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[CJ]Un air de désolation...

 
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Aleksiz
Ex-chef de gang / MJ


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MessagePosté le: Mer Juin 20, 2007 1:48 pm 
Sujet du message: Un air de désolation...
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Un jour après "Règlement de compte..."

Deux jours avaient passé, depuis ce terrible instant, où Aleksiz avait découvert ce qui était advenu des siens... eux qui n'avaient rien à voir avec ses histoires, et avaient payé pour lui. Et tous de s'inquièter... car rien n'avait changé. Strictement rien. Il était toujours dans le même état de désolation suprême, et n'en avait pas bougé. Intérieurement, il stagnait dans entre ces trois sentiments, levés à leur paroxysme... quels étaient-ils déjà? Ah oui... douleur, solitude, culpabilité... C'était là tout ce qu'il restait, se mêlant entre eux, se diluant, se diffusant en lui en subtils poisons, venant se lier à l'humiliation, à cette sensation de ne plus être lui-même, aux problèmes avec Rivëndal... à tout ça. Il ne pensait à plus rien en particulier, plus rien de concret du moins... mais tout ça s'accumulait, l'assommant plus encore de malheur... et presque de folie, car dans son état, c'est presque si il n'était plus capable de penser normalement. Presque comme si la quasi totalité de ses neurones avait été mise hors service par trop de souffrances... Il se sentait dériver, et désespéré pensait bien ne jamais se sortir de cette situation sinon en mourant.

Il ne bougeait pas... et ne bougea pas, yeux semi-ouverts, à l'instar de sa bouche, corps abandonné contre le lit, sans se soucier de rien. il fallut bien qu'on vienne vers lui et qu'on tente de le redresser pour arriver à lui décrocher une réaction. Et encore... car il se laissa faire. Il se fichait bien de ce qu'on pouvait faire de lui, maintenant... Seule chose, quand on essaya de le faire manger, il refusa. Il ne voulait pas de nourriture... rien de vital, rien qui puisse l'aider à survivre plus longtemps. Il voulait se laisser dépérir, et n'était plus bien en état de se rendre compte que personne ici ne laisserait une telle chose arriver. Violemment, il se débattit donc, allant jusqu'à gémir, grogner, crier, et blesser les pauvres personnes qui tentaient désespérement de le nourrir. On abandonna finalement ce projet, provisoirement. la première nuit, il ne dormit pas, la souffrance le tenant éveillé. Le début de la seconde... non plus. La situation était alarmante, si bien qu'on le força à avaler un somnifère, qui lui permit enfin de s'égarer dans les bras de morphée, et de se soulager un peu de tous ces sentiments négatifs, qui finissaient par le rendre fou... Soulagement certain, cela dit, tout n'était pas gagné, très loin de là... Aleksiz était vraiment dans un piteux état, et il semblait bien que la route serait longue et parchemée d'embûches jusqu'à sa guérison. C'était maintenant la fin de matinée... et il dormait encore, pour le plaisir des membres de la Cinquième Colonne chargés de s'occuper de lui.

Plus blanc qu'un cachet, d'énormes cernes sous les yeux, il avait tout simplement l'air d'un mourant... Dans son sommeil, il avait pourtant l'air serein, sa respiration était calme et régulière, mais là n'était qu'une apparence des plus trompeuses, car dès le réveil, à coup sûr à nouveau tristesse indiscible et autres sentiments violents l'assailleraient. L'orage avait maintenant cessé... mais sans doute cela n'arriverait-il plus à le soulager, lorsqu'il ouvrirait enfin les yeux.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Mer Juin 20, 2007 3:34 pm 
Sujet du message:
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Il était épuisé. Le monde semblait soudainement peser bien lourd sur ses seules épaules...Il avait l'étrange impression d'être le seul qui puisse tout arranger. C'était faux, bien sûr, car beaucoup de gens gravitaient en ce moment même autour de lui, et dans le pays entier, pour essayer de faire bouger les choses, résoudre les problèmes...Mais rien n'avançait, et cela commençait franchement à le desesperer. Enfin. Une partie des immondes tracas qui l'anéantissaient avait été resolue hier. Liadon avait eu ses explications avec Eve...et si tout se passait bien, même si l'information se repandait, on garderait juste à l'esprit que la chanteuse avait été la victime d'un odieux chantage, manipulée, bafouée, obligée de faire ce qu'elle avait fait...Bon, certes, elle avait été obligée de le faire, mais pour sauver Aleksiz, uniquement. Ses relations avec les commerciaux se réamelioreraient avec le temps, il ne pouvait rien y faire.

Puis il était rentré à l'appartement. Trempé jusqu'aux os, il avait retiré la perruque, jeté à la robe...admiré les bleus naissants sur son abdomen, son ventre...puis il avait prit une douche. Il s'était senti fièvreux, nauséeux, et était donc retourné se coucher. Ce qui n'avait rien arrangé veritablement, soit...Si les problemes se dissipaient avec quelques heures de sommeil, cela se saurait. Aujourd'hui était un nouveau jour, qui c'était annonçé aussi charmant que les précédents. Mais là, il avait le courage d'affronter Aleksiz. Il était donc retourné au QG, tranquillement...Où on lui avait annonçé que le garçon n'avait pas mangé depuis son départ, et qu'on l'avait forçé à avaler un somnifère pour dormir. Il soupira. C'était trop pour lui tout seul. Qu'Aleksiz réagisse ainsi était...plutôt normal certes, mais tout de même. C'était à s'en arracher les cheveux. Que faire pour qu'il se reprenne? Il avait toutes les raisons du monde de se laisser déperir...Mais il ne fallait pas. Il ne devait pas faire ça.

Nathanaël s'était donc dirigé vers la chambre, où Aleksiz dormait encore, blanc comme un linge. Il avait tiré une chaise, et s'était assis, pour attendre son reveil. Le minimum qu'il pouvait faire. Le jeune homme semblait déjà au bord de la mort...Et cela le desolait, le desesperait, le faisait amèrement culpabiliser...Il devait essayer d'arranger les choses, à tout prix. Peut-être que s'il lui parlait, peut-être qu'il reussirait à lui faire entendre raison un minimum, le convaincre de se nourrir un peu, au moins...C'était le seul espoir qu'il lui restait. Sinon...il devrait prendre des mesures désagréables à l'égard d'Aleksiz. Qu'il le veuille, ou non, il survivrait à ça.
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Aleksiz
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MessagePosté le: Mer Juin 20, 2007 4:00 pm 
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Le temps passa encore un peu... Le médicament continuait de faire effet sur Aleksiz, lui épargnant un peu de souffrance parmi toutes celles qu'il allait encore vivre, et ce durant de nombreux jours à venir. Cela dit, il ne pouvait dormir indéfiniment, si bien qu'il finit par se réveiller, très logiquement... Il commença par ne plus savoir où il était, ni où il en était... Il avait l'impression de se réveiller d'un cauchemar affreux, et pourtant, il ne se souvenait pas d'avoir rêvé... Ses paupières papillonnèrent légèrement, puis sa bouche se décolla... ce avant qu'il ne tourne la tête sur le côté, ne porte son poing à sa poitrine, et n'ouvre finalement les yeux, pour remarquer que quelqu'un se trouvait à côté de lui. Il se sentait... Il n'y avait plus de mot. Mais il ne comprenait plus pourquoi... ce jusqu'à ce que ses pupilles ne se lèvent jusqu'à effleurer le visage de Nathan, et que tout lui revienne, dans un éclat douloureux. Oui... Il était sous forme féminine, s'était fait violer par Liadon, avait foutu en l'air les dernières bribes de relation qu'il pouvait entretenir avec Rivëndal... et surtout, les libhe sûls étaient détruits. Sa vie était détruite... ce n'était pas un rêve, mais la plus pure des réalités. Dans un sursaut de "normalité", il en vint à se demander pourquoi Nathan prenait le soin de s'occuper de lui, encore maintenant... Il aurait très bien pu laisser cette responsabilité à d'autres, après tout. Puis cette tendresse incompréhensible qu'il lui avait adressé, et... Il faisait vraiment pitié, hein? Ces quelques pensées s'estompèrent vite, tandis que tout le reste l'abattait, pour lui faire perdre le sens de la réalité, de nouveau.

