de leur nombre - pourtant pas grandement élevé - et de leur super plan de la mort qui tue, ils étaient encore assez confiants pour faire bonne figure mais, et ça se voyait, l'impassibilité de leur interlocuteur n'était pas pour les rassurer. Ca sentait le coup fourré. Ca sentait pas bon du tout... Ou alors peut-être la Cinquième Colonne se fichait-elle royalement de débourser trois simples "petits" milliards pour récupérer sa super mascotte rousse et râleuse, c'était à voir. L'échange se déroulerait donc sur Lynra... Rien d'étonnant. C'était un des endroits les plus propices à ce type de trucs, ainsi que le soulignait Nathan. N'ayant rien de spécial à redire, l'ensemble de la troupe de kidnappeurs, calmé, resta silencieux. Des regards noirs de méfiance étaient braqués sur l'écran présentant l'image intangible de Nathan. Une seule paire d'yeux, turquoise, faisait exception à cette nuée perçante pointée avec défiance sur "l'intermédiaire" de la Cinquième Colonne, qu'il soit le chef ou non. Aleksiz déterminé espérait que Nathan entendrait ses prières silencieuses... Il ne voulait pas qu'un seul de ses abrutis puisse profiter du pognon qu'ils allaient toucher... Il voulait les voir tous crever, tous autant qu'ils étaient. Ils avaient réussi à l'énerver, le frustrer, le vexer, l'humilier pour la énième fois. Ils avaient qui plus est eu l'initiative plutôt effrontée de l'emmener sur Ayndra, connaissant SANS AUCUN DOUTE ses quelques problèmes de phénotype. Pour l'instant aucun n'avait eu de geste osé à son égard, mais vwala quoi. Il voulait qu'ils regrettent cet enlèvement, qu'ils le paient de leur vie. Pas de pitié. Qu'ils crèvent tous... Il se régalerait de ce bain de sang, parce qu'il en avait un peu marre d'être dans la situation inverse.

Il eut bientôt l'occasion de se rendre compte qu'il devait être sur la même longueur d'onde que Nathan, ce tandis que ce dernier se penchait en avant, et menaçait sans ménagement la bande de cons qui l'entourait... Sans aucun doute Aleksiz n'allait-il pas être déçu. Un sourire méchant, presque sanguinaire, s'esquissa sous le tissu qui le cachait. Réglos ou pas dès qu'il serait libre il allait faire forcing pour les finir, c'était certain, et il était certain que ça n'allait pas déranger grand monde... Et il avait double raison d'être content: le bâillon était en train de céder sous les assauts de ses dents, et comme tous étaient concentré sur la discussion, pour certains présentant des faciès nettement moins confiants qu'auparavant, personne n'avait fait gaffe au fait que le dit tissu présente une tête nettement plus relâchée qu'il ne l'aurait du. La plus grande gueule du groupe, et sans doute le plus téméraire, répondit quasi instantanément. Il ne fallait pas laisser penser qu'ils aient pu avoir pour idée de jouer dangereusement et de ne pas accomplir leur part du marché, hm? D'autant que cela n'avait jamais été le cas. Ils n'en voulaient pas à la vie de leur prisonnier. Ils n'aimaient pas les commerciaux, puis c'était encore plus risqué de faire affaire avec eux, alors une seule rançon leur suffirait.

"Si vous êtes raisonnables, nous n'aurons aucune raison de ne pas l'être. Filez nous la rançon et respectez nos exigences, et vous récupérerez votre prince entier, dans moins de 48 heures... Mais veillez à ce qu'aucun truc suspect ne nous parvienne avant que le bateau revienne au port, si vous voyez ce que je veux dire... La curiosité pourrait avoir tendance à nous donner des démangeaisons, il serait trop bête d'appuyer sur le bouton rouge par inadvertance, hm..?"

Bribe de sourire. La Cinquième Colonne ne risquerait certainement pas la vie d'Aleksiz Në'Minre pour des bêtises du type "on va pas laisser passer ça". A leur idée du moins. Enfin. Changement de sujet imprévu, un peu trop soudain. Une voix qui n'aurait pas du s'élever fit sursauter l'ensemble de l'assemblée.

Aleksiz sentait les dernières forces du bout de tissu entravant sa parole s'éteindre, jusqu'à rendre l'âme pour de bon. Parfait! Entre temps il avait réfléchi à ce qu'il allait raconter, pour que Nathan comprenne. Bien heureusement concernant la planque des mouchards il y avait des trucs que seul eux deux connaissaient... Ca allait laisser les autres perplexes. Il espérait juste que Nathan aurait l'esprit assez vif pour comprendre où il voulait en venir. Il secoua la tête, cracha le bâillon. Ouf! C'était mieux comme ça! Allez, il n'avait que très peu de temps:

"Le quinte flush et la robe rouge, sous la table, à trois pieds, j'ai laissé un truc qui me servira plus à rien pour l'instant..!"

La table avait quatre pieds, pas trois. Nathan s'en souviendrait-il? T'façon dans l'ancienne planque y avait plus de table. "Trois pieds", ça ne pouvait être qu'une altitude ou bien... Une profondeur. Le pactole était sous terre, à un endroit facile pour lui à retrouver, donc exactement sous l'emplacement de la table basse de la salle commune. Il n'avait pas emmené sa cargaison de mouchard avec lui parce que la planque où les Sûls s'étaient fait tous tuer était censée être très provisoire, il avait du donner l'asile à quelques uns de ses alliés qui n'étaient pas du gang, durant quelques temps, et vu le prix et le caractère "top-secret" des bestiaux, il avait préféré ne pas risquer de faire s'éventer l'info, au sujet de leur existence, du fait qu'il les possédait, et tout, et tout. Bref. Ca avait été avisé car dorénavant c'était tout ce qu'il lui restait du gang. Le reste avait été pillé... Bien entendu on lui sautait déjà dessus pour le faire taire, l'agitation était à son comble, l'un mit une main sur sa bouche tandis que l'autre récupérait le bâillon par terre.

"MAIS QU'IL LA FERME!! Qu'est-ce qu'il raconte??!"

Les regards fusaient entre Nathan et lui-même... Merde! Il avait pas fini, il avait un dernier truc à dire! Bon, ok, il allait encore imiter Eve tiens: il détourna violemment la tête, et parvint à happer avec ses dents la main qui cherchait à barrer une nouvelle fois son visage. Il y eut un cri de douleur, il en profita donc pour...

"Riv, dites lui q... fmmbl!! HMM!"

Et merde... L'autre avait été vif, voilà que sa bouche était de nouveau coupée en deux par le tissu, il étouffait presque! On lui fit un beau double nœud ce coup-ci, ça lui sciait la tête... Et paf on lui fila un nouveau coup dans la gueule, assez fort pour qu'il se retrouve une nouvelle fois sonné bien comme il faut. Ses muscles lâchèrent, sa tête retomba... Il força cela dit pour la tourner en direction de l'image de Nathan. Putain de merde... Il pensait bien s'en sortir sans trop de mal, mais dans le doute, il aurait vraiment voulu pouvoir voir son frère, lui parler un coup... Même si concrètement ils n'étaient pas proches, le temps les ayant gravement séparé, ainsi que les événements, il n'en était pas moins qu'il était à ses yeux l'une des choses les plus importantes qui lui restaient, sa seule famille... Entre eux existait un lien qu'aucun commercial ne pourrait briser, même si ils en venaient à se haïr cordialement comme au tout début. C'était pour Riv qu'il avait continué de vivre quand il n'avait plus aucune raison de le faire assez forte pour vaincre son envie de disparaître. Ca le répugnait d'être séparé de lui par ce putain d'océan, maintenant. Il soupira rageusement, frustré. Il ne pourrait sans doute pas faire grand chose de plus que d'attendre. La communication était bientôt achevée.

"Nous vous attendrons ce soir même, sur Lynra donc, au dit endroit. Vers 23h45. Est-ce que tout est réglé?"