Il n'avait pas le courage de vraiment soupirer, ni l'envie, son corps cependant en ressentait le besoin, si bien qu'il laissa un souffle à peine perceptible lui échapper. Il ne se redresserait pas. Il... Quoi donc? Il avait été forcé à dormir, mais cela ne changeait rien à la situation. Il en revenait parfaitement au même point qu'avant. Il continua donc de se laisser dépérir... Ce jusqu'à ce qu'il ne se rende compte que dehors, il ne pleuvait plus. Et que plus aucun éclair ne retentissait. L'orage était terminé... Retrouver sa forme masculine lui semblait maintenant superficiel, cela dit, c'est presque si ce réflexe était chez lui conditionné, il voulu sans attendre changer de forme. Ses yeux égarés quittèrent la vision de Nathan, pour se diriger sans véritable but vers la fenêtre, et...

Lueur à peine étonnée, car il était trop brisé pour que ses émotions se lisent clairement sur ses traits. Trop brisé pour ressentir leur violence d'ailleurs, qui n'était rien comparée... à tout le reste. Il réessaya. Et encore... Et encore une fois. Mais non... C'était bloqué, totalement... Comme si l'orage faisait encore rage, et pourtant... Etait-ce juste une impression? Le temps ne s'était-il véritablement pas calmé? Etait il devenu aussi sourd que sa souffrance l'était? Dans son état il n'était même plus capable de se rendre à l'évidence, même plus en mesure de comprendre ce que cette impossibilité de se transformer signifiait, pour lui... Sans doute cela viendrait-il très bientôt cependant.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Mer Juin 20, 2007 6:41 pm 
Sujet du message:
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Voilà, il se reveillait...Nathanaël craignait plus que tout ce moment. Pourquoi était-il resté à attendre cet évènement, alors? C'était la question du jour. Il ne se sentait pas assez en forme pour l'affronter, le voir aussi desesperé, inerte qu'auparavant. Mais il était là, pourtant. Parce qu'il le fallait, parce que maintenant, personne mieux que lui-même ne pouvait prendre soin de lui. Aleksiz se laissait apparemment mourir...Mais il ne le permettrait pas. Sa vie, son existence à elle seule était des plus importantes. Et puis...il l'aimait. Trop de ceux qu'il cherissait étaient morts sans qu'il ait pu y faire quoi que ce soit. Cette fois-ci...il esperait réussir à changer les choses. Il le fallait. Il n'allait pas supporter une nouvelle perte, surtout de cette importance, surtout par sa faute...c'était hors de question.

Donc, il se contenta d'afficher un faible sourire à le voir s'eveiller, inquiet, et nerveux surtout. Y allait-il...avoir du changement après une nuit de sommeil? Il fallait l'esperer...Mais il n'y avait pas grand espoir à avoir, ainsi qu'il put le contaster. Il restait aussi blanc, aussi triste, et ses yeux toujours vide...Nathanaël en aurait bien pleuré, s'il ne l'avait déjà fait, deux jours auparavant...Il avait versé assez de larmes qui ne changeaient rien. Retenant un soupir, un air déçu, il se releva, la gorge nouée, et alla s'asseoir sur le bord du lit, pour être plus près de lui. Il voulait...qu'il puisse sentir qu'il n'était pas seul. Qu'il n'allait pas l'abandonner. Et il n'avait pas l'intention de le faire, quoi qu'il se passe...

Son regard suivit le sien, vers la fenetre. Oui, il ne pleuvait plus désormais, l'orage était terminé...Pourtant, Aleksiz était encore sous forme féminine. Retrouver l'autre lui ferait du bien, sans l'ombre d'un doute. Il fallait qu'il oublie le viol, le traumatisme, l'humiliation...et après, peut-être pourrait-il faire son deuil. Un peu hésitant, il laissa une voix claire s'elever, la voulant la plus rassurante et apaisante possible.

"Aleksiz...tu te sentirais peut-être mieux...si tu changeais de forme..."
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Aleksiz
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MessagePosté le: Mer Juin 20, 2007 7:03 pm 
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Peu à peu l'esprit d'Aleksiz se vidait de ses interrogations... mais en même temps, une pointe d'un quelque chose d'inquiètant montait en lui, comme le fantôme d'une prise de conscience qu'il n'était pas tout à fait certain de vouloir avoir... La voix de Nathan, résonnant en lui comme à travers un rideau de ricochets, fut décisive, quant à cette dernière. Changer de forme, lui disait-il? Il avait essayé... Mais il n'y était pas arrivé... Et si Nathan le lui proposait, c'était que l'orage devai bel et bien être fini, n'est-ce pas? Le doute envahit ses traits, même mornes. Et soudain... il sut. Si c'était encore possible, son visage se décomposa, et pris d'une énergie dont il ne serait plus cru dôté, il appuya sur ses mains, pour se redresser, et sans attendre se tourner du côté de la fenêtre, et y coller son front, y perdre son regard à moitié halluciné... Il ne pleuvait plus... Le temps était clair... Plus aucun éclair... Et lui... ne pouvait pas changer de forme, comme si il avait perdu totalement le contrôle de ses transformations. Il n'y avait qu'une seule explication à ça... Ca voulait tout simplement dire qu'il était enceinte, et cela ne pouvait pas être de grand monde.

Il laissa sa main s'appuyer contre la vitre, en compagnie de son visage... En une autre situation, cela l'aurait mis hors de lui. Il aurait sans doute été extrèmement blessé de ce genre de nouvelles... Là, il pouvait difficilement être plus blessé qu'il ne l'était déjà. C'était juste une couche de plus, qui s'ajoutait aux autres... Ainsi ses réactions étaient-elles moins violentes qu'elles auraient du l'être... N'empêche qu'il avait l'impression qu'il allait étouffer. Il se retrouvait à nouveau en état de choc violent, et... Doublement humilié. Le viol s'était impregné en lui, comme si il voulait qu'Aleksiz ne puisse jamais l'oublier, et en soit marqué jusqu'à la fin de ses jours... ce qui serait de toutes les façons le cas, certes, car après tout cela, comment pourrait-il survivre bien longtemps? Même si cela avait été possible... Ca n'avait aucun intérêt, et il ne le voulait pas. Ses tendances suicidaires ne changeaient rien au sentiment de honte qui le secouait maintenant, ajouté aux autres, manquant de le faire craquer, pour ce qu'il restait de lui à faire craquer. Sa main libre vint barrer son ventre, crispée... Il portait le gosse de cette saloperie. Gosse au même titre qu'Adam, certes... mais là, il n'était pas en mesure d'y songer. Perdu, il cherchait la sortie, mais il semblait bien qu'elle n'existât pas, si l'on faisait fi de cette mort qu'il aurait tant voulu vouloir venir, mais qui était bien trop lente pour ce faire...

Il se tourna doucement vers Nathan, mais sa voix... faisait toujours défaut. Il n'arrivait toujours plus à parler. Seuls ses yeux exprimaient son désarroi, et un clair appel au secours dorénavant. Entre son envie de se laisser retomber, et le dégoût qui revenait en lui, il n'était plus rien, si ce n'est une masse de sentiments contradictoires, et en tous les cas plus négatifs les uns que les autres.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Jeu Juin 21, 2007 11:53 am 
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C'était plus dur que ce qu'il avait imaginé. Bien plus dur. Nathanaël n'était toujours pas aussi fort qu'il l'esperait, mais cela n'avait rien d'étonnant. Ces derniers jours, il decevait tout le monde, et lui-même en particulier...Les choses ne changeaient pas aussi vite qu'il le désirait, et ne tournait pas aussi bien. Cela le desesperait. Il aurait voulu qu'Aleksiz aille mieux, mais ce n'était pas le cas. Sa présence ne changeait rien. Il voulait...il voulait fondre en larmes encore, le saisir par les épaules, le serrer contre lui, essayer de lui faire comprendre à quel point il était désolé, et qu'il était là pour l'aider, qu'il ferait tout pour cela...Mais il ne pouvait pas. Ca n'était...pas raisonnable. Et c'était sûrement inutile. Pleurer ne changeait rien.

Par contre...il y avait bel et bien un changement. Avec stupeur, il vit le visage d'Aleksiz se decomposer, et sans bouger, interdit, l'observa se redresser, et aller coller son visage à la fenetre...C'était sûrement le maximum de réactions volontaires qu'il avait eu ses trois derniers jours, selon les dires. Mais qu'est ce qu'il pouvait bien regarder? Haussant un sourcil, ses yeux s'egarerent vers la vitre. Oui, le temps était clair, il ne pleuvait plus, plus d'orage...Nathanaël ne comprenait pas bien. Dans d'autres circonstances, il aurait immédiatement saisi. Là, ca n'allait pas fort, et il était un peu lent à la détente. Euphémisme. Il percuta enfin alors que la main d'Aleksiz venait barrer son ventre, qu'il se retournait, l'air plus desesperé qu'il ne l'était déjà...Le garçon laissa une expression horrifiée s'étaler sur son visage. Non, c'était impossible. Tout simplement impossible, pas vrai? Il s'était fait violé, d'accord, mais de là à...Mais c'était l'unique possibilité. Il faisait beau, Aleksiz ne semblait pas pouvoir changer de forme. Il devait donc être...enceinte.

La vie ne lui parut jamais plus cruelle qu'à cet instant. Qu'est ce qui pouvait bien arriver de pire, désormais? Là, Nathanaël passait à court d'imagination. Cette pourriture avait mis Aleksiz enceinte, comme si tout ca ne suffisait déjà pas...Il n'avait plus qu'à garder la forme féminine jusqu'à ce qu'il arrange tout ça, encore. Tout ce qui était de sa faute...C'était difficilement imaginable pour lui d'avoir aussi peu de chance. Chaque fois qu'un probleme paraissait se resoudre...un autre apparaissait, pire encore. Mais c'était hors de question d'abandonner. Il allait sauver Aleksiz, coûte que coûte. Se rapprochant alors, l'air presque determiné, il alla poser ses mains sur ses épaules, et planta ses yeux verts dans les siens. Il était là, tout allait bien se passer. Il n'allait surtout pas le laisser tomber.

"Je vais arranger ça, au plus vite. Je te promet que tu ne souffriras plus à cause de cette enflure. Ne t'inquiète pas."
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Aleksiz
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MessagePosté le: Jeu Juin 21, 2007 1:07 pm 
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A voir l'expression horrifiée de Nathan, Aleksiz se sentit plus encore perdre pied, comme quoi tout était possible dans ce foutu monde, qu'il était de plus en plus impatient de quitter... Et pourtant, malgré toute cette souffrance qui s'abattait sur lui, le choc violent qu'il venait d'avoir en comprenant que Liadon l'avait engrossé était parvenu à le réveiller un peu, à l'ouvrir un chouilla plus au monde qui l'entourait, peut-être... Comme quoi, à toute chose, malheur pouvait en effet être bon. Ce n'était pas ça qui allait l'aider à se sentir grandement mieux, certes, mais il fut plus réceptif qu'il ne l'aurait été quelques secondes auparavant tandis que Nathan s'approchait encore, pour le prendre par les épaules, et lui donnant l'espace d'un bref instant l'impression d'être un peu moins seul dans son désespoir.

Il leva les yeux sur lui, presque mus par une lueur de reconnaissance... qu'il ressentait presque à vrai dire, oui. Qu'il aurait sans doute ressentie si il n'avait pas été assommé par sa douleur, comme il l'était alors. Amélioration qui fut bien trop brève, cependant, et alors que déjà la brève étincelle de vie qui l'avait gagné mourait, ainsi que toute cette volonté qui l'avait fait redresser. Il n'y avait plus d'espoir... Et même si Nathan l'aidait, cela n'y changerait rien... Enceinte ou pas, après tout... Quelle importance? Il n'irait pas jusqu'au bout de cette grossesse de toutes les manières, avec ou sans avortement. Il n'en pouvait plus, dans tous les sens du terme, étant à jeun depuis bien trop longtemps, et manquant de sommeil de façon alarmante encore, et ce malgré les quelques temps qu'il venait de passer à dormir. Il ne voulait plus rien... Ne plus bouger, se laisser dépérir, encore et toujours, jusqu'à ce que le rien l'englobe pour de bon... Perdant tout courage, il laissa son corps s'affaisser, se laissa retomber... et gardant les yeux ouverts dans le vague posa son front contre le torse de Nathan, chose la plus facile à faire pour lui à l'instant, et chose quelque part dont il lui restait peut-être l'envie lointaine... très lointaine, et dont il n'avait même plus lui-même conscience, sans quoi il se serait sans doute demandé quoi.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Jeu Juin 21, 2007 2:18 pm 
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Ce qu'il vit au fond des yeux d'Aleksiz...faillit lui redonner de l'espoir. Il crut, un bref instant, qu'il avait réussi à l'atteindre, à mettre le doigt sur quelque chose qui lui tenait à coeur, qu'il avait compris qu'il n'était pas seul, qu'il n'allait pas le laisser tomber...Mais l'étincelle était morte, bien vite. Trop vite. Nathanaël sentit sa gorge se nouer. Il se sentait vraiment au fond du gouffre...Et en même temps, pourtant...Il aurait bien voulu pleurer de rage, devant son impuissance, crier, hurler qu'il désirait changer les choses...Mais il n'y pouvait rien. C'était un echec. Le morceau de grossesse atroce qu'Aleksiz allait devoir subir ne changerait rien. Pire encore, il allait tout empirer, peut-être. Mais Nathanaël allait s'en occuper, dès que possible, dès qu'il serait sorti. Il passerait un millier de coups de fil, s'il le fallait, mais il arrangerait au plus vite un avortement, et dans les meilleures conditions possibles. Il ne le laisserait pas souffrir ainsi inutilement. Avoir un gamin de cette ordure était la dernière chose à souhaiter, pour l'instant.

Il sentit trop clairement les larmes lui monter aux yeux, alors que le corps d'Aleksiz s'affaissait contre lui, ayant perdu tout espoir, toute volonté...Le coeur très lourd, il se rapprocha pour le serrer contre lui, glissant une main dans son dos, et l'autre dans ses cheveux. Il ne pouvait pas faire grand chose de plus, pour lui prouver qu'il était là, qu'il ne le laissait surtout pas. Il allait le soutenir, de tout son être, à n'importe quel prix. Il l'etreignit donc, presque avec crainte de le voir disparaitre, s'evaporer entre ses bras impuissants...et baissant la tête, vient passer ses lèvres dans ses cheveux, pour commencer à le bercer, doucement.

"Je vais tout faire pour tout arranger...Tu entends, Aleksiz? Je ne vais pas t'abandonner, je vais rester avec toi, et tout va bien aller...Mais il va falloir faire un petit effort...Si tu ne manges pas, ne dors pas, rien n'ira mieux, tu comprends?"

Il essayait, il le voulait tellement...Sa voix était étrangement enrouée, mais toutes ses larmes restaient bloquées. Elles étaient inutiles, et il n'était pas celui qui avait besoin d'être reconforté. Il allait faire tout son possible pour Aleksiz...et cela prendrait le temps qu'il faudrait.
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Aleksiz
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MessagePosté le: Jeu Juin 21, 2007 3:46 pm 
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Ce n'était pas Aleksiz qui allait faire quoi que ce soit contre ce que Nathan lui offrait... Il se laissa donc étreindre, son corps relâché comme inconscient; se laissa bercer... Ces attentions ne l'atteignaient qu'à peine. Rien n'aurait visiblement pu le soulager de sa douleur, même pas cette sensation de confort physique, qui lui arracha un frisson dont l'agrément ne sembla atteindre son cerveau qu'à travers le voile brûlant, et glacial à la fois, de ses sentiments...

Il entendait les paroles maintenant, mais de là à ce qu'elles l'atteignent efficacement... Que Nathan reste avec lui, ne l'abandonne pas... Cela était-il vraiment important, maintenant? Tout irait bien, hein? Et comment cela pourrait-il être possible, et ce sans voyager dans le passé... Le fait était que même si il mangeait, même si il dormait rien n'irait mieux non plus. Il ne ferait que prolonger ses souffrances, et c'était tout ce qu'il récolterait. Que lui restait-il, hein? Des souvenirs devenus douloureux faute à la mort des personnes auxquelles il tenait le plus dans sa vie actuelle, et qui lui faisaient confiance... et rien. Juste des projets qui n'étaient pas les siens, et auxquels il ne croyait pas. Il resta immobile un long instant... A quoi bon redresser la tête, n'est-ce pas? A quoi bon répondre à cela... Pourtant il finit par le faire, sans même s'en rendre compte. Il décolla son front du corps de Nathan, releva un visage lugubre, puis des yeux tout aussi sordide... pour les poser dans les siens. Plus d'espoir... Plus de volonté... Juste la souffrance, la désillusion... Il n'avait plus envie que cela aille mieux. Il voulait juste disparaître. Et tout cela se lisait nettement.