A leur idée, oui. Restait à voir si la Cinquième Colonne avait quelque chose à rajouter.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Dim Juil 20, 2008 9:50 pm 
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Son plan se formait, petit à petit, dans sa tête. Il prenait son temps pour y réfléchir, n’omettre aucun détail qui pourrait s’avérer important par la suite. La situation devait être prise en main, le plus parfaitement possible. S’il se débrouillait bien, Nathanaël savait que c’était gagné d’avance. Il disposait de moyens nettement supérieurs à cette bande de malfrats sans foi ni loi, et sûrement, sans beaucoup d’argent. Quoique…Ils avaient quand même à leur disposition une technologie relativement avancée, et qui mettait son équipe en échec assez longtemps pour masquer l’origine du signal. Un tel matériel nécessitait des dépenses, et pas des moindres. Et également donc, une commande. Puis, une livraison. A moins d’être des As au point de construire eux-mêmes leurs propres machines et systèmes, ils avaient dû s’adresser à compétents. Et moyennant quelques pots de vin, les fournisseurs ne sont pas si difficiles à faire parler…Le matos demandé avait bien dû être acheminé quelque part sur Ayndra. Cela pouvait d’autant plus réduire le territoire de recherches, à quelques locations. C’était bien parti. C’était même très bien parti, sans l’ombre d’un doute. Ils avaient eu tord de se croire plus malins que la Cinquième Colonne, que lui. Et encore, il n’en avait pas parlé à Adriel, la tête pensante de la bande. Lui aussi aurait sans aucun doute de brillantes idées pour leur mettre le grappin dessus. Nathanaël se réservait quant à lui le choix des sentences…S’ils faisaient des prisonniers. Qui sait. On peut toujours s’amuser après la fête…Quoique, il n’était pas du genre sadique. Enfin, pas souvent. Parfois, les occasions, les humeurs font, que…Après tout, il avait bien torturé à mort son violeur, avant de le tuer, et de laisser là sa dépouille comme un sac de viande sans fraîcheur. Et il n’avait pas regretté. Ou pas trop, du moins. Cela arrivait, au plus noir des nuits où le poids de ses responsabilités lui semblait trop lourd, le prix à payer, trop élevé. Depuis quelques temps, cela se produisait plus fréquemment. Depuis qu’il avait rencontré Aleksiz en réalité, et appris à l’aimer. C’était vraiment stupide d’être aussi sentimentaliste. Cela lui ferait faire des erreurs, il le savait. D’ailleurs, il en avait déjà fait. Il aurait dû commencer à se méfier, et mettre tout ceci de côté. Mais il en était incapable.

Trêve de billevesées. C’était quoi, cette manie de faire de l’introspection en pleine négociation ? Du Nathanaël tout craché, jamais à s’occuper de l’instant présent, seulement de l’après, ou de l’avant. Il tapota de l’index sur sa cigarette, et en fit tomber la cendre. Fumer ne le calmait guère. Etre aussi bon acteur était vraiment un don du ciel. Malgré tout, l’endurance a ses limites, et il finirait par les franchir, parce que ses nerfs souffraient, l’air de rien, mais tout de même, lentement. Au moins, ses menaces avaient fait leur effet : ils blanchissaient, ces sales types. Qu’ils dorment mal, se fassent du mouron ouais. Ils avaient bien raison. C’est jamais une bonne idée, de foutre un coup de pied dans la fourmilière…Restait toujours un ou deux abrutis pour le contredire et faire le fort en gueule. Celui-là, il se le réservait. Surtout vu les conneries qu’il débitait. Obawi, la Cinquième Colonne allait rester très sage. Ils ne feraient rien de suspect. Ne seraient pas curieux. Et mon cul, c’est du poulet ? Imbéciles. Qu’ils continuent à se bercer de leurs illusions, et s’étranglent avec, si possible ! Sans prendre de risques, on n’arrivait à rien. Nathanaël prendrait celui d’envoyer ses meilleurs hommes là-bas. Et s’ils échouaient, si Aleksiz venait à être tué…Toutes leurs têtes sauteraient, ils le savaient. Ou s’ils ne le savaient pas, et bien, il allait le leur dire, et très clairement. Ce genre d’échec ne serait pas toléré. De la part de personne. On pouvait bien se plaindre de la cruauté des commerciaux, et les haïr. Mais pour pouvoir être à leur hauteur, dans ce combat titanesque, il fallait, sur certains points, être comme eux. Savoir être cruel et intransigeant. Nathanaël avait bien appris sa leçon, celle de la vengeance, assoiffée de sang. Il avait laissé un sourire fin sur son visage, presque un rictus, et s’apprêtait à répondre. Sauf qu’une voix inattendue s’était soudain élevée, et lui-même avait soudain montré des signes de perplexité, de surprise ? Aleksiz ? Ses yeux se tournèrent vers lui, qui avait mis à bas son bâillon. Tu m’étonnes…Mais qu’est ce qu’il racontait, là ?

L’incompréhension le saisit, l’espace d’un instant. Gné ? Avait-il bien entendu ? Il l’observa, interdit, pendant une fraction de secondes. Les faits qu’il évoquait était clair, le message, nettement moins. Robe rouge, quinte flush, table…Aleksiz croyait qu’il était Nathan, et ils avaient joué aux cartes, n’est ce pas ? Oui, il s’en souvenait. Leur première rencontre. Son cerveau fonctionnait à toute vitesse pour saisir le sens de ses paroles, si bien que la soudaine lutte qui se déroulait devant lui était presque secondaire, presque effacée par ses pensées qui tournoyaient. Le jeune homme lui parlait sans l’ombre d’un doute d’un emplacement. Qui plus est, sous la table dans le QG où ils s’étaient vus. Mais pourquoi lui dire ceci, maintenant ? Et qu’y avait-il là-bas ? Intrigué, Nathanaël l’était. Il se reprit vite toutefois. Inutile de donner trop de marge à ces idiots, ou, des raisons de renforcer leur sécurité. Faire comme si de rien n’était. C’était peut-être un peu tard, mais tant pis, les dés étaient jetés. Nathanaël se rendrait dans l’heure au lieu dit, car cela avait sans nul doute un rapport avec leur affaire ici présente. Ou en tous cas, il l’espérait. Sinon, Aleksiz lui ferait perdre un temps précieux. Mais ce n’était pas dans son genre, ni dans son intérêt. Humpf, si seulement ils avaient pu parler sans trop se cacher, si seulement ces mecs étaient un peu plus cons qu’ils ne l’étaient déjà ! Mais, bref. Il savait qu’Aleksiz partageait sa frustration, sa colère, c’était visible. Quant à Rivëndal…Nathanaël ne savait pas ce que son frère aurait voulu lui dire, mais il prévoyait la réaction violente de celui-ci, peut-être, inconsidérée. En tous cas, il s’efforcerait de le convaincre qu’il faisait tout pour sauver son aîné, et c’était bien là la stricte verité. Il ne s’en remettrait sinon pas. Et sûrement ne serait-il pas le seul…Putain, il détestait ça. Une fois Aleksiz rentré, il ne le lâcherait plus d’une semelle, de peur qu’un évènement similaire se reproduise !

Lynra, 23H45. La matinée n’était pas encore trop avancée, c’était jouable, même s’il avait du boulot devant lui. Après cette transmission déjà, faire réunir immédiatement un commando. Pour l’avion, il pensait qu’Eve pourrait demander de l’aide à sa doublure, Eryn, qui accepterait sûrement, moyennement finance, de simuler une excentricité de la chanteuse, en s’envolant vers Ayndra dans l’heure, laissant ainsi, penserait-elle, la jeune star totalement libre de ses mouvements sur Enezis, car pseudo sur le continent…Nathanaël se réservait le droit de choisir l’équipage avec soin, justement…Après, embarquement des hommes, départ, arrivée. Il espérait que les spots seraient dénichés d’ici là. Pendant ce temps, il irait à la planque indiquée par Aleksiz, et trouverait l’argent pour ce soir, en prévenant les deux concernés qu’il avait envisagé. Beaucoup de choses à faire. S’il ne lambinait pas, et il n’en avait pas l’intention, ce serait faisable. Le reste dépendrait de la vivacité de ses hommes, de l’intelligence de ses ingénieurs…Et d’autres choses dans ce goût là. Tout allait bien se passer. Il allait leur faire la peau. Il fallait s’en convaincre. Enfin, il termina sa cigarette, et la lâchant, alla l’écraser sous son talon pour l’éteindre. De nouveau, il s’adressa à eux, d’une voix trainante, calme, et pas du tout angoissée, presque à peine intéressée. Son visage avait pris une expression presque ennuyée.

« « Oh, et bien, si tout est bien clair pour chacun de nous, cela doit être réglé, en effet…Hmm… »

Nathanaël laissa un rictus moqueur apparaître au coin de ses lèvres, et se redressant légèrement, avec un soupir contrit, balaya ses cheveux d’une main légère.