Quelques instants de battement... Il voulait se recoucher, et continuer à souffrir seul jusqu'à la fin. Il ne voulait pas qu'on essaie de lui venir en aide, en fin de compte, ni qu'on prolonge sa vie déjà éteinte, par l'âme. Il repoussa doucement les bras de Nathan, pour se laisser retomber contre le matelas, et y plonger son visage, caché sous la mare rouge de ses cheveux.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Ven Juin 22, 2007 9:53 am 
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Il avait l'étrange impression de suffoquer...Pourquoi devait-il se sentir si mal, et croire si peu en ses paroles? Tout ça, c'était vraiment trop pour lui. Il n'arrivait même plus à se convaincre seul que tout allait s'arranger. Il sentait au fond de lui, avec une inquiètude non feinte, que le point de non-retour avait été atteint. Désormais, rien ne serait plus comme avant....Mais comparé au sort qui avait été reservé à Aleksiz, il était loin d'être à plaindre...Et il avait participé à briser sa vie. Dans cette histoire, ce n'était pas lui qui était à plaindre...et il n'avait pas l'intention de le faire, loin s'en fallait. Cela ne servait à rien. Pour l'heure il devait juste...trouver le meilleur moyen d'aider Aleksiz. Pour cela, il fallait que ce dernier fasse preuve d'un minimum de bonne volonté, pour manger, dormir aussi...Rester à legumer ici n'arrangerait rien, pour sûr...

Donc voilà, Nathanaël eut un bref espoir à le voir relever la tête, se disant que peut-être, il l'avait comprit, que quelque chose s'était reveillé en lui...Mais non. Bien au contraire. Il vit dans son regard qu'il ne restait plus rien d'Aleksiz qu'un corps sans âme. Ce qu'il y lisait...le glaça jusqu'au sang. Voulait-il donc à ce point...se laisser mourir, simplement? Pourquoi? Pourquoi n'avait-il pas la force de continuer? Il ne comprenait. Ou plutôt, il ne souhaitait pas comprendre. Hebeté, aussi gêlé que si soudainement la mort avait fait son entrée, il laissa Aleksiz lui echapper, et retomber sans vie contre le matelas. Ses poings se serrerent. Un desespoir trop profond commençait à l'etreindre et se changeait petit à petit en une rage impuissante, inexplicable...

Il ne voulait pas cela. Il le refusait, tout simplement. C'était impossible que malgré toute la volonté, tout le coeur que lui-même y mettait, rien ne change. Aleksiz n'avait pas le droit de faire ça. Trop de choses reposaient sur ses épaules. Nathanaël paierait tôt ou tard les épreuves qu'il lui infligeait, mais tant pis. Il prendrait la responsabilité de ses actes. C'était son rôle de chef, après tout. Le visage soudain fermé, il se releva, pour se poster devant le lit, et observa le jeune homme, un instant. Sa voix n'était soudainement plus tellement hésitante...

"Tu ne peux pas faire ça, Aleksiz. Je ne te laisserais pas faire ce choix, et tu vas vivre, de gré, ou de force."

Il avait fini ce qu'il était venu faire ici. Il avait vu ce qu'il voulait voir, hélas. Si de la douceur, et du reconfort n'y changeait rien, il allait s'arranger autrement. Un point c'est tout. Sortant, il referma la porte derrière, et l'air serieux, sévère, alla retrouver les quelques personnes s'occupant d'Aleksiz.

"Faites le dormir, manger, par n'importe quel moyen. Gavez-le, attachez-le, je m'en fiche, mais faites le."

Et, sans rien ajouter, il se detourna pour vaquer à ses nombreuses occupations qui s'empilaient sur un de ses bureaux sous forme de rapport...Au moins, faire de la paperasse lui changerait les idées...
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Aleksiz
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MessagePosté le: Ven Juin 22, 2007 11:07 am 
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Aleksiz aurait du se douter que cela se passerait comme ça. C'était évident... mais peut-être ne voulait-il tout simplement pas y penser. Peut-être que malgré ses capacités cognitives réduites, il était encore capable de l'assimiler plus ou moins... Et peut-être refusait-il de lui même de comprendre. On ne le laisserait pas mourir si facilement, n'est-ce pas? Tout ça parce qu'il comptaient se servir de lui, bien entendu, car qu'est-ce que cela aurait-il pu être d'autre, en fin de compte... Toutes les personnes qui pouvaient tenir à lui de façon durable étaient parties, d'une manière ou d'une autre. Encore une fois si ce n'était plus tout à fait vrai, c'est ainsi qu'il voyait les choses, blessé à en crever... La voix de Nathan lui fut soudain très désagréable, car ce qu'elle lui annonçait là était dit sur un ton tel qu'il ne pouvait douter de la véracité de ces paroles. Il n'allait pas le laisser choisir de son sort, pour le seconde fois notons... Aleksiz se crispa. Il craignait ce qui allait arriver d'ici peu, et contre tout ce qu'il souhaitait. Il ne répondit pourtant pas, ni ne bougea... Fit comme si il n'avait rien entendu, quoi que son corps tendu ait déjà trahi ses réactions. Il laissa Nathan partir, sans que sa soudain angoisse ne le quitte par la même porte et le même coup de vent. Et à raison, car il ne fallut pas longtemps pour que les bourreaux viennent à lui. La porte s'ouvrit, et il sut d'avanc ce qui allait lui arriver. De ce fait, il se prostra; ramena ses genoux contre lui, pour les serrer bien fort entre ses bras, et y plonger la tête. Il aurait voulu leur crier de partir, d'aller se faire foutre et de le laisser crever, mais il n'en avait plus le courage...

Il sentit une main gagner son épaule. Par réflexe, il sentit son bras partir pour repousser cet autre bras, étranger, et qu'il ne voulait pas sentir sur lui. Un grognement rauque accompagna son geste... mai rien n'y faisait. Ils n'allaient pas abandonner pour si peu, cette fois, ce qu'il comprit tandis qu'on le prenait fermement à la taille, pour coller son dos le long d'un corps qui semblait être monté sur la tête du lit. Plus rien ne servait de garder la position du foetus... ce nom n'était-il pas ironique d'ailleurs. Il lâcha vivement ses jambes, et les reposa violemment sur le lit, avant de commencer à se débattre... trop tard. On avait lâché sa taille pour attrapper ses poignets, qu'on lui ramena derrière le dos, et qu'on lui menotta. Ce n'était visiblement plus l'heure de rigoler, cette fois-ci, ils étaient sérieux, et Aleksiz dans son état ne saurait lutter bien longtemps. Il échappa un gémissement déchirant, tandis qu'il tirait en vain sur ses poignets, sâchant pertinemment qu'il n'arriverait pas à les détacher. Même sans ça, il se remit à se débattre, tenta de rouler sur les côtés, de rouer de coups de pieds les malheureux qui tentaient de s'approcher... Mais ce n'était plus ça qui allait les arrêter. Déjà des bras s'enroulaient autour de ses épaules, l'empêchant de bouger. Et déjà on faisait appui sur ses jambes... et on s'asseyait dessus. Meilleur moyen pour l'approcher tout en évitant de se prendre d'intempestifs coups. Un premier cri, de rage, lui échappa. Il ne pouvait véritablement plus bouger, et même brisé Aleksiz restait lui-même... autant dire que cette situation l'énervait. Il devenait progressivement plus violent, plus vif, malgré l'impression qu'il avait qu'il allait tomber dans les pommes en moins de deux, en continuant ainsi. On approcha une fourchette pleine d'une nourriture qui lui donnait envie de vomir près de sa bouche, on força sur ses lèvres... Mais il gardait ses dents bien serrées. Et il tourna la tête en gémissant encore, pour échapper à cet inéxorable résultat... Il n'eut pas l'occasion de garder la tête tournée bien longtemps. Deux mains vinrent la lui prendre, et la lui remettre en place bien comme il faut, et sans qu'il ne puisse plus bouger. Il n'arrivait pas à résister, il n'était pas assez fort, et plus que jamais, il haissait cette forme qu'il était obligé de garder alors que l'orage était parti... Nouveau cri qui lui échappa, désesperé comme lui-même l'était. Un cri qui vira bien vite dans les suraigus, alors qu'il n'arrivait plus à contrôler sa voix. La fourchette à nouveau s'approcha de sa bouche, malgré ses dents fermées hermétiquement, sans que rien ne puisse passer. Problème bien vite règlé, et ce tandis que les mains qui bloquaient sa tête venaient appuyer un pouce ferme contre sa machoire, et forçaient ainsi cette dernière à céder... juste assez pour laisser passer la nourriture, qui fut ainsi déposée dans sa bouche, pour son plus grand mécontentement. Il cria encore, et cracha ce qu'il pouvait... Soit pas grand chose, vu qu'on ne lui en laissa pas le temps, pour rajouter une nouvelle fourchette, puis une autre, et encore une autre... et apposer une main ferme contre sa bouche, l'empêchant ainsi de rejeter la nourriture, malgré tout ses efforts pour ce faire. Il continuait de se débattre, plus que jamais, et même si cela était devenu totalement inéfficace. Et il n'arrêtait plus de crier, même si ses cris étaient maintenant étouffés par la nourriture et la main contre ses lèvres. Ses hurlements hystériques et stridents s'entendaient pourtant encore très bien... Il eut besoin de reprendre son souffle, et eut le réflexe abruti d'avaler. Sentant la nourriture passer le long de son oesophage, il redoubla de fureur et de refus, quoi qu'il ne donnât aucun mal à ses tortionnaires, tous sous forme masculine, et à raison, vu qu'Aleksiz même en temps que femme savait encore pas mal se défendre... il le fallait bien.

On retira la main de sa bouche, et il ne cessa pas de crier, ni de gigoter désespérement. Hurlant à plein poumons, tout le monde dans tout l'étage et même ailleurs dut profiter de ce trèèès agréable son, qui donnait l'impression plutôt réaliste qu'on était en train d'égorger un cochon. Et cela recommença, seconde bouchée, qui lui prit toute la bouche, seconde fois qu'on plaquait cette main contre son visage... Puis la troisième... Puis la quatrième... Puis s'en fut trop. Il commençait à sentir son estomac se remplir, et ne pouvait rien faire contre cela... Puis cette façon dont ils le tenaient... Il n'en pouvait plus d'être attaché, et de se sentir impuissant, comme lors de cette foutue soirée qu'il avait passée avec Liadon. Ses yeux montèrent au plafond, presque à s'en révulser, et son corps se détendit, tandis que deux larmes imprévues montaient très rapidement pour couler sans attendre contre ses joues. Un sanglot aussi faible qu'unique lui échappa... et hésitantes tout d'abord, les mains des personnes qui le nourrissaient se firent moins dures. On se contenta de le soutenir, comme il se laissait choir contre l'homme qui de derrière le retenait. Une nouvelle bouchée, plus douce... et qu'il accueillit, même si à contrecoeur. Ses yeux avaient retrouvé leur expression éteinte, doublement d'ailleurs... car il avait encore perdu. Il ne ressemblait qui plus est plus à rien, tandis qu'on le nourrissait à l'instar d'un petit enfant. Cela n'avait pas d'importance, mais malgré ça il le constatait. A quoi bon vivre, après tout ça? Son existence n'était plus que dégénération... Les bouchées s'accumulèrent, douloureuses, car il n'avait pas faim. Il avait perdu tout appêtit. Puis au bout d'un moment... on le remit en position assise, et on le détacha, avant de lui tendre l'assiette à moitié finie. Sans grande conviction il la regarda quelques secondes... puis la prit. Qu'aurait-il pu faire d'autre? Cela revenait au même, maintenant... Soit il acceptait de manger, soit on l'y forçait, il ne restait plus aucune autre possibilité. Il attrappa donc la fourchette, pour silencieusement finir son assiette, l'air plus déprimé que jamais. Une fois fait, il la tendit à la personne qui résidait encore sur ses genoux, et n'écouta même pas le commentaire encourageant qui lui fut adressé. A quoi bon? Il laissa tout ce beau monde partir, le laisser tranquille... Et ramena une nouvelle fois ses jambes à lui, pour les serrer, sans cependant y fourrer le nez.

Non... Il continuait de regarder dans le vide, droit devant lui. Son corps se sentait déjà mieux... Lui semblait avoir encore franchi un sous-sol dans sa dépression. Il n'allait pas pouvoir s'éteindre en toute tranquillité, et rejoindre en douceur tous ces hommes, qui avaient mis leur vie entre ses mains, et en avaient ainsi pâti... A nouveau dépourvu de force et de volonté, il se laissa choir latéralement, contre le mur, y apposant ainsi l'appui négligé et peu confortable de sa personne. Etait-ce de la frustration, qu'il ressentait? Quelque chose de fort et de désagréable de plus, en tous cas. Et les larmes silencieuses continuaient de couler contre son visage ravagé. Ces pleurs ci n'avaient rien de soulageant.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Ven Juin 22, 2007 11:56 am 
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Il avait finalement réussi à atteindre son bureau, celui de Nathanaël. Avec un intense soulagement, il referma le battant derrière lui, et s'y adossa, en poussant un profond soupir, les yeux clos, la tête contre le bois froid...Cela avait été plus éreintant que prévu. Plus douloureux aussi. Et decevant. Il n'y avait aucun changement du côté d'Aleksiz. Si on oubliait le fait qu'il était enceinte, soit...Ca n'avait franchement rien d'encourageant. Pas plus que le fait qu'il refuse de se nourrir, et qu'il n'y pouvait rien. Mais qu'il le veuille ou non, cela n'importait pas. Nathanaël ne pouvait pas se permettre de le laisser mourir. C'était égoïste de sa part, mais il s'en fichait. Il ne le faisait pas pour lui, ni même pour Aleksiz, simplement pour tous les gens qui attendaient que le monde change, qu'on les délivre enfin.

Se reprenant, il se decolla de la porte, et sortit son téléphone. Composant un numéro, il alla d'un ton monocorde prendre un rendez-vous pour l'avortement d'Aleksiz dans une petite clinique appartenant à la Cinquième Colonne. Puis il alla s'installer derrière son bureau où l'attendait une semaine de paperasses. Des rapports d'espions, de gens qu'il avait envoyé sur les autres îles, sur le continent, certaines affaires qui avançaient, des demandes diverses, des avis favorables pour du recrutement...Tout ça passait systématiquement devant son regard, pour plus de securité. D'habitude. Aujourd'hui, il n'avait le courage de rien. Et il se rendit bien vite compte qu'il allait lui être impossible de travailler. Les cris d'Aleksiz commencaient à resonner au travers de l'étage. Il ne voulait pas, bien sûr. Mais il n'avait pas le choix. Etrangement, Nathanaël comprit qu'il ne culpabilisait pas pour cela, ces ordres qu'il avait donné. Peut-être parce que désormais il n'en avait même plus la force. Crispé tout de même, il alla attraper son visage entre ses mains, et les coudes appuyés sur le bureau, attendit que les cris cessent. Lorsqu'ils le firent, il n'était toutefois pas dans de meilleurs dispositions. Maintenant, il lui fallait prendre l'air, se reposer. Sans attendre, il ramassa sa veste, et alla quitter l'immeuble. Dieu seul savait où il pouvait bien aller...lui-même n'était pas sûr de le savoir.

Du côté d'Aleksiz, on était revenu, parce que les ordres de Nathanaël avaient été très clairs. Le faire manger, le faire dormir, par n'importe quel moyen. Alors on avait ramené un verre d'eau, dans lequel un somnifère effervescent finissait de se dissoudre. Et Aleksiz allait le prendre, qu'il le veuille, ou non...On lui tendit tout de même le verre, pour un premier essai, avec l'espoir qu'il le prenne sans faire d'histoire, en lui murmurant quelques mots encourageants, comme quoi cela lui ferait du bien, qui sait...Même si on commençait à fort douter que quoi que ce soit puisse le faire aller mieux, en fait...
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Aleksiz
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MessagePosté le: Ven Juin 22, 2007 12:58 pm 
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Combien de temps passa t-il, comme ça, et tandis qu'il ne pensait plus à rien de précis, à vaguement fixer le mur d'en face, et à laisser ces larmes amères s'écouler? Quelques minutes sans doute tout au plus, mais il aurait passé une heure que pour lui, ça n'aurait pas été différent. Il n'avait la force d'en vouloir à personne, même si quelque part une petite rancune devait ronger son coeur moribond. Il ne tourna même pas les yeux tandis que la porte s'ouvrait à nouveau. On serait venu pour lui faire prendre un second repas que cela ne lui aurait pas importé plus que ça, maintenant. Il n'avait plus la force de résister, et n'en voyait plus l'intérêt. Il aurait donc obtemperé en silence... et c'était d'ailleurs ce qu'il allait faire, même si ce n'était pas tout à fait pour les même raisons. On s'approcha de lui, et il daigna enfin tourner les yeux sur les personnes qui le fixaient, tandis qu'on lui tendait ce verre... Sur lequel il détourna un regard fermé quelques secondes seulement après. Lui faire potentiellement du bien, disaient-ils? Il n'y croyait pas, et à moins d'avoir vraiment beaucoup d'espoir, personne ne devait plus vraiment y croire, n'est-ce pas? Mais qu'importait... Il n'avait plus aucune raison d'aller à l'encontre de leur volonté, et n'avait donc plus qu'à se laisser faire, et à souffrir sans but jusqu'à ce qu'à ce que quelque chose, n'importe quoi, vienne enfin le libérer de tout cela...