« « Enfin ! A condition qu’il ne vous file pas entre les doigts d’ici là, et que vous arrêtiez de lui esquinter la figure et la cervelle, je ne paie pas pour les dommages collatéraux… »

Un ricanement, bref. Un regard dangereux, puis plus rien. C’était à eux de conclure, s’ils voulaient conclure, et de couper. Le temps, il était pour l’instant dans son camps, pas dans le leur…
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Dernière édition par Nathanaël le Dim Juil 20, 2008 9:54 pm; édité 1 fois
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Aleksiz
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MessagePosté le: Dim Juil 20, 2008 9:52 pm 
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Aleksiz ne trouverait sans doute plus le courage de riposter... De toutes les manières le plus important était dit. Son frère, il le reverrait sans doute bien assez tôt pour se faire insulter de tous les noms, et se faire taper dessus faute à sa bourde alcoolisée magistrale, qui lui avait valu ce foutu enlèvement. Tss... Il gérait pas. Il ne pouvait absolument pas se permettre de se laisser mettre en danger de la sorte, même seul contre cent. La prochaine fois, il lui faudrait être plus prudent... Encore plus prudent. Ca ne lui plaisait guère, voire ça le répugnait, mais ce n'était pas comme si il n'avait eu qu'un nombre restreint d'ennemis, possédant quelques restreints moyens, et quelques restreintes motivations. Ce n'était pas pas comme si il avait eu son gang comme sécurité. Nan... Tout ça c'était fini, ça ne serait plus jamais si simple. Une idée cela dit commençait à prendre forme dans sa tête, une idée qui lui permettrait de se reprendre en mains, et d'arrêter de risquer sa vie dès qu'il se baladerait à plus de trois mètres du QG de la Cinquième Colonne... Une idée ambitieuse, qui saurait lier son passé gangster avec la tournure actuelle que les choses avaient prise, pour lui. Il y réfléchirait durant les heures sombres qu'il allait bientôt passer dans la cale de ce fichu navire. Il crevait la dalle, mais vraisemblablement il allait devoir attendre un moment avant d'avoir l'occasion d'enfoncer ses dents dans la moindre miette de nourriture. A moins que ces imbéciles aient prévu de lui laisser un mini-temps de récupération entre la fin de la transmission, et son retour sur le navire piégé. Mais il ne rêvait pas trop. Il avait hâte d'être demain tiens... Même si il n'était pas soulagé au point de se sentir dors et déjà sauvé. Nan nan... Pas folle la guêpe. Un problème était vite arrivé. Puis leur idée du bateau piégé... Gloups. Elle lui restait au travers de la gorge. Il savait pas nager, et il avait une frousse bleue de l'océan. Il allait stresser durant tout le temps qu'il resterait sur ce fichu navire, c'était net... Si ils décidaient de le faire sauter, il espérait se faire griller la tronche dans l'explosion plutôt que de finir sa vie au fond de l'eau en se noyant en compagnie des bestioles, parce que ça franchement... C'était un truc qui tenait du cauchemar, à son goût. Bref. Trêve de tout cela. Si il n'était pas sauvé, il n'était pas mort non plus... Et il ne comptait pas crever si facilement! Il allait ancrer le visage de Nathan dans sa tête, tant qu'il l'avait à l'écran... D'une manière ou d'une autre, il avait comme l'impression que cette vision allait l'aider à se sentir mieux durant toutes ces heures de galère qui l'attendaient, quand bien même Nathan avait un drôle d'air, dans son costume, les cheveux coiffés de la sorte... Fin bon. Il ne le quitta pas des yeux, jusqu'au bout. Des yeux dans lesquels brûlaient cette détermination qu'il avait fini par retrouver, et qu'il ne lâcherait plus de si tôt. Des yeux qui étaient un peu en train de dire "merde pas, sinon je te bute" aussi... Mais ça c'était juste accessoire. Le silence s'était fait à la déclaration de Nathan. Les autres tout autour avaient entendu les menaces, et n'étaient décidément pas bien rassurés... Mais puisque plus rien de spécial n'était à rajouter, il était temps de couper, et de se préparer... Après avoir fait style de retrouver la face, au passage. La grande gueule du groupe, qui s'exprimait pour tous les autres, l'ouvrit une nouvelle fois, pour pas grand chose bien évidemment:

"Occupez vous de ce qui vous concerne, et nous nous occuperons de ce qui nous concerne. Vous le récupérerez entier si vous respectez nos règles."

Entier, entier... Tant mieux ça lui faisait plaisir de savoir qu'il n'allait pas finir en morceaux, et recouvert d'hématomes plus énormes les uns que les autres, mais ils avaient intérêts à arrêter de le frapper à la moindre contrariété si ils voulaient vraiment le rendre entier à la Cinquième Colonne, parce que là c'était mal parti... Faim, bobo tête, soif, tout le reste... Il sentait même une nausée commencer à monter depuis son estomac maltraité jusqu'à sa gorge. Il se permit un ricanement moqueur, et un regard bien mordant sur le pseudo chef du groupe, qui le lui rendit. Mais personne n'osa le frapper ce coup-ci. Chouette alors! Il pouvait encore se foutre de leur gueule. Il se reconcentra sur Nathan... C'était terminé.

"En attendant, notre représentant vous attendra ce soir à l'endroit donné. Tâchez de ne pas être en retard, et... N'oubliez pas que sa vie est entre nos mains, et qu'il sera rapide de la lui ôter en cas de besoin."

Bah tiens... Qu'ils aillent pas trop vite à le tuer tout de même sinon ils pourraient toujours essayer de toucher leurs trois milliards en dédommagement, au paradis... Ou en enfer. Qui en ce monde pouvait encore se targuer de mériter le paradis? Plus grand monde. Ca devait être désert là en haut, tandis qu'aux enfers on devait se sentir comme dans une boîte à sardine surchauffée. Ils laissèrent à peine à Nathan le temps de répondre si il le souhaitait, et coupèrent court à cet échange. L'image à l'écran grésilla, puis disparut dans un flash blanc qui l'obligea à cligner des yeux... Du côté de ses ravisseurs, ça balisait sec visiblement:

"... Je suis pas sûr que ça soit une bonne idée en fin de compte
- Qu'est-ce que tu racontes? Qu'est-ce que tu veux qu'ils fassent? Ils sont coincés! C'est pas le moment de se dégonfler, on va bientôt toucher le pactole!
- Je le sens pas...
- C'est sûr qu'il va falloir faire gaffe, mais en douze heures on a largement le temps de se disperser! Après suffira d'être discrets..."


Aleksiz aurait bien sourit doucement si il n'avait pas eu la bouche quelque peu entravée par le bout de tissu qu'il se payait entre les dents. Ils ne savaient vraiment pas ce qui les attendaient... Ils s'étaient eux même destinés à des emmerdes à long terme, et dorénavant ils allaient devoir faire avec, jusqu'à ce que mort s'ensuive ou pas. Bien fait! Enfin bon... Ils avaient fini d'échanger leurs doutes et leurs angoisses, et de nouveau, Aleksiz se trouvait refourgué sur l'épaule d'un des abrutis en présence. On le trimballa à travers la plaine jusqu'à retourner au bateau, lequel avait entre temps été chargé d'une cargaison qu'il aurait nettement préféré éviter de côtoyer de trop près... Bon. Ben c'était mort pour "l'instant de répit". Au mieux quelqu'un à l'intérieur du navire, viendrait éviter qu'il ne meure de faim ou de déshydratation dans les vingt-quatre heures. Bam. On ne tarda pas à lui faire manger le sol de son fond de cale adoré, puis à quitter le navire, pour s'occuper de sécuriser la planque, et de préparer la fuite. Aleksiz espérait juste que Nathan avait pigé le message qu'il avait tenté de lui faire passer, même si il avait du cacher ça sous une espèce de charabia difficilement compréhensible. Il soupira, et ferma les yeux. C'était parti... La structure flottante semblait se mettre en mouvement, et allait bientôt gagner la pleine mer. Peut-être aurait-il du compter les moutons, dormir lui aurait évité de penser aux mètres d'eau qui le séparaient du fond... Pff. Quelque part, cette situation le blasait.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Mar Juil 22, 2008 7:05 pm 
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Il n'avait rien à répondre à tout ça. Il n'y avait rien à redire, il avait fait son speach. Et la grande gueule ne l'impressionnait pas. En fait, ce qu'elle disait ne lui faisait carrément ni chaud, ni froid. "Blablabla, mefiez-vous, sinon on le tuera". Tu parles. Des clopinettes. Ils n'oseraient pas, ils étaient vraiment trop dans la merde pour ça. Ces types devaient prier tous les saints et les dieux pour que leur transaction se déroule bien. Parce que s'ils tuaient Aleksiz Në'Minre bah, ils creusaient leur propre tombe, les gros malins. Ils savaient à qui ils s'attaquaient, ou bien étaient totalement idiots. Si ça tournait mal pour l'otage, la Cinquième Colonne prendrait sans aucun doute le temps de leur tomber dessus, aussi dispersés soient-ils, et leur ferait la peau, un par un, tranquillement, sans se presser. Nathanaël encra la vision d'Aleksiz, ligoté sur sa chaise, amoché mais furieux, profondément dans son esprit. Il n'oublierait pas, quoi qu'il arrive. Il le sortirait de là, et exaucerait le souhait visible au fond de son regard: il les buterait tous, pour le venger. Ce serait peut-être long, ce serait peut-être corsé, mais il y prendrait un plaisir tout particulier. Son dernier geste fut un signe approbateur du chef, uniquement adressé au jeune homme, qui, il l'esperait, comprendrait là qu'il avait bien saisi le message transmis à demi-mot, et qu'il s'occuperait de tout, et de tout le monde. Sans omettre personne.