Il détourna donc les yeux, tandis qu'il attrappait sans grande conviction le somnifère qu'on lui proposait. Aucune hésitation dans son geste désincarné; il porta la fin paroi du récipient à ses lèvres, et vint happer tout son contenu, cul sec, pour ensuite le rendre d'un même geste à ses premiers propriétaires. Pas un seul regard pour eux, et si ils lui parlèrent avant de partir, il ne les écouta pas. Sâchant pertinemment ce qu'il venait d'avaler, il se recoucha sans attendre, sur le flanc, et dos à tout; face au mur. On le laissa seul, et il ne fallut pas bien longtemps au produit pour faire son effet. Il se sentit bientôt partir sur un nuage nébuleux et tanguant, qui encore une fois ne lui faisait du bien que physiquement parlant. Il ferma les yeux, tandis que son corps se détendait tout seul. Bientôt le noir... Ce n'était pas si mal, finalement. Comme une petite mort... Un agréable extrait de celle qu'il aurait tant voulu atteindre rapidement.

Le temps passa... et lorsqu'il se réveilla, quelques 7 heures après, l'après-midi était déjà bien avancé, et le soir commençait à tomber; la luminosité à s'estomper, ce qui en soit n'était pas spécialement égayant, mais bon... Dans l'état d'Aleksiz, ce genre de détails n'avaient plus vraiment d'importance, même si en d'autres cas ils pouvaient jouer sur l'évolution d'une dépression. N'ayant envie de rien, il se contenta de se tourner sur le dos, et d'observer de longues minutes durant le plafond... Le temps passa... jusqu'à ce que la nuit tombe. Il avait trop dormi, et n'avait plus sommeil, cela dit un nouveau somnifère vint l'aider à combler ce manque. Faire une cure de sommeil était en effet le seul moyen qui lui restait pour éviter de souffrir en continu, même si pour lui, cela ne changeait rien du tout... Et surtout rien à la réalité. Le lendemain fut un jour comme les précédents, à cela prêt qu'il était devenu docile, puisqu'on l'y avait forcé. Il ne bougea pas ou presque, et non plus le lendemain, ni le jour d'après... Il n'en avait pas envie. Qu'est-ce que fit que le quatrième jour fut différent? Un miracle peut-être... Ou bien juste cette douleur, qui progressivement changeait sans pour autant diminuer de puissance... Qui progressivement se tâchait de blesser le fond de son être, plutôt que son conscient pur et simple. Ce n'est pas vraiment qu'il eut envie de se lever. C'était comme si son corps avait envie de marcher, par pur besoin physique. Il était vrai que jamais de toute sa vie il n'était resté si longtemps inactif. Il se fichait que cela puisse donner de faux espoirs aux membres de la Cinquième Colonne... Lentement; dans un soupir il vint se rasseoir, pour mettre les pieds hors du lit, et se relever, difficilement, car si il n'était plus vraiment affaibli, il ne s'en sentait pas moins à la masse; assommé. Il ne prit pas la peine de se chausser, et quitta sa chambre sans plus de manières, pour bientôt venir plaquer une main contre le mur de la pièce adjacente, et commencer à errer pitoyablement, en rasant de cette manière la paroi rassurante, et qui semblait comme stopper ses tournis en nombres. Il ne savait pas vraiment où il se dirigeait. Il avançait sans but si ce n'était celui d'avancer... mais s'arrêta pourtant, tandis que ses yeux effleuraient quelque chose qu'il ne s'était pas attendu à croiser. Une télévision, allumée. Quelqu'un la regardait-il? Il s'en fichait. Pour la première fois depuis ce qui lui semblait faire une éternité, il sentait une pointe d'intérêt le gagner... D'intérêt morbide, cependant, car les seules questions qu'il arrivait alors à se poser étaient à propos des sûls, et de son identité sans doute dévoilée. Le scandale à son sujet avait-il déjà éclaté? La fin du gang avait-elle été annoncée? Ce n'était pas comme si cela lui importait vraiment de le savoir, mais c'était déjà énorme, sâchant la manière dont il pouvait se ficher de tout dorénavant...

Et d'ailleurs... Il tendit l'oreille, car on parlait en effet de lui, et de Rivëndal, puis... Des libhe sûls, bien entendu. Il était arrivé pile au bon moment... à moins que les informations à ce sujet ne repassent en boucle, ce qui ne lui faisait guère plaisir à penser, mais était plutôt probable... Voire plus que probable, à bien y réfléchir. Ce genre de scoops ne se dégottaient pas tous les jours, mais plutôt une fois seule en toute une décénie... bref. Pourquoi s'approcha t-il alors, pour écouter? Peut-être pour savoir ce qui se daisait sur lui; sur eux, et ne pas rester dans l'ignorance...

Et peut-être aurait-il mieux fait d'y rester, justement, car les informations n'étaient pas alors bien agréables à entendre. Déjà parce que cette catastrophe qui avait détruit sa vie... Etait annoncée comme une bonne nouvelle. Au revoir les saloperies des rues, et bonjour la tranquillitééé! C'est ça, bien sûr, tout le monde y croyait. Il ne restait paaas du tout des dizaines d'autres gangs qui viendraient les remplacer, et prendre la place qu'ils avaient laissé vacante à terroriser la population. Mais enfin... Cette information là ne pouvait plus lui faire grand chose, si ce n'est raviver sa blessure, qui était déjà bien assez vive sans ça. Ses sourcils tréssaillèrent un instant, mais il tint le choc, parce qu'il voulait connaître la suite, et que de toutes façons il était déjà totalement cassé, et que rien n'aurait pu faire empirer cela... qu'il croyait. C'est ce qui vint après qui le tua, pour la énième fois. Les raisons, le pourquoi du comment. La réponse à qui avait liquidé les sûls. Et bien sûr les commerciaux n'allaient pas s'accuser eux-même, non, ils allaient mettre la faute sur le dos de quelqu'un d'autre, et qui serait ravi de faire grimper sa cote ainsi... Sauf que voilà. Les pseudos responsables... étaient... étaient un gang qui ne leur arrivait pas à la cheville, ni à la cheville de grand monde d'ailleurs. Et là, Aleksiz se sentit blanchir... et ses yeux de s'écarquiller. Parce qu'il comprenait une chose, et c'était que foutre sa vie en l'air n'avait pas suffit à Liadon, non... Il fallait en plus de cela que la réputation de son gang... du gang dont Leios l'avait chargé, soit entâchée, définitivement. Il fallait les rouler dans la boue, de façon post-mortem... et tout ça pour le blesser lui. Les sûls n'avaient pas mérité ça... C'était dégueulasse! C'était impossible! C'était... Il se sentit revivre, mais franchement pas de la meilleure manière qui soit. C'était un outrage terrible fait à la mémoire de toutes ces morts trop récentes, trop douloureuses... Et c'était le paroxysme de l'humiliation. La touche finale à la destruction de tout ce qu'il avait entreprit. Ne resteraient même plus les souvenirs, même plus cette fierté... Plus rien. Et là... C'était tout bonnement inacceptable. Sa dépression magistrale le rendait imprévisible, très vite incontrôlable... Et là, c'était réussi. Ses poings se serrèrent sans qu'il comprenne lui-même où il pourrait bien en venir, plongé dans cette rage terrible et irraisonnée... Il hocha la tête de droite à gauche, incrédule... Et mu d'une vitalité aussi soudaine qu'innopportune, blanc comme un linge, marcha les quelques mètres qui le séparaient du poste de télévision. Les conséquences? Elles ne lui venaient même pas à l'esprit. Il attrappa l'objet dans ses bras, pour se venger sur lui de tout cela, et peut-être même de plus... La pauvre télé qui n'avait rien demandé fut débranchée brutalement tandis qu'il la soulevait... puis balancée par une pauvre fenêtre qui elle non plus n'avait rien demandé, et qui s'en retrouva brisée dans un fracas violent, et tandis que l'objet jeté s'échouait aux pieds de l'immeuble dans un vacarme que le cri de rage qu'Aleksiz lâcha n'atténua pas, mais alors pas du tout... Avant même qu'il ne comprenne comment il en était arrivé là, il se retrouvait à genoux... Et sa voix, provisoirement ou pas, semblait lui être revenue, pour quelques gargouillements incrédules, voire même peut-être un peu horrifiés. Il n'était pas en mesure de se rendre compte du peu de crédibilité de l'initiative dégueulasse qui avait été prise dans cette affaire, et peut-être craquait-il ses dernières réserves de bon sens, à force de souffrir sans arrêt...