La transmission se termina, abruptement. Le masque tomba, et Nathanaël releva la tête, hagard, comme tout droit sorti d'un rêve. Une petite voix au fond de son esprit, pernicieuse et mauvaise, lui soufflait que c'était peut-être la dernière fois qu'il avait vu Aleksiz. Que l'héritier mourrait en ayant été abusé par tous, même les gens dans son camps, et surtout par lui-même. Qu'il aurait été utilisé comme un vulgaire pion, et serait mort en le restant. Il chassa cette voix, le coeur serré d'une angoisse terrible, malgré tous les efforts qu'il faisait pour l'en chasser. Que cela tourne mal, c'était une possibilité envisageable. Est ce qu'il était vraiment prêt à prendre ce risque? A jouer avec la vie d'Aleksiz parce que son orgueil démesuré ne lui permettait pas de supporter d'avoir été rouler? La réponse était oui, car l'aîné des Në'Minre lui-même ne tolérerait pas cela. Alors il n'y avait guère d'autre choix. Il montrerait qu'on ne se foutait pas de la Cinquième Colonne comme ça. Leur mission était autrement plus importante, et leur temps autrement plus précieux, que ce genre de distraction néfaste et destructrice. Il se releva, un peu vite, et un instant, vacilla. Merde...Cette histoire l'affectait émotionnellement plus qu'il ne l'aurait voulu. Beaucoup plus que ce qu'il aurait permi chez l'un de ses hommes. Les sentiments ne devaient pas être un frein à leurs agissements. Il était le premier à faire fi de cette règle...Il inspira à fond, et se reprit. Ca n'était pas digne de lui, et pas gérable du tout. D'un pas sûr, il contourna écran et caméra, pour rejoindre ses ingénieurs. Vu leurs airs nerveux, et la vitesse à laquelle leurs doigts dansaient sur les claviers, ils devaient bosser sec. Ils avaient parfaitement entendu que le temps leur était compté, et savaient pertinemment que le patron ne souffrirait pas leur echec. Mais Nathanaël n'avait pas le temps de rester là, à tourner en rond.

"Je suis dehors, prevenez quand vous avez trouvé. Grouillez."

S'avançant, il attrapa la porte, et la claqua derrière lui. Enezis lui semblait plus morne et dégueulasse que jamais. La planque hyper sophistiquée se trouvait tout en haut d'un immeuble, dans une genre de serre, qui ne servait pas du tout aux plantations, en fait. De là, le garçon avait une vue imprenable sur l'ensemble de la ville. Sa pollution, ses bâtiments délabrés, ses habitants. Chienne de vie. Monde pourrie. Il retira sa veste, et la jeta sèchement au sol, pour aller s'asseoir sur la rembarde séparant le bâtiment, du vide. Il s'installa bien, histoire de ne pas se tauler des dizaines de mètres plus bas à cause d'un trop fort coup de vent. Ca aurait été con. Très con. Il déboutonna un peu plus sa chemise d'un rouge sanguin, et s'ébouriffa les cheveux d'un geste agaçé de la main. Il avait besoin de redevenir lui-même, d'expulser sa frustration, sa peur. Mais l'heure n'était guère adéquate. Il avait trop à faire...Farfouillant dans ses poches, il en ressortit un petit téléphone portable violine, le dernier modèle de sa gamme, le plus sophistiqué, fashion et cher qui soit. Puis, il devient elle.

Et Eve était aussi angoissée que Nathanaël par la situation d'Aleksiz, voire plus. Mais elle avait une responsabilité d'autant plus importante dans son possible sauvetage. D'une pression du pouce, elle ouvrit le clapet de son portable, composa un numéro qu'elle avait mémoriser pour toujours l'avoir en cas de besoin, et ammena l'appareil jusqu'à son oreille. Une sonnerie, deux sonneries...bingo.

"Allo Eryn? C'est Eve!...Impeccable, et toi?...Tu veux bien me rendre un service? Voilà...j'aimerais prendre ma soirée et la journée de demain mais! Tu sais comment ils sont, ils ne me fichent jamais la paix...Si je te prête mon jet, tu veux bien te rendre sur Ayndra et faire comme si j'y étais quoi?...Bah, tu descend dans le premier motel qui passe, et ça ira. Ca fera une nouvelle excentricité, et moi, je pourrais me balader un peu tranquillement! Tu veux bien alors...Ah merci, tu me sauves la vie! Je t'envoie le jet dans l'aeroport privé, dans une heure, d'accord?...Oui, je m'occupe de l'équipage, je sais qui prendre! T'inquiete pas. Bon bah, a tout a l'heure alors, et merci je te revaudrais ça!"

Elle raccrocha. Une bonne chose de faite. Eryn était sa doublure quasi parfaite, avec un caractère très proche du personnage d'Eve. Normalement, l'effet serait total. Peu importait qu'on voit la chanteuse à Ayndra, l'important était que l'avion puisse transporter ses hommes. Rapidement. Il leur suffirait de se faire passer pour des steward, des passagers, ou n'importe quoi d'autre, elle s'en moquait, mais de foncer là-bas, au plus vite. Elle redevint Il, et il rangea le téléphone portable, pour en sortir un second, d'un rouge vif, et composa un nouveau numéro avec dexterité, empressement, et un peu d'impatience, peut-être...

"Josef? Oui. Réunit une équipe, une trentaine d'hommes, les meilleurs que tu as. Oui, pour traquer ces types-là. Vous prenez l'avion dans une heure et demi. Eve va sur le continent, je connais la compagnie qui gère son jet, on fera l'échange entre les hommes d'equipage, et vous. Je t'envoie le plan avec les différents endroits où vous rendre dès que je l'ai. Il y a quatre ou cinq spots. Je veux que vous trouviez où était retenu Aleksiz, sans vous montrer. Tous les hommes qui en sortent, vous les suivez sans vous faire voir. C'est capital, tu piges? Pas d'accroc, rien. Vous les foutez tous en filature et...disons, à midi, demain, vous leur tombez dessus, et vous les buter. Faites quelques prisonniers si ça vous chante, sinon, descendez les purement et simplement. Rappelle moi quand vous êtes dans l'avion."

Il raccrocha de nouveau, et composa un autre numéro de téléphone.
Pas de temps à perdre, plus vite tout le monde serait prévénu et à son poste, mieux cela irait...

"Gretel? On a la demande de rançon, elle est de 3 milliards. Fais comme je t'ai dit donc. Transfert là, et prend Andrew avec toi pour s'assurer que personne ne pique le magot. Le rendez-vous est au bar lounge de l'île des Plaisirs, à 23H45. Y'aura un seul mec. Voilà, vous lui filez, et il se barre, je gère le reste. Rappelle moi une fois que tu as la somme."

Clic. Bien. Nathanaël ramassa sa veste, et se relevant, se dirigea vers l'escalier pour descendre. Maintenant, il allait retourner à l'ancienne planque des Libhe Sûl. Il avait quelque chose à y découvrir.
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Aleksiz
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MessagePosté le: Sam Juil 26, 2008 12:43 pm 
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Depuis combien de temps attendait-il? Il faisait sombre dans cette cale... La lumière du jour ne filtrait par aucune ouverture, et Aleksiz avait perdu la notion du temps... Il respirait difficilement. Fébrilement. Yeux fermés, il attendait que ce foutu bateau veuille bien démarrer... Une personne un tant soi peu intelligente avait du se rendre compte qu'il allait finir par crever de déshydratation, parce qu'il y avait quelques heures on était venu le nourrir, lui donner à boire, on lui avait permis quelques secondes d'intimité et de répit, qu'il avait semi-passé à trouver une issue... Il n'en avait pas trouvé. Sa fierté devrait attendre un peu avant d'être sauvée... C'était pas maintenant qu'il ferait un détournement de navire en solo. Puis bon... Dès qu'il avait repensé aux explosifs, il s'était rendu compte que pour l'instant il faisait mieux de garder profil bas. On l'avait rattaché. Avec des cordes cette fois, histoire de reposer ses poignets meurtris par l'étau des menottes qui le tenaient depuis la veille. Ce très éphémère et très restreint confort n'avait été que peu. De nouveau il se sentait comme un sac de chair endolorie... Le manque de sommeil et la sous-alimentation le mettaient complètement KO. Mieux valait garder ses yeux fermés... On devait bien être en pleine nuit, non..? Voire en fin de nuit... Peut-être... Son cerveau était en coton... Il n'entendait plus rien... Autant dormir tant que rien n'arrivait de nouveau... Le noir. Un peu d'espoir, un peu d'anxiété, beaucoup de colère. On lui paierait tout ça au centuple... Cette seule idée attisait les flammes d'une détermination qu'il gardait pour plus tard. Actuellement il devait prendre sur lui.

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Il y eut une secousse, un grondement sourd, le rugissement grave du métal qui crissait, geignait, se mettait paresseusement en mouvement, râlant après sa propre inertie. Aleksiz fut projeté en avant, et se mangea de ce fait le sol. Chouette. Un réveil en beauté... Il avait un mal de crâne infernal, et se retrouver le nez par terre, dans la poussière collante, grasse, contre toute cette crasse fétide, n'arrangeait rien. Il pesta, et secoua la tête, irrité. Son crâne était encore comme rempli d'une masse inerte de ouate, ses capacités à réfléchir lui semblaient gelées, et vu la nausée qu'il se payait... Un effort mal placé risquait fort de lui poser quelques problèmes. Tant pis. Il n'allait pas rester par terre la gueule croupissant dans l'huile rance séchée et dans les déchets... Il tourna le visage sur le côté préférant coller sa joue contre le sol dégueulasse plutôt que le reste de son faciès. Et d'inspirer, d'expirer, de se tourner intégralement sur le flanc... Un coup d'oeil sur son environnement lui rappela la situation dans laquelle il se trouvait. Et visiblement il était encore en vie... Qui plus est, le bateau démarrait... La rançon était donc payée, depuis douze heures déjà? Aleksiz espérait de tout coeur que Nathan avait réussi à trouver sa cargaison de mouchards, et en avait fait bon usage... Ce n'était certes pas le seul moyen de s'occuper de cette bande d'abrutis, mais pour récupérer le fric et leur faire la peau rapidement, histoire de les humilier et de leur donner une fin aussi peu glorieuse que possible, ces petites merveilles auraient vraisemblablement beaucoup aidé. Dans un cas pareil, il avait de quoi être dors et déjà à moitié satisfait... Il n'aurait pas été inutile. Il ne se serait pas contenté de jouer le rôle de la victime, pour cette fois.

N'empêche qu'il lui fallait trouver moyen de se redresser, parce que même si c'était pas grand chose, traîner par terre comme une merde humaine n'était pas un truc qui lui était appréciait vachement. Déjà... retrouver un usage, même limité, de ses mains. Il serra les dents, grimaça sous le bâillon, et ramena au possible ses genoux contre sa poitrine, la dite poitrine posant d'ailleurs quelques problèmes pour ce faire. Un jour, faudrait qu'il pense à passer par la chirurgie esthétique tout de même, histoire d'obtenir des formes quelque peu plus discrètes... Ou pas. Parce que bon. C'était une opération délicate, et si jamais ça tournait mal et que sa forme masculine s'en trouvait déformée, ça allait encore moins lui plaire. Non tout compte fait autant ne pas taper dans le caprice superficiel et rester comme ça, c'était plus prudent. Enfin bon... Voyez comme il était sonné: attaché, pris en otage, il arrivait encore à avoir ce type de pensées. Les chassant à coups de pied au cul mental, il prit de l'élan, hoqueta, et força sur ses mains pour les faire passer de l'autre côté de son corps... Il eut l'impression qu'il allait se déboiter les poignets, manque bien de s'écorcher tout le bras qui portait le poids de son corps, mais malgré les difficultés parvint à se contorsionner tant et si bien qu'il mena cette opération jusqu'au bout, et jusqu'à parvenir à ses fins. Fiou... Sa tête retomba. Il ferma les yeux un instant, et sa respiration fut la seule bribe de mouvement perceptible dans la cale, pour les quelques secondes à venir. Le silence était rythmé de coups de tonnerre... Ils devaient encore être très proches d'Ayndra. Puis il hoqueta, tandis qu'il prenait de l'élan et se balançait un grand coup sur le côté pour se redresser, s'aidant de ses mains attachées pour ne pas retomber. Il manqua bien de s'étaler malgré tout ça, mais garda son équilibre à force de volonté... Ouf. Son dos tapa contre la caisse contre laquelle il se laissa retomber, et contre le mur, cette dernière y étant adjacente. Il cligna des yeux, avant de fixer la pénombre qui l'entourait... Voilà. Maintenant, il n'avait plus qu'à attendre... Dans quelques heures, il serait sur Enezis. Ce calvaire serait bientôt terminé... En attendant, il pouvait bien se permettre de prendre un peu ses aises, nan? Si. Si les autres étaient pas contents, c'était pareil. Personne ne le surveillait, alors tant pis pour eux. Il ramena ses pieds à lui, laissa ses bras passer entre ses jambes et de nouveau se contorsionnant à s'en couper le souffle, s'appliqua à détacher ses pieds, à l'aide de ses mains. Il n"y voyait rien, mais ça ne devrait pas être trop compliqué... Quelques minutes suffiraient. Quelques minutes pendant lesquelles il avait tout le temps d'entrer en tête à tête avec lui-même...

Où en étaient les opérations..? La Cinquième Colonne avait-elle lancé des hommes, à la recherche de ses kidnappeurs, malgré leurs menaces..? Sûrement, oui. Ils n'étaient pas à quelques menaces en l'air prêt. Il savait qu'il avait... Bien trop de valeur marchande, pour qu'on se permette de le tuer sur un simple coup de tête, quand bien même cette idée le dégoutait, le répugnait, à lui en donner la nausée. Rivëndal était-il au courant de son enlèvement..? Il y avait des chances. Il aurait préféré qu ça ne soit pas le cas mais bon, ça avait vraisemblablement du jaser côté Cinquième Colonne, et si les commerciaux étaient sans aucun doute gardés hors du coup, son cadet, c'était autre chose... A cette idée il avait un peu honte. Voire beaucoup. C'était la deuxième fois qu'il se faisait enlever faute au nom qu'il, ou plutôt qu'ils portaient. La première lui restait encore au travers de la gorge, pour des raisons évidentes. Cette seconde risquait de rendre la pilule plus dure encore à faire passer. La prochaine fois qu'il verrait Riv, que pourrait-il bien lui dire, hein...? "Heeeeu coucou! Ouais tu vois j'vais super bien, j'ai été con je me suis fait kidnapper mais j'te promis je recommencerai plus...!" ... Ca sonnait faux. Il allait encore perdre en crédibilité et en valeur aux yeux de son frangin, et ça, après tout le temps qu'il avait passé à le sacraliser, tout le temps qu'il avait passé à imaginer leurs retrouvailles gamins, à imaginer ce qui aurait pu se passer si son cadet avait encore été vivant... Ca le blesserait méchant. Il voulait regagner sa place d'ainé, il voulait regagner sa confiance, quelqu'un de fiable sur lequel Riv pourrait compter même si pas mal de trucs les séparait... Ben c'était mal barré. Bien. Au moins, il avait les pieds libres... Ouf. Il put s'asseoir en tailleur, et desserra tant bien que mal son bâillon en tirant dessus, avec un soupir de soulagement non feint. Il allait enfin pouvoir arrêter de jouer l'équilibriste sur coccyx... Soulagement, hm..? Un soulagement de quelques minutes, qui ne durerait guère. Car la fatalité avait choisi depuis bien longtemps comment cette petite balade en navire se terminerait... Il y eut un éclair... Ou du moins un coup de tonnerre... Bien plus fort que les autres. Un coup de tonnerre qui fit vibrer le navire, et accessoirement le fit tanguer. La mer s'était faite agitée depuis quelques minutes, les éclairs plus fréquents, signe qu'une tempête approchait dangereusement du bateau, ou plutôt que le bateau fonçait droit sur une tempête. Un boucan immense, la preuve que les paratonnerres installés sur les hauteurs de l'engin n'étaient pas totalement fiables... Le sol qui s'inclinait de droite à gauche, Aleksiz secoué comme un brin de paille dans cette cale en pagaille, où les caisses glissaient, tombaient, déversaient leur contenu... C'était une blague..? On allait pas pouvoir continuer comme ça! Le bateau était bourré... D'explosifs. Comme le lui rappela la détonation qui eut lieu à l'autre bout de la structure flottante, mais qui lui vrilla les tympans tout de même. Ses yeux s'écarquillèrent... Une clameur horrifiée s'élevait plus haut, d'autres détonations suivaient, une nuée, une réaction en chaîne, comme si on avait renversé une pile de dominos... Etait-ce une blague? Une plaisanterie...? Etait-il encore en train de rêver...? Ca n'était pas possible! Ca ne pouvait pas être possible?!! Le sol n'arrêtait pourtant plus de tanguer, le bateau vibrait, criait, couinait, de même que l'équipage plus haut. Puis le bateau commença à pencher clairement d'un côté... Ce jusqu'à ce qu'Aleksiz glisse, tombe... Il tourna le dos au mur, qu'il se prit de plein fouet. Une caisse quasi vide vint l'écraser, d'autres explosèrent dans un fracas terrible à côté de lui, tout autour, au rythme de ses pulsations cardiaques... Ce glas organique ne cessait plus de heurter ses tempes, il ne voyait plus clair... Son arcade sourcilière était en sang, un oeil fermé, l'autre piquant de sueur... Le cerveau en manque d'oxygène. Ca sentait le brûlé... Ca sentait la poudre à canon... Ils étaient en train de couler!