"Ils auraient pas pu faire ça... Ils auraient pas pu... Merde laissez-nous au moins ça... C'est tout ce qu'il reste... C'était tout ce qu'il..."

Sa voix s'étrangla, et il en perdit de nouveau l'usage, tandis qu'il se prostrait, et plongeait sa tête contre le sol, pour la couvrir de ses deux mains... il n'en pouvait véritablement plus, et se demandait si les choses cesseraient jamais d'empirer.
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Nathanaël
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MessagePosté le: Ven Juin 22, 2007 6:00 pm 
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Les derniers jours avaient été assez atroces. Pas qu'ils furent sanglants, ou même très mouvementés, mais...Nathanaël n'en pouvait plus de cette ambiance. Les affaires de la Cinquième Colonne se passaient bien, certes...Mais il n'avait plus la motivation d'avant. Sa fièvre tombait, ses bleus disparaissaient, et pourtant...rien d'autre ne changeait. Le monde semblait coincé dans une faille temporelle assez désagréable...Pas de mouvement du côté d'Aleksiz. Les personnes deleguées à ses soins n'avaient fait que le nourrir, et le faire dormir, sans qu'il n'y ait aucune amélioration. Nathanaël n'avait pas osé l'affronter de nouveau. Il s'était contenté de venir parfois à son chevet, lors de son sommeil, le coeur gros de soucis, et de remords. Il savait inutile cette floppée de sentiments dont il se serait bien passé, mais il les conservait, tout de même. Il meritait bien de se punir seul...tout cela était de sa faute.

Il restait enfermé dans son bureau, encore. Non sans surprise, il avait découvert que la paperasse ne se faisait pas seule lorsqu'on partait se promener, loin de là. Elle avait même tendance à se reproduire. Rapidement. Donc il avait relevé ses manches, et il avait donné l'assaut, jusqu'à finalement réussir à reprendre le dessus, et son bureau ressemblait aujourd'hui à quelque chose. Puis cela avait eut le mérite de l'occuper, et de lui eclaircir les idées, bien que foncièrement, cela ne resolvait rien non plus...Pour l'heure, il était donc affalé dans son fauteuil, à se reposer, jouer avec un stylo, et...reflechir. Il avait encore pas mal de choses à faire. Savoir si Adriel pensait bientôt s'occuper de Rivëndal. Regler les affaires du groupe. Remonter la réputation d'Eve...pour cela, il allait suffir d'aller chez quelques commerciaux, et les contenter un peu. Il fallait juste choisir en fonction de deux petits critères...1: que le commercial soit influent 2: que ce ne soit pas un sadique fini. Cela reduisait considerablement son champ de manoeuvre. Il pensait savoir déjà sur qui jeter son dévolu.

Et il aurait pu continuer d'y reflechir si un effroyable bruit n'avait pas retentit, suivit d'un cri tout aussi alarmant, qui lui firent lacher le pauvre objet avec lequel il jouait, et se relever d'un bond. Sans se poser de question, il se rua dans le couloir, à la recherche d'Aleksiz...Pour le trouve dans la "salle video". Sauf que la télévision avait disparu, tout comme la fenetre. Et Aleksiz était recroquevillé, au sol. Il se sentit blémir, mais il ne fallait pas être devin pour savoir ce qui était arrivé. Il avait vu les infos. Et sa réaction était des plus justifiées. Lui-même avait été franchement outré, mais pour l'instant, il n'avait rien fait. Voir Aleksiz dans cet état lui prouvait une dernière fois qu'il était nécéssaire d'agir. Liadon faisait son petit numéro, et humiliait une dernière fois les Sûl, hein? Il ne perdait rien pour attendre. Il ne controlait pas les medias. Et Nathanaël y avait très facilement accès...La contre-information allait bientôt venir, et ils riraient nettement moins...

Il n'était pas encore temps de songer à cela. Poussant un soupir, il s'approcha du jeune homme, et avec une infinie douceur, vint le saisir sous les genoux, dans le dos, et le soulever tranquillement pour le ramener à sa chambre, tout en lui parlant à voix basse, gentiment...

"Personne n'y a cru...et ne t'inquiète pas, je vais m'assurer qu'on ne bafoue pas leur honneur, je te le promet. Tu vas voir, d'ici quelques jours, cela sera reparé..."

Il mettrait Aleksiz devant une autre télévision pour le rassurer, s'il le fallait. Ce ne serait pas un probleme. En attendant, il le recoucha avec douceur, vint caler l'oreiller derrière sa tête...et embrasse son front, tendrement, avant de ressortir. Pour l'heure...il ne pouvait pas faire grand chose d'autre.
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Aleksiz
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MessagePosté le: Ven Juin 22, 2007 7:41 pm 
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Aleksiz sentit à peine les mains de Nathan venir le ceindre, le happer... Il fut pourtant bien obligé de se rendre compte qu'on le portait tandis que son visage orienté tout d'abord vers le sol se remettait à contempler le plafond. Un peu hagard, quelque part, il chercha le regard de son "sauveur"... soit Nathan. Crispé contre lui, et toujours aussi violemment choqué, ce n'est que par un quelconque miracle qu'il parvint à entendre ce qu'il lui disait... et qui était rassurant. Oui. Rassurant et soulageant à un certain degré. C'était bien la première fois depuis des lustres lui semblait-il que ce genre d'émotions bénéfiques venaient pallier un peu au reste. Et du coup... Il se détendit. Et son regard se fit plus doux, moins affolé, moins mortifié... Oui... Ils allaient vraiment faire quelque chose, n'est-ce pas? La Cinquième Colonne avait assez d'influence pour faire savoir la vérité, et les sûls pourraient tout du moins reposer en paix... Il ne voulait plus grand chose, mais ça... Ca c'était vraiment quelque chose qu'il souhaitait, du fond du coeur. Et même si c'était la dernière chose qu'il souhaiterait sans doute jamais, à part sa propre mort. Convulsivement, ses bras vinrent se serrer autour du cou de Nathan... sans même qu'il s'en rende compte, d'ailleurs. Et peut-être là dedans existait-il une once, et plus qu'une once de supplication, car il fallait absolument que les choses ne soient pas laissées en l'état. Les sûls avaient beau avoir été ce qu'ils avaient été, ils méritaient du moins qu'on les reconnaisse pour leur mérites, et qu'on ne les considère pas comme de simples clowns arrogants.

Bientôt, il regagna sa chambre, et à vrai dire n'avait rien contre. Ses élans gambadeurs avaient été coupés courts par le choc que lui avaient fait les informations qu'il venait d'apprendre... et il en était toujours au même point. Là encore, il était trop bouleversé pour se rendre contre du geste de tendresse adressé par Nathan, tandis qu'il embrassait son front. Peut-être cette fois-ci cependant ressentit-il une pointe d'étrangeté, et de déjà-vu mais... Toutes ces prises de consciences viendraient plus tard, sans doute, et quoi qu'il fut loin d'y penser. Et le temps... se remit à passer, alors qu'il gardait les yeux ouverts, morts à souhait, comme à l'habitude maintenant... Et les jours se succèdèrent, de trop identiques et douloureux... Une semaine passa, entière, sans que rien ne change pour lui. Il dormait juste mieux peut-être, et peu à peu, les somnifères ne lui furent plus administrés qu'en journée, histoire de lui octroyer un peu de répit. La seconde semaine fut celle qui devait accueillir son avortement, qu'il ne fut même pas heureux de voir venir. Il se traina jusqu'au véhicule censé l'amener dans la clinique où l'opération se déroulerait... Et ironie du sort, car alors, l'orage battait son plein. Ca évita sans doute à la Cinquième Colonne de se demander si ils devaient emmener là-bas des changes, ou non. Et ce moment lui fut plutôt difficile, déjà que difficile, il était connu que ça l'était pour tout le monde, et pas seulement ceux qui étaient complexés, s'étaient fait violés et briser leur vie entière en l'espace d'à peine 24H. Il en ressortit avec les fantômes vibrants de son viol, en lui... et rembruni, nettement. Il semblit qu'une aura noirâtre plânait, morbide, autour de lui... Et lorsque l'orage s'arrêta, quelques heures après... Lorsqu'il put enfin changer de forme, cela s'améliora, mais pas autant qu'on aurait pu l'espérer. En silence il se changea, et resta plus maussade que jamais tout le restant de la journée... le lendemain... Encore après... et peut-être seulement le jour d'après commença t-il à paraître un peu moins lugubre... Voire même moins lugubre qu'il ne l'avait été durant toute cette période, entre viol et avortement. La souffrance était toujours là mais... Comme attenuée. Moins vivante. Le désespoir était toujours le même, cependant. Et il se sentait toujours aussi assommé, ou presque. Les somnifères n'y étaient même pour rien, puisqu'on cessa bientôt de lui en donner, et que rien n'y changea. Il restait au lit la plupart de la journée, et parfois se mettait à errer sans but dans l'étage, à s'asseoir et se laisser comater ailleurs, dans un siège, n'importe où... Dégénération totale, ce qui finirait sans doute par ne pas plaire à tout le monde, vu qu'il n'était d'aucune aide, que rien ne semblait montrer qu'il réussirait à l'être un jour, et qu'il n'était actuellement donc... Qu'un boulet, vivant au compte et à la sueur de la Cinquième Colonne. Tout cela, il s'en fichait... C'était eux qui l'avaient forcé à vivre alors qu'il ne le voulait plus, après tout. Vint la fin de la deuxième semaine... et trois jours encore passèrent. Il n'y avait plus eu d'orage depuis celui du jour de son avortement, le temps était clair... et du moins pouvait-il maintenant rester sous forme masculine, même si cela ne lui était que d'un réconfort très ténu. Il avait actuellement dégotté un fauteuil, sur lequel il s'était assis sans plus de manières, pieds ramenés contre le bord du siège, mains jonchant négligemment l'accoudoir pour l'une, et retombant dans le vide, lourdement, pour l'autre. Sa tête était appuyée contre le dossier, et il regardait vaguement le plafond, toujours éteint, même si quelque part maintenant, il aurait presque pu sembler mélancolique... moins ravagé. Ce n'était là qu'une impression, car si ses sentiments s'étaient modifiés, ils n'en étaient pas moins catastrophiquement négatifs.

Ce jour devait sans doute être destinés à ne pas être comme les autres, car jusqu'à présent, ce qui arriva alors n'était jamais arrivé. Son comportement avait fini par en énerver certains, chose qui se comprenait, même si très malvenue. C'est donc ainsi qu'on en vint à lui dire ses quatre vérités... Chose à laquelle il ne s'attendait pas. Quelle était cette personne en face de lui? C'était déjà l'heure pour lui de... D'accepter de manger pour leur faire plaisir? Ou bien... Il ne comprit pas tout de suite pourquoi cette personne qui l'observait semblait mécontente à ce point... Cela dit ses plaisantes paroles l'aidèrent à trèèès vite à voir ce qui la tracassait. Soit lui, en gros.

"Il faudrait tout de même que tu penses à te reprendre... Tu sais ce n'est pas gratuit de s'occuper de toi, mince... Franchement je vois mal en quoi tu sers notre cause, si quiconque d'extérieur te voyait en l'état, il perdrait espoir quant à l'avenir..."


Aleksiz... Se sentit soudain furieusement amusé, dans le sens cynique du terme. Pouvait-il être amusé, et souffrir comme un chien tout à la fois? Il semblait bien. En tous les cas il n'était pas en état de ricaner. Il jeta un regard noir à l'homme, puis le dévisagea rapidement de la tête aux pieds. Voilà quelle était la réalité... On se souciait bien peu de lui. Il pouvait bien être 3 pieds sous terre qu'on ferait en sorte de le déterrer, et de l'aveugler à la lumière... parce qu'on avait besoin de sa descendance. Parce qu'il était l'ainé de la dernière famille seigneuriale à avoir des descendants vivants, et parce qu'on comptait l'utiliser, même si c'était pour le bien du monde entier. C'était cruel, et injuste... Et il ne voulait certainement pas être le jouet de tout cela. C'était un peu... L'hôpital qui se foutait de la charité, n'est-ce pas? Après tout, lui n'avait rien demandé... Si la Cinquième Colonne l'avait laissé pourrir dans son ghetto, il serait encore à la tête de son gang, dont les membres seraient bel et bien vivants. Une moue de dégout vint barrer ses traits, quoi qu'il restât toujours désincarné... puis il se releva, avant de se poster devant l'homme, qu'il n'aimait définitivement pas, du fait de son intervention. Regard noir toujours, et ce tandis qu'il arrivait à faire usage de sa voix, même si depuis le temps qu'il ne l'avait pas utilisée elle était sourde... cassée.

"N'oubliez pas que c'est de votre faute, si j'en suis là."

Il plongea les mains dans ses poches sans conviction, et après une dernière paire de secondes à fixer son vis-à-vis, se détourna, pour regagner sa chambre... Peut-être que là, au moins, sa vue n'insupporterait personne... En tous les cas très bien. On ne voulait pas de lui tel qu'il était, eh bien il partirait, et ce dès qu'il pourrait le faire sans se confronter à une barrière de "gardes". Plutôt traîner à la rue jusqu'à se faire crever, comme le chien qu'il était devenu, que de rester indéfiniment ici, et de vivre tel l'assisté qu'on semblait vouloir lui faire comprendre qu'il était.

Il ne bougea pas, et ce jusqu'à ce que le soir vienne, et recouvre Enezis une fois de plus. Tout le monde pensait sans doute que cette nuit serait comme les autres, n'est-ce pas? Eh bien tout le monde se trompait lourdement, car même en son état, il n'en était pas encore à accepter la manière dont la Cinquième Colonne se servait de lui, sans soucis de ses sentiments, ni du fait qu'il soit intégralement brisé. Il n'arrivait pas à dormir, ça tombait bien. Alors que la nuit était déjà fort avancée, il était encore parfaitement éveillé... Et d'attaque pour se barrer d'ici très vite, en une balade suicide de laquelle il ne pensait franchement pas revenir, notons. Il se releva, sans un bruit. Il lui fallait des chaussures, un manteau... et un flingue. Ca n'avait pas grande importance en fait... mais par réflexe, il voulait avoir ça sur lui. Même si il ne comptait décemment pas se servir de son arme, et même si il se fichait d'avoir froid. Il déambula à travers l'étage, les bureaux... Jusqu'à trouver ce qui lui convenait, et était à peu près à sa taille. Des chaussures noires simples et tout à fait convenables... Un manteau long, comme "au bon vieux temps", quoi que ce dernier fut encore récent, et le flingue, donc. Un négatif. Là non plus, ça ne le changeait pas de ses habitudes passées. Il trouva même une ceinture ou il pourrait ranger son arme, pour complèter sa tenue.

Toujours aussi joyeux, il se prépara, enfila le tout, mit tout en place, et commença à s'orienter direction la sortie de l'immeuble, qu'il atteint bientôt et sans mal... La nuit, il semblait vraiment pas bien être surveillé. Ca se comprenait quand on voyait dans quel état de larve il restait, 24h sur 24, et depuis que son monde s'était écroulé sous ses pieds.

Il s'enfonça donc dans la nuit, avec l'espoir vague de faire une mauvaise rencontre rapidement, et de se faire buter gaiement, au sein de ce milieu auquel il avait appris à appartenir, et où il voulait vivre ses derniers instants, pour rejoindre tous ceux qui l'attendaient vraiment.
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