*... Merde!*

Il ne pouvait pas mourir maintenant, il n'en avait pas le droit... Personne ne semblait venir vouloir le détacher, n'y avait-il pas de canots de sauvetage dans ce bordel..? Il tenta de se relever, appuyant ses mains contre la caisse qui écrasait sa poitrine... Une douleur vrilla sa cage thoracique endolorie... Il était à moitié anesthésié par l'urgence, par la peur, la hagardise... Il devait bien avoir deux ou trois cotes pétées, mais il n'était pas temps de s'en soucier... Il ne pouvait pas rester attaché! Dents serrées, il continua... Plus loin, des bouteilles d'alcool s'était brisées, au sol... de la fumée passait par l'une des portes coupe feu qui séparaient la cale en plusieurs sections... Il devait atteindre ces bris, couper ses cordes, absolument...!

De loin, on pouvait voir cette mer, qui progressivement s'énervait, devenait plus hargneuse et jetait ses vagues, de plus en plus puissantes, contre le nez d'un navire en plein naufrage, qui avait bien piètre allure... Une vague plus forte que les autres renversa le navire, une énième explosion eut lieu, et la structure à l'agonie commença à couler d'autant plus vite... Sa cale n'était dors et déjà plus qu'un souvenir. des bouts de caisses, le bois et le métal qui avaient constitué cette dernière n'étaient plus qu'un puzzle sordide, puzzle flottant qui remontait à la surface de l'eau tel un cortège funèbre.
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Aleksiz
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MessagePosté le: Dim Sep 14, 2008 9:32 am 
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Tout s'était enchaîné à une vitesse affolante. Les explosions, les secousses, le sol qui n'avait plus rien d'horizontal à présent... Aleksiz était exténué, et il lui fallait pourtant réussir à trouver la force d'avancer. Cette cale ne serait certainement pas son cercueil... Il en avait fini avec les envies de suicide, et était revenu à ses aspirations premières: Il voulait vivre. Quitte à devoir survivre. Quitte à devoir tout recommencer, tout reconstruire, encore et toujours, comme un gosse s'acharnant à monter son château de cartes. De toutes les manières, les Në'Minre étaient une famille de survivants, de battants, avec une grosse dose de chance qui, ironiquement, se faisait entièrement la malle dès qu'on en avait plus une nécessité vitale. Si ça n'avait pas été le cas, ni Rivëndal ni lui-même ne seraient encore en vie à l'heure actuelle... Et si cette situation l'aidait à lui faire prendre conscience d'une chose, c'est qu'il avait véritablement laissé son statut de loque humaine dans le passé, avec toutes les horreurs que ce passé contenait. Il avait plein de choses à faire... Plein de choses à réparer, plein de choses à accomplir! Des choses auxquelles il serait peut-être même resté aveugle lorsque son gang était encore florissant, lorsqu'il adoptait encore cette attitude de fuite qui n'avait pas éternellement pu le protéger...

Bon sang... Se relever dans ces conditions, et avec des côtes cassées, avait été un challenge... Mais dans l'urgence du moment, sa détermination avait suffi à reléguer la douleur au rang d'information secondaire. Personne ne semblait venir vouloir le chercher. Il ne pouvait compter que sur lui-même, et ne voulait de toutes les manières compter que sur lui-même... Etre sauvé par ses kidnappeurs aurait été quelque chose qui, une fois de plus, lui serait sévèrement resté au travers de la gorge. Il ne voyait plus rien entre la sueur et le sang qui lui piquaient les yeux, mais il avait en un sens réussi à garder conscience des morceaux de verre qui se baladaient par terre, accourant comme des grands garçons vers lui, la gravité étant une chose problématique quand il s'agissait de se prendre des caisses dans la gueule, mais nettement moins lorsqu'elle lui mettait à portée le nécessaire pour se détacher. A quelques mètres seulement... Il appuya sa main contre la paroi qui avait un moment servi de mur avant de se retrouver quasi à l'horizontale... Un pas, deux pas... Ses jambes lâchèrent faute à une secousse redoublant de violence, et il s'étala dans le verre, sans manquer de s'empaler sur quelques morceaux qui heureusement n'avaient pas touché de point vital... Il approcha ses mains d'un des trucs juste devant lui qui brillaient lamentablement dans la pénombre... Les cordes lâchaient progressivement, mais l'explosion se rapprochait... Soudain il y eut un bruit assourdissant, puis l'eau s'engouffra, le claquant un grand coup, le gelant aussi vite de la tête aux pieds. Il ne savait pas nager... On ne lui avait jamais appris... On en avait jamais eu le temps quand il était gosse, et il fallait bien dire que la natation n'avait pas fait partie des apprentissages prioritaires délivrés par les Libhe Sûls par la suite... Le plus important avait été d'apprendre à se servir d'un flingue comme un dieu... Maintenant, il regrettait de n'avoir pas eu une vie un tant soit peu plus normale, et de n'avoir pas fait d'heures sup sur la plage comme tout enfant normal, quitte à perdre un millimètre de précision sur ses tirs... On lui avait volé son enfance, ça aussi on le lui avait volé... Ce n'était pas la faute des Sûls, bien entendu. Tous les orphelins devaient trouver moyen de se démerder et de survivre dans le monde tel qu'il était à l'heure actuel, et il faisait partie de ceux qui avaient galéré pour survivre mais avaient accepté de se salir les mains, de se battre, pour mieux réussir... La plupart des gangs étaient nés sur cette idée, ce pourquoi pas mal de gangsters, plus que des crapules, étaient des hommes qui souhaitaient regagner ce qu'on leur avait volé, et qui dans la haine et la violence ambiante avaient perdu de vue leurs ambitions premières, oubliant à force de temps qu'ils avaient des valeurs et des idées...

Transi de froid, balloté comme un brin de paille dans ce cauchemar aquatique, il ne pouvait s'empêcher de réfléchir à ce qu'avait été sa vie. Etait-il en train de faire le bilan, était-il inconsciemment certain de crever, au bout du compte...? Non! Il ne fallait pas se laisser aller... Il voulait vivre... Il ne pouvait abandonner ceux qui comptaient sur lui.. Et surtout, une tête rousse était en train d'émerger au sein de ses souvenirs, lui donnant le courage et la détermination nécessaire pour se battre contre la nature... Il pataugea et parvint, avec un courant montant, à venir prendre une gorgée d'oxygène en surface. La tête lui tourna, des mouches noires, puis blanches, voletèrent face à ses yeux, l'univers semblait devenir sombre, son cerveau allait exploser... Cela dit avec un effort de plus il parvint à localiser d'où venait le courant entrant, et donc à localiser le trou dans la coque... Il serait certainement mieux dehors qu'ici... Il lui fallait sortir... Mais sans savoir nager, comment..? Il allait se forcer à un cours de natation accéléré quand une autre explosion encore acheva le bateau... les "murs" cédaient... Il voyait le ciel... Une grande vague l'emporta, lui faisant faire quelques tonneaux. et ce n'était certainement pas la seule grande vague qui allait le secouer, parce dehors, la tempête était en rage... Balloté de ci de là, ici un courant l'emmenait vers le fond... Là un autre le faisait remonter en surface... Il ne contrôlait plus rien, et c'est par chance que dans la pagaille sa main tapa contre quelque chose qui semblait flotter... Ni une ni deux, c'était bien la la seule chose qu'il pouvait faire: il s'élança, tentant de remonter en surface à force de n'importe quoi avec ses jambes... ses bras manquèrent de rater la planche de survie, mais de justesse il put s'y raccrocher. Il la ramena rapidement sous son corps, et serra les dents. Putain de côtes cassées... Mais les caisses de la cale avaient fait leurs excuses pour lui avoir foiré la cage thoracique, vu que la seule chose qui lui permettait de rester en surface dorénavant était un bout de bois qui fut jadis un pan d'une des dites caisses. Combien de temps allait-il tenir de la sorte, secoué, envoyé valdinguer ici et là sur son morceau de bois..? Certainement pas éternellement... Mais tant qu'il était en surface et qu'aucun requin ne venait lui bouffer les pieds, il pourrait survivre... Ses seules pensées étaient dorénavant focalisées sur trois personnes en particulier... Belial... Eve... et Rivëndal. Surtout Rivëndal d'ailleurs. Rivëndal qui, malgré leurs différents, l'avait empêché de se tuer... Riv qui lui avait fait comprendre que quelqu'un au minimum avait encore besoin de lui, pour ce qu'il était, et non pour ce qu'il représentait... Ils étaient, l'un à l'autre, la seule famille qui leur restait... Aleksiz n'aurait pas pu supporter de perdre son frère une seconde fois, et Rivëndal... Il ne pouvait pas le laisser seul... Même si il était débrouillard... Même si il saurait sans doute s'en remettre... Il ne pouvait pas, tout simplement. Il ne pouvait pas lui reléguer ses responsabilités d'ainé, de un... De deux, il n'avait pas eu l'occasion d'apprendre à le connaître à nouveau, comme il aurait voulu que ce soit le cas...

Et Eve... Ca avait été un truc de fous, il fallait avouer. Tomber amoureux de son otage lui avait valu une blessure par balle, et pas mal de conneries qui auraient pu lui être fatales à lui comme aux autres... Il avait fait n'importe quoi à ce moment, il s'était comporté comme le dernier des amateurs, avait oublié la prudence et ses responsabilités, mais voilà... Ca avait été la première fois depuis bien longtemps qu'il échangeait avec quiconque ce qu'il gardait caché au plus profond de lui, outre les masques, les semblants de colère et de susceptibilité... Ca avait été la première fois de toute sa "seconde vie" qu'il s'était senti sincèrement lui-même, et qu'il avait eu des sentiments aussi profonds envers quiconque, tout en en ayant pleine conscience. Même cette relation père-fils qu'il avait eu avec l'ancien chef du gang avait été différente, voilée de fausseté, de mensonges... Il avait été très proche du gangster, qu'on ne s'y trompe pas, mais le malaise qui caractérisait son existence était ici resté intact. Eve avait su d'une quelconque manière le percer comme une cloque pleine d'un peu corrosif... et comme elle avait été la première femme qu'il avait jamais véritablement aimé, quand bien même ça avait été rapide et complètement dingue... elle aurait toujours une importance phare pour lui. Il aurait voulu la revoir, juste une fois, au moins... Peut-être l'avait-elle déjà "sentimentalement" parlant oublié... Lui, ne le pourrait pas.

Depuis combien de temps était-il balloté par les flots exactement...? La tempête l'emmenait loin, loin de la coque déchirée du navire... Il avait froid... Son esprit marchait au ralenti, son corps entrait dans un état de somnolence dangereux... Il avait déjà du tenir plusieurs heures. Deux heures? Trois heures..? Plus..? Penser aux autres lui donnait la force de tenir encore un peu, cela dit il ne sentait plus ses mains, et encore moins ses doigts, crispés sur la planche qui le soutenait. Un ricanement faible lui échappa... L'orage continuait à battre son plein. Ironique, hein, sa vie..? Même pour crever il arborerait cette forme qu'il ne pouvait pas saquer, n'est-ce pas...? Mais il ne pouvait pas crever. Il n'en avait pas le droit. Seulement, avait-il une autre option...? Il n'y avait rien autour de lui... Pas de terres - du moins pas qu'il puisse détecter avec sa vue brouillée - pas de bateau... Une grand étendue d'eau hostile, et tumultueuse qui plus est... Le jour pointait sa face à l'horizon... Au moins aurait-il vu le soleil une fois de plus... Ses forces le quittaient... Il glissait progressivement vers le fond... des larmes chaudes se mirent à couler contre son visage froid... Ca faisait du bien, mais ce n'était même pas soulageant. Un ultime sursaut de volonté lui permit de se hisser une nouvelle sur la planche mais... Il ne tiendrait pas. Trente secondes seulement après ça, il sentit ses bras glisser, et son corps couler dans l'eau comme une masse inerte, lourde, qu'il n'avait plus assez d'énergie pour manipuler.

"R... Riv... J... Désolé..."

Il aurait voulu pouvoir parler à son frère en vrai, lui dire un dernier truc, à défaut de pouvoir lui dire tout ce qu'il aurait voulu lui dire à l'heure actuelle... Et merde. Il aurait du faire un testament. Quoique c'était fait en fait... Mais la seule chose qu'il lui avait légué, c'était un vieux pendentif, bijou de famille, qui correspondait à la dernière chose qui lui restait de Lyann. Pour le mettre en sécurité il l'avait fait enfermer dans un coffre sur Aryaz il y avait déjà très longtemps... Ca lui avait permis et de se protéger, et de se couper du passé. Il n'avait pas pu se résoudre à se séparer pour de bon de l'objet en ke revendant... Conscient de sa situation délicate, et des risques qu'il avait d'être tué à tout moment depuis qu'il n'avait plus de couverture, risques encore plus élevé qu'à l'époque d'Eden Keizh, il avait ensuite filé la clé du coffre à Nathan, avec pour directive de la donner à Riv au cas où il lui arrive quelque chose. On pouvait toujours imaginer ça comme une piètre excuse pour s'être laisser crever... tss. Il s'en voulait, mais il ne pouvait plus continuer. Ce n'était pas par manque de volonté... Seulement, il n'était plus qu'une conscience vacillante dans un corps inerte. Il glissa lentement dans l'eau, jusqu'à tout lâcher, et se retrouver totalement immergé. Le retour des tonneaux et des galipettes... Au bout de plusieurs minutes à étouffer boire la tasse et respirer le peu de fois où il le pouvait, il finit par être éjecté contre un récif... Sa tête heurta avec violence quelque chose...Un rocher..? Pas le temps de se dire que la terre n'était peut-être pas si loin: le choc venait de lui faire perdre conscience. Et c'était sans doute pour la dernière fois.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Mar Sep 16, 2008 8:38 pm 
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Le monde s’effondrait autour de lui. Il ne pouvait pas y croire. Treize années. Treize longues années, pendant lesquelles il avait réussi à se persuader que le plus dur était passé, et que plus jamais il ne souffrirait comme il avait souffert. Que plus jamais il ne serait blessé, ainsi qu’il l’avait été, lorsqu’on lui avait annoncé la terrible nouvelle, alors qu’il n’avait que douze ans. Ses parents, son jumeau, la moitié de son être. Rien ne saurait être pire, pas vrai ? Alors pourquoi se sentait-il soudain comme si la terre avait cessé de tourner, comme si le temps s’était arrêté ? Pourquoi n’était-il pas invulnérable ? Pourquoi n’était-il pas invincible ? C’était injuste. Il avait déjà trop perdu, et malgré tous ses efforts, le destin s’employait à lui faire tout perdre, à lui arracher tout ce à quoi il s’attachait, toutes ses faiblesses…Il n’était pas à toute épreuve. Il s’en était aperçu. Maintenant, c’était devenu une certitude. Il ne pourrait plus continuer comme cela très longtemps. Ce rêve, ces espoirs, allaient prendre fin. Car lui-même avait déjà perdu tout espoir.

Après la communication, il s’était changé en hâte, pendant que les choses se mettaient en place. Il savait son équipe efficace, parce qu’elle était née de son dur labeur, et de celui d’Adriel. Alors qu’il passait une autre chemise, et un blouson, l’argent avait déjà dû être récupéré, et le double d’Eve, montée dans l’avion, avec ses hommes pour équipage. Lui-même devait se rendre à l’endroit qu’Aleksiz lui avait indiqué, et y découvrir, apparemment, quelque chose…Comme il n’avait guère de temps à perdre, il avait opté pour une voiture, pas trop tape à l’œil, pour s’y rendre. Il avait fait plusieurs fois le tour du quartier pour perdre des éventuels suiveurs, puis s’était garé assez loin, pour continuer à pied. En chemin, il avait déniché une grosse pelle, au détour d’une ruelle, puis avait continué jusqu’au QG des Libhe Sûl. L’endroit était désormais désert, sans aucun signe de vie, sans aucun signe des corps des gangsters, dont l’aventure s’était ici terminée…Mise à part leur sang. Cet endroit évoquait trop de choses, même pour lui. Il était resté en captivité ici, plusieurs semaines. Il avait appris à connaître ces hommes. Elle avait appris. Mu par une impulsion soudaine, il s’était transformé, car c’était à Eve de rendre justice à ces lieux. Nathan n’avait rien à y faire, n’avait rien partagé ici. Elle y avait souffert, mais aussi ri, partagé l’intimité de ces êtres, les avait vu évoluer…Maintenant, ils étaient tous morts, à cause de la folie d’une bande d’illuminés puissants et pervers. Trop puissants. Trop pervers. Poussant la petite table qui trônait au milieu de la pièce principale, elle se mit à creuser, les premières pelletées de terre ayant l’étrange couleur du sang. L’exercice était fatiguant, et Aleksiz avait indiqué une certaine profondeur…Elle se dépêchait, continuait, mais bientôt, eut l’impression d’avoir dépassé la distance. Agacée, elle élargit le trou, avant de se rendre à l’évidence, un bon quart d’heure plus tard : Il n’y avait rien ici. Une autre évidence suivit bien vite la première : Elle se trouvait au mauvais endroit.

Il en fut stupéfait, puis très vite, furieux contre lui-même. C’était bien là, la preuve qu’il faiblissait…Il se laissait déborder par ses sentiments, aveuglé, et il en perdait le contrôle. De rage, il jeta la pelle au sol, et prit sa tête entre ses mains, inspirant profondément. Son calme lui revint, ainsi bien vite, que sa sensation d’empressement. Il quitta les lieux sans remplir le trou. Et se rendit à l’autre planque, la bonne, cette fois-ci. Celle où ils avaient joué au poker, lorsqu’Aleksiz portait la robe, leur première rencontre. S’il avait su comment tout cela se terminerait…Sous sa forme masculine, il lui suffit d’une petite demi heure, pour creuser le trou, et découvrir les mouchards. Un sourire étira ses lèvres. Finalement, Aleksiz allait amplement participer à sa vengeance, même s’il n’y assisterait pas…Ces dispositifs, pointe de la technologie comme même la Cinquième Colonne n’avait pas, allaient grandement les aider.
Il ne perdit pas plus de temps, et se rendit dans ses propres locaux, où il confia les précieux objets à qui de droit, pour un prompt usage, sans qu’on lui demande où il avait bien pu avoir pareilles merveilles. On ne lui demandait jamais ce genre de chose.

Vint l’attente, alors que tout se mettait en place. Les heures s’égrenaient, tranquillement. Il restait en contact avec tous, dans l’attente de nouvelles. Il en donna également à Adriel, et au jeune Rivëndal, dont l’inquiétude était sûrement plus palpable que la sienne. Comment lui en vouloir ? C’était son unique frère, le vestige d’un temps à jamais révolu. Lui-même aurait sans doute tout abandonné sur place, si en échange, son frère pouvait être ressuscité sur l’instant. C’était un souhait égoïste, mais réel, il ne se leurrait pas. L’échange eut lieu, sans anicroche ni mauvaises surprises. Enfin, un échange…disons, le don de la rançon. Personne ne sembla s’apercevoir des petits cadeaux qui accompagnaient le magot, et il s’en félicita. Le soulagement commençait à pointer. Ses hommes ne tueraient pas les bandits avant l’heure indiquée. Ils avaient tout à fait le temps de récupérer Aleksiz, sans le moindre problème, maintenant. La seule chose qu’ils avaient à craindre, c’était de ne pas réussir à tous les tuer directement. Mais ça, ce n’était pas grave. Il aurait le temps pour les traquer, cela tromperait son ennui. Il grimpa au dernière étage de l’immeuble, et s’enferma dans un des bureaux, avec une vue sur le port, grâce à la baie vitrée. Installé dans un fauteuil, il attendit. Voilà de longues heures qu’il n’avait pas fermé l’œil, mais il s’en savait incapable. Tant qu’il ne saurait pas Aleksiz en sécurité, il ne pourrait pas s’endormir. Se reposer ainsi suffirait. Il s’assura, avec un ou deux appels, que tout se passait bien.

Jusqu’à ce que tout dérape. Il vit les nuages arriver, à l’horizon. Le ciel se noircit, sans que cela soit dû, d’une quelconque manière, à la nuit. Le vent s’était levé, et il voyait d’ici, les remous et les crues des vagues, qui inondaient les berges. Bientôt, le tonnerre gronda. Le monde s’effondra alors que le ciel déchainait sa colère, lançant sur Enezis ses féroces éclairs, alors que la pluie battante faisait rage. C’était comme le chaos, la fin des temps, comme si les éléments avaient perdus tout contrôle pour revenir à leur état le plus naturel, et le plus destructeur. L’angoisse. La fébrilité. Il se mit à tourner en rond, la violence du déluge frappant contre la fenêtre. Il reçut un appel. Et avant même d’avoir décroché, il sut. Il refusa d’y croire, insulta violemment son interlocuteur d’une voix très mal maitrisée. Il était impossible d’envoyer du secours, à cause du temps, que ce soit un avion, ou autre chose…Ca ne pouvait pas arriver, n’est ce pas ? Pas tant de malchance. Il ne ramassa même pas sa veste, en trombe, il sortit, quitta l’immeuble, et en courant, se dirigea vers le port.

Jusqu’à se trouver ici, là où pour lui, le monde s’était arrêté. Nathanaël attendait, trempé jusqu’aux os, sous les fracas du tonnerre, la morsure de la pluie. Il se tenait sur le quai, voyait les vagues mourir, quelques dizaines de mètres plus loin. Le vent hurlait à ses oreilles, mais il fixait l’horizon, toujours. Il aurait dû être transi de froid, mais en réalité, il ne ressentait plus rien, à par cette hébétude. Plus rien n’existait. Tout aurait dû disparaître, à ce crucial instant. Ses jambes cédèrent sous son poids, ses longues heures de veille retombant sur ses épaules, en même temps que le désespoir. Il ne savait plus trop si c’était désormais ses larmes, ou bien les gouttes, qui inondaient ses joues. Comment en était-il arrivé là ? Comment tout cela était-il arrivé ? Pourquoi avait-il fallu que le destin s’acharne contre lui ? Il resta là, toute la nuit durant, et le lendemain matin, jusqu’à ce que le flot de ses pleurs se soit tarît, et que le ciel enfin, s’apaise. Le bateau n’était pas arrivé. Rien ne s’était montré en vue. Et rien, n’arriverait. Il ramassa son téléphone, qui avait longuement sonné, au cours de son attente, et cette fois-ci, répondit. Il laissa son interlocuteur parler, alors qu’à peine, il l’écoutait. Tous les ravisseurs avaient été neutralisés, à l’heure dite. Personne ne leur avait fait faux bond. Maintenant, chacun désirait savoir ce qu’il voulait. Mais Nathanaël ne voulait qu’une chose. Il ne voulait que voir Aleksiz, apparaître enfin sur ce quai, l’air ronchon affiché sur son visage, entendre sa voix, observer son énervement, et l’écouter proférer des menaces de mort, envers toutes ces pourritures. Il ne viendrait pas.

« Tuez-les. Tuez les tous. »
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